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mercredi 28 octobre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #9 - La petite table de bain de Napoléon

 

La petite table de bain de Napoléon

Longwood House : un projet de restitution muséale

Il est des objets qui, sans avoir jamais appartenu à l'apparat impérial, nous rapprochent davantage de Napoléon que bien des souvenirs de ses victoires. Sa baignoire, toujours conservée à Longwood House, est de ceux-là. Elle témoigne de ces longues heures où, dans l'intimité de sa dernière demeure, l'Empereur cherchait dans l'eau chaude un soulagement à ses douleurs, sans pour autant renoncer à ses habitudes de travail.

Cette baignoire en cuivre, enchâssée dans un coffre de bois, est demeurée sur les lieux mêmes de son exil. Elle mesure 1,77 m de longueur et 74 cm de largeur extérieure, pour une hauteur de 68 cm. Sa cuve intérieure, profonde de 56 cm, atteint 1,67 m dans sa plus grande longueur. Napoléon, qui mesurait environ 1,69 m, pouvait s'y installer confortablement en position semi-allongée, les jambes légèrement fléchies.

Mais ce qui rend cet objet particulièrement intéressant est le témoignage que nous a laissé Louis Marchand, son premier valet de chambre :

« L’Empereur ayant pris l’habitude de déjeuner très fréquemment dans son bain, j’avais fait faire une petite table d’acajou qui, retenue par des crochets aux extrémités entrait dans la baignoire à la hauteur qu’il voulait. Sur cette table, on lui servait son déjeuner, puis après, son livre ou ses papiers; il ne restait jamais moins d’une heure et demie dans son bain, dont il entretenait la chaleur en laissant couler un petit filet d’eau; l’un de ces messieurs était appelé, causait ou travaillait avec lui; souvent après avoir causé avec l’un, il en faisait demander un autre. Ces bains lui faisaient du bien et diminuaient, disait-il, une douleur sourde dans le côté, dont il commençait à se plaindre. »


Présentation actuelle de la salle de bain de Napoléon

 

Nous découvrons ainsi une scène assez inattendue. Napoléon ne se contentait pas de prendre son bain. Il y déjeunait, lisait, examinait ses papiers et recevait ses compagnons d'exil. La baignoire devenait, pour une heure et demie au moins, un cabinet de travail improvisé, où les conversations se poursuivaient au rythme d'un mince filet d'eau chaude.

Marchand nous apprend également qu'il avait fait fabriquer une petite table d'acajou spécialement adaptée à cet usage. Retenue par des crochets, elle pouvait être descendue à la hauteur souhaitée à l'intérieur de la baignoire.

Cette table a disparu. Nous en connaissons pourtant suffisamment le principe pour envisager aujourd'hui sa restitution.

Reconstitution numérique réalisée à partir du témoignage de Louis Marchand et des dimensions relevées sur la baignoire originale. Le plateau d’acajou et son système de suspension réglable constituent une proposition de restitution, dont les détails techniques restent à confirmer. Illustrations réalisées avec l’assistance de l’intelligence artificielle.





Redonner à la baignoire son usage

Dans le cadre du projet de renouvellement muséal de Longwood House, nous souhaitons restituer cet accessoire modeste, mais particulièrement révélateur de la vie quotidienne de Napoléon à Sainte-Hélène.

À partir des dimensions relevées sur la baignoire originale et des indications fournies par Marchand, une première étude propose la fabrication d'un plateau d'acajou d'environ 58 cm de largeur sur 35 cm de profondeur, suspendu à l'intérieur de la cuve par un système de crochets métalliques réglables.

Le dispositif prendrait appui sur les rebords du coffre en bois, les bords de la baignoire en cuivre étant encastrés dans celui-ci. Il serait entièrement amovible et ne nécessiterait ni percement ni modification de l'objet historique.

