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lundi 10 février 2025

La Symphonie Napoléon de Burgess

 À la suite de la parution de Le Dernier Napoléon, un lecteur s’est dit ému — et surpris de voir apparaître, au détour du récit, le nom d’Anthony Burgess. L’étonnement est compréhensible : Burgess n’est ni un historien de Napoléon, ni un spécialiste de Sainte-Hélène, et son nom n’est guère associé, en France du moins, aux études napoléoniennes.




C’est précisément cette surprise qui mérite que l’on s’y arrête.

Anthony Burgess appartient à une tout autre sphère : celle des écrivains du XXᵉ siècle pour lesquels Napoléon n’est plus seulement un personnage historique, mais une figure culturelle, déjà passée du champ de l’événement à celui de la représentation. Lorsqu’il évoque Napoléon, Burgess ne cherche ni à établir des faits, ni à corriger une chronologie, ni à trancher un débat d’archives. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur le pouvoir, la chute, l’enfermement, la langue et la contrainte — thèmes qui traversent l’ensemble de son œuvre.

Il faut donc lire Burgess non comme une source, mais comme un témoin de la postérité napoléonienne. Chez lui, Napoléon n’est plus l’Empereur agissant, ni même le captif scruté jour après jour à Longwood, mais une figure mentale, presque mythologique, malléable, réinterprétée, parfois volontairement déformée. Cette distance explique à la fois l’intérêt et les limites de son regard.

Anthony Burgess 1917-1993


Si j’ai choisi de mentionner Burgess dans Le Dernier Napoléon, ce n’est donc ni par goût de l’érudition périphérique, ni pour brouiller les frontières entre littérature et histoire. C’est au contraire pour marquer ces frontières. L’exil de Sainte-Hélène, tel que je l’ai abordé, repose sur les archives, les témoignages contemporains, la matérialité du quotidien et le temps long de la captivité. Burgess, lui, témoigne d’un autre moment : celui où Napoléon est déjà devenu un objet culturel, réinvesti par l’imaginaire moderne.

Loin de se contredire, ces deux approches se répondent. L’une restitue la réalité vécue de 1819 à 1821 ; l’autre révèle la survivance intellectuelle de Napoléon au XXᵉ siècle. Mais elles ne parlent ni du même Napoléon, ni depuis le même lieu.

L’étonnement du lecteur était donc légitime. Il offre surtout l’occasion de rappeler que Napoléon appartient à plusieurs temps : celui de l’histoire, celui de la mémoire, et celui — plus instable encore — de la littérature.

dimanche 15 décembre 2024

Napoleonica les conférences > « Le dernier Napoléon (1819-1821) », par Michel Dancoisne-Martineau


 La Fondation Napoléon accueillera mardi 7 janvier 2025, à 18 heures, une rencontre-dédicace de Michel Dancoisne-Martineau, directeur des Domaines nationaux de Sainte-Hélène, à l’occasion de la parution de son ouvrage : Le dernier Napoléon (1819-1821). Inscriptions préalables indispensables à partir du jeudi 2 janvier 2024.

L’entrée est gratuite, sur réservation dans la limite des places disponibles.
Dès l’ouverture des inscriptions pour chaque conférence, il est possible de s’inscrire auprès d’Emmanuelle Duprez à partir de 9h30 :
• par courriel : ce@napoleon.org ;
• par téléphone au 01 56 43 46 00.
Pour être tenu informé par courriel des activités de Napoleonica les conférences de la Fondation Napoléon, merci d’adresser vos nom, prénom, adresse postale et Internet par mail (ce@napoleon.org).

Merci de bien noter que toute demande effectuée avant cette date et cet horaire ne sera pas prise en compte.

Fondation Napoléon
7, rue Geoffroy Saint-Hilaire
75005 Paris