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dimanche 22 février 2026

Reflections on A Journey to St Helena: Journey's End: - Le dernier Napoléon

Je découvre avec gratitude la recension que John Tyrell consacre à mon dernier ouvrage.
Lecture attentive, précise, exigeante — comme toujours.



Je la partage ici pour ceux qui souhaiteraient en prendre connaissance :

Reflections on A Journey to St Helena: Journey's End: - Le dernier Napoléon : "This last Napoleon is multifaceted. He is the one we like to imagine". When I first heard of the title I thought...

Stamford Raffles à Longwood, mai 1816

 

Portrait par George Francis Joseph, 1817.
National Portrait Gallery, Londres.

Sir Thomas Stamford Bingley Raffles (1781-1826)

En mai 1816, un navire venu de Batavia jeta l’ancre au large de Sainte-Hélène. Parmi ses passagers se trouvait Stamford Raffles, administrateur britannique au service de la Compagnie des Indes orientales, déjà marqué par l’expérience coloniale et promis à d’autres entreprises lointaines. Il regagnait l’Angleterre. L’île ne devait être qu’une escale. Elle devint une rencontre.

Le 19 mai, Raffles obtint l’autorisation de se rendre à Longwood.

Il faut imaginer ce moment : la route qui monte, les brumes, l’herbe battue par le vent, et cette maison posée comme une halte au bout du monde. Depuis des mois, des années, Sainte-Hélène voyait défiler des silhouettes venues de l’Inde ou du Cap, toutes animées du même désir : voir Napoléon. Souvent, l’espoir s’éteignait aux portes de Longwood. On raconte qu’une comtesse, arrivée avec une flotte d’Inde, quitta l’île sans avoir obtenu audience. L’Empereur avait refusé l’invitation que lui adressait le gouverneur.

Raffles, lui, fut reçu.

William Warden, chirurgien du Northumberland, évoque la scène. La curiosité de Raffles était ardente, presque impatiente. Malgré la fatigue et les indispositions que l’on prêtait à Napoléon, une heure fut fixée. L’entretien eut lieu. Le visiteur se déclara honoré de l’accueil.

Et pourtant, ce qu’il emporta ne fut pas admiration, mais trouble.

Dans ses notes, Raffles décrit un homme d’une intelligence redoutable, tendu vers la domination, entièrement voué à lui-même. Il y voit moins le héros déchu qu’une volonté capturée, intacte dans son énergie mais privée d’horizon. « Tout esprit et point de cœur », écrit-il en substance. Une force contenue, comme un animal pris au piège, non apprivoisé.

Un autre témoignage rapporte une scène brève et presque sèche. Napoléon, se retournant vivement, ôtant son chapeau pour le placer sous son bras. Les questions posées avec rapidité : nom, pays, années en Inde, campagne de Java. À peine une réponse esquissée qu’une autre interrogation suivait. Puis un léger signe de tête. L’audience était close. L’Empereur reprenait sa marche. Les visiteurs s’éloignaient.

Il reste de cette rencontre quelque chose d’inachevé.

Deux empires s’y frôlent sans se comprendre : l’un continental, désormais réduit à une île ; l’autre maritime, en pleine expansion vers l’Orient. L’Empereur déchu et le futur fondateur de Singapour se croisent dans le vent de Longwood, à l’heure où le soleil décline sur les bruyères.

Sainte-Hélène, une fois encore, n’est ni centre ni périphérie.
Elle est ce lieu suspendu où les destinées passent, se toisent, et s’éloignent.

Au crépuscule, il ne reste que la lumière basse sur les collines et le souvenir d’un dialogue trop bref pour être décisif, trop chargé d’histoire pour être insignifiant.

dimanche 15 février 2026

✈️ L’aéroport de Sainte-Hélène retrouve la catégorie 6 – Reprise des vols le 17 février





✈️ L’aéroport de Sainte-Hélène retrouve la catégorie 6 – Reprise des vols le 17 février

Le St Helena Government (SHG) a annoncé aujourd’hui, 15 février 2026, que l’St Helena Airport a retrouvé son accréditation Catégorie 6 pour ses capacités de lutte contre l’incendie aéronautique.

Cette décision permet la reprise complète des opérations commerciales.