Le mécanisme précis utilisé à l'époque n'étant pas connu, cette proposition demeure une hypothèse de restitution. Elle devra être vérifiée et adaptée lors de l'étude technique préalable à sa fabrication.

Notre intention n'est pas de créer un décor artificiel, mais de rendre intelligible un usage aujourd'hui oublié. Il suffirait de replacer cette petite table au-dessus de la cuve pour que le visiteur comprenne aussitôt comment Napoléon pouvait y prendre son déjeuner, poursuivre une lecture ou travailler avec ses compagnons.

C'est précisément dans ces détails, parfois presque domestiques, que l'histoire retrouve sa dimension humaine.



Un projet à financer

Cette restitution constitue l'une des interventions envisagées dans le cadre du renouvellement muséal de Longwood House.

D'une réalisation relativement simple, elle nécessitera néanmoins le savoir-faire d'un artisan qualifié pour la fabrication du plateau en acajou et de son système de suspension réglable, ainsi que les précautions indispensables à la préservation de la baignoire originale.

Nous souhaitons proposer aux personnes ou institutions désireuses de soutenir ce projet deux possibilités de mécénat.

La première consisterait à financer la réalisation de cette petite table par un artisan de Sainte-Hélène, sous la supervision des Domaines nationaux, à partir des plans et des dimensions définitives qui auront été établis.

La seconde permettrait à un mécène de prendre directement en charge sa fabrication, en faisant réaliser l'ensemble par un artisan ou un atelier de son choix, conformément aux spécifications techniques que nous lui communiquerions, puis en organisant son expédition jusqu'à Sainte-Hélène.

Dans les deux cas, les Domaines nationaux veilleraient à la conformité de la restitution avec les exigences historiques et patrimoniales du projet, ainsi qu'à son installation sans altération de la baignoire originale.

Budget prévisionnel : à établir.

Les personnes ou institutions intéressées par l'une ou l'autre de ces formules sont invitées à prendre contact avec les Domaines nationaux à Sainte-Hélène afin d'en examiner les modalités.

Par leur soutien, elles contribueraient à faire revivre un détail singulier de la vie quotidienne de Napoléon, tout en participant à une ambition plus vaste : rendre à Longwood House, au-delà de sa valeur de lieu de mémoire, cette présence humaine qui permet aux visiteurs de mieux comprendre la vie de ceux qui l'habitèrent.

Baignoire originale sortie de son coffre en bois


lundi 26 octobre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #8 - Le « tape-cul » de Longwood

 

La bascule de Napoléon à Longwood : de l’exercice et un peu de distraction

Pour prendre de l’exercice sans sortir de la maison, Napoléon fit installer à Longwood une bascule, appelée aussi « tape-cul ». Plusieurs témoins évoquent cet appareil, qui devait entretenir ses forces et lui procurait parfois, avec son entourage, un moment de distraction.

Leurs descriptions permettent d’en proposer une évocation dessinée, tout en distinguant les éléments rapportés par les textes des détails imaginés pour la restitution.

Une pièce de bois, deux selles et des poignées en fer

Ali, le serviteur de Napoléon, donne la description la plus précise de sa construction. L’appareil, installé selon lui dans le parloir, consistait en une longue pièce de bois supportée en son milieu par un poteau entaillé. Les deux extrémités étaient façonnées en « selles bien rembourrées ». Un T en fer, placé devant le cavalier, lui permettait de se tenir pendant le mouvement.

Napoléon occupait une extrémité. Son poids étant assez important, du plomb avait été ajouté du côté opposé pour équilibrer l’ensemble. Montholon était, selon Ali, celui qui montait habituellement avec lui. Le récit mentionne donc à la fois un lest et un partenaire, sans préciser la quantité de plomb ni son emplacement exact.

Arthur Bertrand apporte une indication complémentaire sur le support : la bascule reposait au centre sur un pivot élevé de « trois ou quatre pieds au-dessus du plancher ». Il décrit Napoléon à une extrémité du levier et un officier à l’autre.

Entretenir ses forces

Ali explique l’intention de l’Empereur : ne souhaitant pas aller se promener dehors, il espérait que le mouvement de montée et de descente entretiendrait ses forces.

Le Grand Maréchal Bertrand rapporte également ce projet d’exercice. Napoléon envisageait de monter sur la bascule une demi-heure par jour ; cela devait le faire transpirer. Mais une intention ne constitue pas une pratique régulière attestée. Dans une entrée du 22 janvier 1821, Bertrand note que l’Empereur avait utilisé l’appareil un quart d’heure le matin et « ne s’en [était] pas mieux trouvé ».

Ce même jour, Arthur vint voir Napoléon, qui lui montra sa bascule en lui disant que c’était un canon. L’Empereur y monta ensuite avec le Grand Maréchal pour amuser l’enfant. Il descendit parce qu’il venait de dîner et craignait que le mouvement ne lui fît mal.

Une distraction avec les enfants Bertrand

Dans ses souvenirs, Arthur Bertrand raconte que les enfants prenaient eux aussi place sur l’appareil :

« Souvent il faisait placer ma sœur et deux de mes frères ou moi à l’autre extrémité de la bascule, et s’amusait à nous donner de fortes secousses qui parfois nous jetaient à bas. C’était en même temps de l’exercice, et une petite distraction à ses peines. »

La bascule devenait ainsi un jeu partagé. Elle inspira même à Mme Bertrand l’idée d’une caricature : l’Empereur d’un côté, tous les souverains de l’autre, incapables de le soulever, avec cette épigramme : « remède pour l’hépatite ».



Une expérience de courte durée

Selon Ali, cet exercice convint à Napoléon pendant une quinzaine de jours environ, puis il l’abandonna. Avant qu’il ne fût sérieusement malade, la machine avait été démontée et le plancher remis dans son état antérieur.

Le dessin : une proposition, non un relevé

L’illustration s’appuie principalement sur les descriptions d’Ali et d’Arthur Bertrand. Elle représente Napoléon et Montholon aux deux extrémités d’un balancier, sur des selles rembourrées munies de poignées en T. Le poteau central entaillé et le lest de plomb viennent du récit d’Ali ; l’indication de hauteur du pivot est donnée par Arthur.

La bascule de Napoléon à Longwood, évocation d’après les récits d’Ali et d’Arthur Bertrand. Napoléon et Montholon occupent les selles rembourrées et se tiennent aux poignées en T ; un lest de plomb contribue à équilibrer le côté opposé à l’Empereur. Les coussins au sol sont un ajout hypothétique. Illustration sans échelle, générée par intelligence artificielle ; assemblages et disposition du lest proposés.


Nous avons recherché une silhouette relativement basse, en retenant le bas de la fourchette de trois à quatre pieds mentionnée par Arthur. L’image reste néanmoins une évocation sans échelle, et non un dessin technique permettant de vérifier les dimensions.

Des coussins ont été ajoutés au sol, sous les extrémités, pour suggérer un amortissement à l’arrivée du balancier en position basse. Leur présence n’est mentionnée par aucun des témoins cités : ils constituent un ajout hypothétique, et non un équipement attesté.

La forme exacte du support, les assemblages, la disposition du plomb et les détails des selles restent également proposés pour rendre le fonctionnement de l’appareil compréhensible.

Ali précise qu’après le démontage de la bascule, le plancher fut « remis dans son état antérieur ». L’installation avait donc nécessité une intervention sur celui-ci, dont le serviteur ne détaille pas la nature. Des lames avaient-elles été retirées pour ancrer le support central, ou pour dégager une partie du sol sous l’appareil ? Le texte laisse la question ouverte. D'où les coussins qui, quoiqu'ils ne soient pas mentionné dans les témoignages, ont été ajoutés.