La restauration de cette accréditation est le fruit d’un travail intensif mené par les mécaniciens de l’aéroport, appuyés par des ingénieurs spécialisés, ainsi que par les équipes locales de secours incendie. Les tests complets réalisés sur le véhicule R1, soutenu par R3 et le service hélénien des pompiers, ont été validés par le régulateur indépendant Airport Safety Support International (ASSI).

Les réparations du véhicule R2 se poursuivent mais n’affectent plus la certification.


🛫 Reprise des vols Airlink

La compagnie Airlink prévoit la reprise des vols dès mardi 17 février, sous réserve de conditions météorologiques favorables.

⚠️ Important :

  • Aucun billet ne sera vendu pour le vol du 17 février ni pour celui du samedi 21 février.

  • Les passagers déjà munis de billets pour ces dates voyageront normalement.

  • Les sièges restants seront attribués aux passagers en attente de rapatriement, selon la durée de leur retard.

  • Il est demandé de ne pas contacter Airlink ni l’aéroport : Solomons Travel prendra directement contact avec les personnes concernées.

Les réservations rouvriront ultérieurement pour les vols à partir du 24 février.


Perspective

Après plusieurs jours d’incertitude, cette annonce marque un retour à la normale attendu par de nombreux résidents et voyageurs.

Le Gouvernement souligne que des solutions de remplacement à plus long terme sont également étudiées, avec le soutien du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO), afin de renforcer la résilience future de l’aéroport.


Nous remercions tous ceux qui ont fait preuve de patience et de sang-froid durant cette période.

 

 

 

Note personnelle

Coincé au Cap ces derniers jours, à quelques heures seulement de l’île et pourtant à distance forcée, j’aurai une fois encore mesuré ce que signifie dépendre d’une unique ligne aérienne.

Ironie discrète du calendrier : trente ans après cette chaîne humaine organisée à Prosperous Bay pour réclamer la construction d’un aéroport, me voilà à attendre sa réouverture. L’histoire ne se répète pas, mais elle aime les clins d’œil.

Cette fois-ci, cependant, l’issue aura été rapide. Les équipes locales ont travaillé sans relâche, et l’île retrouve son lien aérien.

À Sainte-Hélène, l’isolement n’est jamais loin. Mais la résilience non plus.

 

 

 

St Helena Airport is pleased to announce that full air operations can now resume. The first scheduled flights will commence on 17 February

SHG is pleased to announce that today, 15 February, St Helena Airport has regained Category 6 accreditation for its firefighting capabilities and full operations can resume. This is down to the incredible hard work and long hours put in by the mechanics at the airport, supported by specialist engineers from Marc?.

Full commissioning tests have been undertaken with tender R1, which will be supported by R3 and St Helena Fire and Rescue Service. The results have been accepted by the independent regulator, ASSI.

Repairs to R2 will continue, but do not affect accreditation. We continue to look at longer term replacement options, with the support of FCDO, to ensure better resilience.

The first Airlink flight will be on Tuesday, 17 February, subject to favourable weather.

Tickets will NOT be sold for this flight, or for Saturday, 21 February. Those with pre-booked tickets specifically for these flights should travel as normal. The remaining seats will be used for repatriation and allocated based on length of delay. Please do not contact Airlink or the Airport, Solomons will contact you with an update.

Bookings will reopen for Tuesday, 24 February and beyond in due course.

We would like to thank everyone for their patience, support and resilience through this challenging period.

 

#StHelena #AirAccess

 

www.facebook.com/StHelenaGovt/

 

SHG
15 February 2026

 

 


samedi 14 février 2026

1997 – Une chaîne humaine à Prosperous Bay

Cette photographie date de 1997.



 À l’occasion de la venue sur l’île d’une équipe de tournage de TF1, sous la direction de Dorothée Poivre d'Arvor, nous avions organisé, avec le soutien de la Compagnie Solomon et de son directeur général de l’époque, Rodney Buckley, une chaîne humaine sur le site de Prosperous Bay.

Le geste était simple : aligner des habitants face au vent, face à l’horizon, face à cette mer qui nous reliait au monde autant qu’elle nous en séparait. Il s’agissait d’adresser un message clair au gouvernement britannique : Sainte-Hélène avait besoin d’un aéroport.