Sources

  • Ali, souvenirs : description de la bascule installée dans le parloir.
  • Arthur Bertrand, souvenirs : description du pivot central et des jeux avec les enfants.
  • Grand Maréchal Bertrand, journal : passages relatifs à l’installation de la bascule et à son utilisation le 22 janvier 1821.
  • Docteur Verling, journal : description indirecte de l’appareil, rapportée sous réserve.


jeudi 15 octobre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #7

 

Longwood House : protéger les témoins de l'exil pour mieux les faire découvrir

Les premières parois vitrées viennent de prendre place dans les appartements de Longwood House. Leur installation marque une nouvelle étape dans le travail de conservation et de présentation des collections que nous poursuivons depuis plusieurs années, avec le soutien conjoint de la Fondation Napoléon et du Fonds de Dotation Brousse Dell’Aquila.




À première vue, il ne s'agit que de quelques surfaces transparentes, presque invisibles, destinées à séparer les visiteurs des objets et des meubles exposés. Mais leur rôle dépasse largement cette simple fonction protectrice.

Longwood possède en effet une particularité que peu de demeures historiques peuvent revendiquer : sur les 122 pièces de mobilier fournies par l'administration britannique pour les besoins de Napoléon et de son entourage durant la captivité, 82 sont aujourd'hui conservées dans nos collections, avec une provenance qui peut être retracée depuis leur dispersion lors des ventes aux enchères organisées sur l'île en 1822.



Ces meubles ne sont donc pas de simples évocations d'un décor disparu. Ils sont les témoins matériels de la vie quotidienne à Longwood, ceux-là mêmes qui ont accompagné les dernières années de Napoléon et dont l'histoire nous est parvenue avec une continuité documentaire exceptionnelle.

Pendant longtemps, la visite de la maison a permis une proximité presque familière avec ce mobilier. On pouvait s'en approcher, parfois le toucher, et cette liberté contribuait certainement au sentiment particulier qu'éprouvaient les visiteurs en parcourant les pièces de la captivité. Je comprends l'attachement que certains peuvent conserver à cette manière de découvrir Longwood, et je le partage même, dans une certaine mesure.

Mais les années passent, les objets vieillissent, et les responsabilités de ceux qui en ont la garde demeurent.

Un meuble ancien ne se détériore pas seulement à la suite d'un accident spectaculaire. Il souffre aussi de l'accumulation de gestes anodins, d'une main posée sur un dossier, d'un appui sur une table, d'un frottement répété. Ce qui paraît insignifiant à l'échelle d'une visite devient, au fil des décennies, une altération irréversible.

Notre responsabilité n'est pas seulement de permettre aux visiteurs d'aujourd'hui de découvrir Longwood, mais de transmettre ses collections à ceux qui viendront après nous.


Première pièce protégée : la salle à manger

Les nouvelles parois vitrées répondent également à une ambition muséographique. Leur disposition permettra de mieux mettre en évidence les petits objets, souvent difficiles à distinguer jusqu'à présent, tout en restituant plus clairement les espaces de la captivité et les relations entre le mobilier, les pièces et leurs occupants.

Il ne s'agit donc pas de transformer Longwood en un musée impersonnel, encore moins d'effacer cette atmosphère domestique qui constitue une part essentielle de son caractère. Au contraire, nous cherchons à préserver ce qui fait sa singularité : une maison historique dont les pièces, les meubles et les objets continuent de raconter, ensemble, une histoire humaine.

Certains regretteront peut-être de ne plus pouvoir approcher les meubles comme autrefois. Je peux comprendre cette nostalgie. Mais je ne crois pas que l'émotion suscitée par un objet dépende de la possibilité de le toucher. Elle naît bien davantage de ce que nous savons de lui, de ceux qui l'ont possédé, utilisé ou simplement côtoyé.

À Longwood, une chaise, une table ou un petit objet familier prennent toute leur signification lorsqu'on les replace dans la vie de ceux qui habitèrent ces lieux entre 1815 et 1821.

Les photographies qui accompagnent ce billet montrent les premières étapes de cette installation. Il reste encore du travail avant que l'ensemble trouve son équilibre définitif.

Je tiens enfin à remercier très chaleureusement la Fondation Napoléon et le Fonds de Dotation Brousse Dell’Aquila, dont le soutien conjoint permet de poursuivre cette entreprise de conservation et de valorisation d'un patrimoine qui appartient à l'État français, mais dont la portée historique dépasse largement nos frontières.

Après tout, préserver Longwood ne consiste pas à immobiliser le passé, mais à lui donner les moyens de traverser l'avenir.

mercredi 14 octobre 2026

Toby's Cottage - THE STORY OF AN UNEXPECTED RESTORATION


 

COMING SOON

TOBY'S COTTAGE -
THE STORY OF AN UNEXPECTED RESTORATION


a free online talk with

Michel Dancoisne-Martineau
Director of the French Domains
of St Helena


Wednesday, 28 October 2026
6-7pm GMT


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lundi 5 octobre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #6

Le Projet muséal de Longwood entre dans sa phase concrète

Les premières images sont encore modestes. Elles montrent des arbres abattus, des espaces dégagés, une pelleteuse au travail. Pourtant, c’est bien ici que commence, très concrètement, la mise en œuvre du Projet muséal de Longwood.

Avant de construire, d’aménager ou de restituer, il faut préparer les lieux.


Ces premiers travaux concernent les cheminements qui permettront demain d’organiser plus clairement l’entrée et la sortie des visiteurs, autour du futur espace d’accueil. Il s’agit donc, pour l’instant, de dégager les accès, de reprendre les abords, d’abattre certains arbres devenus gênants ou dangereux et de préparer les circulations nécessaires au nouveau parcours de visite.




Cette étape peut sembler éloignée de la muséographie proprement dite. Elle en constitue pourtant l’un des fondements. Le projet prévoit en effet que le visiteur soit accueilli avant son entrée dans la Maison de Longwood, puis qu’il rejoigne celle-ci à pied, par les jardins et les cheminements extérieurs. Cette approche fait partie intégrante du récit : quelques minutes durant lesquelles le paysage, le vent et la végétation préparent déjà à la découverte de la maison. Projet muséal pour la Maison de…

Le projet entre ainsi dans cette période particulière où les dessins, les études et les intentions commencent à prendre corps dans le paysage.


Nous suivrons ici, au fil des semaines et des mois, l’évolution du chantier : non pas comme un grand récit institutionnel, mais simplement depuis Longwood, au plus près des travaux, des difficultés, des transformations et des solutions trouvées sur place.

Aujourd’hui : ouvrir les passages. Demain : y faire passer les visiteurs.


jeudi 17 septembre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #5

Le Souvenir napoléonien s'engage aux côtés de Longwood House

Il est des nouvelles qui dépassent le simple cadre d'un projet. Celle-ci en est une.

Le Souvenir napoléonien vient de lancer officiellement une campagne nationale de souscription destinée à soutenir le projet « Longwood House 2026 », consacré à la préservation et à la mise en valeur de la dernière demeure de Napoléon à Sainte-Hélène.

Au-delà de l'appel à la générosité de ses adhérents, cette initiative revêt, à mes yeux, une signification toute particulière.



Depuis plus d'un siècle, le Souvenir napoléonien rassemble celles et ceux qui entretiennent la mémoire de Napoléon à travers la recherche historique, les publications, les conférences et les activités culturelles. De leur côté, les Domaines nationaux français de Sainte-Hélène ont pour mission, depuis 1858, de conserver les lieux mêmes où cette histoire s'est achevée.

Ces deux missions étaient naturellement complémentaires. Pourtant, elles n'avaient jamais réellement trouvé l'occasion de se rejoindre autour d'un projet commun.

C'est précisément ce que permet aujourd'hui cette campagne.