À l’époque, cela paraissait presque irréel. L’île vivait encore au rythme exclusif du navire. L’isolement faisait partie de notre condition, mais nous savions déjà qu’il deviendrait un frein.

Trente ans ont passé.

L’aéroport a été construit. Il a ouvert. Il a changé notre rapport au monde. Et pourtant, me voilà aujourd’hui coincé au Cap en attendant sa réouverture temporairement suspendue. L’histoire, parfois, aime les cercles.

En regardant cette image, je ne vois pas seulement une revendication. Je vois une communauté debout, soudée, déterminée. Des visages jeunes, d’autres plus âgés. Une île consciente de sa fragilité mais décidée à ne pas se résigner.

C’était exactement il y a trente ans.

Et l’isolement, décidément, reste un maître exigeant.

The St. Helena Waltz (Londres, 1815)

 The St. Helena Waltz (Londres, 1815)



Cette partition publiée à Londres en 1815 porte un titre singulier : The St. Helena Waltz. Elle est dédiée « to Miss Balcombe » — Betsy Balcombe — jeune fille de quatorze ans dont le destin devait, quelques mois plus tard, se lier intimement à celui de Napoléon.

Avant son installation définitive à Longwood, l’Empereur séjourna en effet au Pavillon des Briars, propriété de la famille Balcombe. C’est là, dans cette maison aujourd’hui intégrée aux Domaines nationaux français à Sainte-Hélène, que naquit cette relation singulière entre le souverain déchu et la jeune Betsy. Leur complicité, souvent évoquée dans les mémoires, contribua à humaniser les premières semaines d’exil.




Que cette valse londonienne de 1815 lui soit dédiée n’est pas anodin. Sainte-Hélène était déjà, dans l’imaginaire européen, devenue un lieu symbolique. La musique s’en empare à son tour. Avant même que l’exil ne soit pleinement raconté, il était déjà chanté, joué, dansé.

Le célèbre chef d’orchestre et musicien Peter Hicks nous a offert un enregistrement au piano de cette partition. Par ce geste, la musique imprimée retrouve son souffle et quitte la page pour revenir à la vie. cliquez ici pour l'écouter.

Ainsi se répondent aujourd’hui les supports : la partition conservée, le lieu — les Briars — toujours debout, et l’interprétation contemporaine qui prolonge la mémoire.


À Sainte-Hélène, même une valse porte l’empreinte de l’exil.

Deux vitrines pour une même mémoire

 Depuis plusieurs années, ce blog constitue le fil continu des actualités des Domaines nationaux français à Sainte-Hélène : recherches historiques, conservation, archives, événements et réflexions autour de l’exil napoléonien. Il demeure l’espace du temps long, de l’explication et de la mise en perspective.



Nous avons récemment décidé d’ouvrir, en complément, une page Instagram dédiée principalement aux images et aux vidéos courtes. L’objectif n’est pas de multiplier les supports, ni de disperser la parole, mais au contraire de mieux la structurer :
Instagram pour le regard immédiat, le mouvement, la lumière des lieux ;
le blog pour l’analyse, la mémoire, le contexte et la durée.



Ces deux vitrines formeront désormais notre présence numérique cohérente et maîtrisée. Elles constitueront également un vivier de contenus mobilisables par nos partenaires institutionnels — Ambassade de France, Consulat général, Fondation Napoléon, autorités héléniennes et acteurs du tourisme.

Le site institutionnel officiel demeure, quant à lui, la référence administrative.

Cette organisation répond à une nécessité simple : concentrer l’énergie là où elle est la plus utile. Les Domaines nationaux à Sainte-Hélène ne disposent ni d’un service de communication dédié ni d’une équipe numérique. Leur voix reste celle d’une administration patrimoniale éloignée, assumée avec constance, mais portée par des moyens limités.

Il ne s’agit donc pas d’une expansion, mais d’un ajustement.
Deux supports, clairement identifiés, pour éviter la dispersion et préserver l’essentiel : les lieux, leur mémoire et le temps long.

Décollage depuis St Helena Airport

On me demande comment se déroule les décollages depuis Sainte-Hélène. 


Voici une petite vidéo que j'ai prise l'année dernière depuis la fameuse forêt de gommiers chère à Las Cases et que je viens de poster sur mon compte Instagram; - lien direct, cliquez ici.