Le projet « Longwood House 2026 » ne consiste pas à transformer la maison de l'Empereur. Bien au contraire. Il vise à préserver son authenticité tout en offrant aux visiteurs du XXIᵉ siècle les moyens de mieux comprendre ce qu'a été l'exil de Napoléon : un nouvel espace d'accueil, une meilleure présentation des collections, des outils d'interprétation renouvelés et un parcours de visite enrichi, dans le respect absolu de l'esprit des lieux.

Réaliser un tel projet sur l'une des îles les plus isolées du monde représente un défi particulier. Les visiteurs sont infiniment moins nombreux que dans les grands sites historiques européens, alors même que les exigences de conservation et de qualité d'accueil sont les mêmes, sinon supérieures. C'est pourquoi le soutien de tous ceux qui sont attachés à la mémoire napoléonienne prend ici une importance toute particulière.

Je tiens à remercier très chaleureusement Guy Carrieu, président du Souvenir napoléonien, Jean-Marc Auger, qui a porté cette initiative au sein de l'association, ainsi que l'ensemble des membres de son Conseil d'administration pour la confiance qu'ils accordent à ce projet. Mes remerciements vont également à Paskalita Francheteau, dont l'engagement discret mais déterminant a permis de créer le lien entre le Souvenir napoléonien et la Saint Helena Napoleonic Heritage Ltd, porteuse du projet.

J'aime à penser que cette campagne ne marque pas seulement le début d'une souscription. Elle ouvre peut-être une nouvelle page dans les relations entre le Souvenir napoléonien et les Domaines nationaux français à Sainte-Hélène.

Car préserver Longwood House, ce n'est pas seulement entretenir une demeure historique.

C'est transmettre aux générations futures le lieu où l'Histoire est devenue mémoire.

Les personnes qui souhaiteraient soutenir cette initiative trouveront toutes les informations utiles sur le site du Souvenir napoléonien :

https://lesouvenirnapoleonien.fr/longwood-house-2026/

Si cette campagne rencontre le succès que nous espérons, elle aura atteint un second objectif qui me tient particulièrement à cœur : avoir rapproché durablement ceux qui font vivre la mémoire de Napoléon de l'un des lieux où cette mémoire est née.



dimanche 13 septembre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #4

 Maison de Longwood : publication du projet muséal (Option C)

Depuis plusieurs années, les Domaines nationaux conduisent une réflexion de fond sur l'avenir de Longwood House et sur la manière de mieux raconter aux visiteurs l'histoire de Napoléon à Sainte-Hélène.

Cette réflexion s'est progressivement enrichie des observations recueillies sur le terrain, des échanges avec les visiteurs, des discussions menées avec les services du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, avec de nombreux historiens, conservateurs, mécènes et amis de Sainte-Hélène.


Aujourd'hui, j'ai souhaité rendre public le document présentant l'Option C, qui constitue désormais la solution retenue comme base de travail pour les années à venir.

Il ne s'agit pas d'un projet figé. Comme toute réflexion patrimoniale, il continuera d'évoluer au rythme des études, des échanges et des possibilités offertes par les futurs partenaires.

Le rendre public répond à une conviction simple : les grands projets patrimoniaux gagnent à être partagés. Ils deviennent ainsi un objet de réflexion collective avant même de devenir une réalité.

Je remercie très sincèrement toutes celles et tous ceux qui, depuis plusieurs années, contribuent, chacun à leur manière, à nourrir cette réflexion.

La suite reste à écrire.


Accéder au projet

Afin de permettre à chacun — partenaires, chercheurs, visiteurs, amis du lieu — de découvrir ce travail dans son intégralité, je mets à disposition ici le libellé complet du projet muséal, accompagné de ses documents de référence (PDF) :

👉 [Accéder au libellé du projet muséal de Longwood House]

👉 [Accéder au rapport du choix de projet – décision du 9 septembre 2026]