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Affichage des articles dont le libellé est île de Sainte-Hélène. Afficher tous les articles
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mardi 14 avril 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #2

Une escale, ou les limites d’un système - Importance de la réforme muséale proposée

Les escales de paquebots rappellent avec une particulière netteté les limites du dispositif actuel. Lors de l’arrivée du MV Amera à Sainte-Hélène, le mardi 14 avril 2026, le navire transportait environ 684 passagers. Or, sur cet ensemble, seuls 133 visiteurs ont effectivement acheté un billet d’entrée.

Les autres, pour une part non négligeable, ont préféré demeurer en ville, jugeant les coûts trop élevés, tandis que certains, après avoir pourtant loué un taxi pour se rendre jusqu’aux portes de la Tombe ou de Longwood, ont refusé d’acquitter le droit d’entrée. Ces situations, désormais récurrentes, dégradent les conditions d’accueil et exposent les équipes à des tensions inutiles. Elles conduisent également, par précaution, à fermer le Pavillon des Briars lors de ces journées, afin d’éviter que ces comportements ne s’y reproduisent.



D’un point de vue strictement financier, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec un billet fixé à £12, la vente de 133 billets représente une recette brute de £1,596. Mais, dans le système actuel, où les objets et le mobilier demeurent trop directement à portée des visiteurs, la seule ouverture de Longwood et de la Tombe à un flux exceptionnel impose le recrutement de gardiens supplémentaires, soit une surcharge de £1,466.

Il ne reste donc, avant même de prendre en compte les autres frais de fonctionnement, que £130. Autrement dit, la recette générée par une telle escale ne produit qu’un résultat quasi nul, sans commune mesure avec la pression exercée sur les lieux, les collections et les équipes.

Le seul surcoût de surveillance absorbe ainsi plus de 91 % de la billetterie de la journée. Rapporté aux seuls visiteurs payants, ce dispositif représente environ £11 de surveillance par billet vendu, laissant à peine £1 par entrée pour couvrir l’ensemble des autres charges.




Ces chiffres, à eux seuls, suffisent à éclairer la situation : le modèle actuel ne permet plus d’assurer simultanément l’ouverture des sites, leur protection et un fonctionnement économiquement soutenable.

Il ne s’agit plus ici d’un déséquilibre marginal, mais d’un système qui, à chaque afflux, s’approche de son point de rupture. Ouvrir revient presque à s’exposer ; accueillir, à consentir un effort disproportionné ; protéger, à mobiliser des moyens que la billetterie ne peut plus couvrir.

C’est précisément à cet endroit que se situe le projet muséal. Non comme une transformation de principe, mais comme une réponse nécessaire à une réalité désormais mesurable : protéger sans multiplier indéfiniment la présence humaine, organiser la visite sans en altérer le silence, et redonner au lieu les conditions d’un équilibre à la fois humain, patrimonial et économique.

jeudi 9 avril 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #1

Longwood House : une maison, un silence, un projet


Maison de Longwood, 2026 ©Bruno Dell'aquila 

Il est des lieux qui ne se visitent pas — ils se traversent.

Longwood House appartient à cette catégorie rare. Depuis deux siècles, ceux qui en franchissent le seuil n’y viennent pas seulement pour voir, mais pour éprouver. Il ne s’agit pas d’un musée au sens ordinaire du terme, mais d’une demeure habitée par l’absence, où chaque objet, chaque lumière, chaque silence semble retenir quelque chose d’un destin achevé.

Et pourtant, cette fidélité au passé, si scrupuleusement préservée, atteint aujourd’hui ses limites.

La maison souffre. L’humidité constante, la lumière, l’usure lente des matériaux rappellent chaque jour que rien ici n’avait été conçu pour durer deux siècles. Dans le même temps, le visiteur, souvent profondément ému, se trouve parfois démuni face à une lecture fragmentée du lieu, comme si le récit lui échappait au moment même où il croyait le saisir.

C’est de cette tension qu’est né le projet que je propose aujourd’hui.

Non pas transformer Longwood — ce serait la trahir — mais en retrouver l’équilibre.

Retrouver la clarté d’un parcours, la cohérence d’un récit, la justesse d’un regard. Faire en sorte que la maison continue de parler, mais d’une voix plus lisible, sans rien perdre de sa densité ni de sa pudeur. Préserver l’émotion sans renoncer à l’intelligence.

Ce projet repose sur une conviction simple :
la mission d’un lieu comme Longwood n’est pas de montrer davantage, mais de rendre perceptible ce qui se dérobe.

Le quotidien de l’exil.
La communauté humaine autour de Napoléon.
La lente naissance de la légende.

Tout est déjà là. Il ne s’agit que de réordonner le regard.

Le parcours proposé ne modifie rien dans son principe. Il accompagne le visiteur comme on accompagne une mémoire : avec retenue, avec précision, avec respect. Chaque pièce devient un moment, chaque objet une présence silencieuse, chaque transition une respiration.

À l’extérieur, les jardins prolongent cette expérience. À l’intérieur, la lumière, le silence, et la mise à distance discrète des œuvres permettent enfin à la maison de retrouver ce qu’elle n’aurait jamais dû perdre : sa qualité d’espace vécu.

Car Longwood n’est pas un décor.

C’est une maison fragile, tenue debout par une vigilance quotidienne — presque domestique — qui est déjà une forme de fidélité.


Accéder au projet

Afin de permettre à chacun — partenaires, chercheurs, visiteurs, amis du lieu — de découvrir ce travail dans son intégralité, je mets à disposition ici le libellé complet du projet muséal, accompagné de ses documents de référence (PDF) :

👉 [Accéder au libellé du projet muséal de Longwood House]

👉 [Access the project in English]


Avec, en complément, le téléchargement des documents suivants : 

Concernant le parcours muséal à l'intérieur des appartements de Napoléon:  

- Plan de la Maison de Longwood en 1821

- Plan de la Maison de Longwood en 2026


Concernant la construction du centre d'accueil proposé : 

Sheet 1. Longwood House Site Plan

- Sheet 2. Longwood House Site Plan

- Sheet 3. Longwood House Site Plan

- Sheet 4. Longwood House Site Plan

- Sheet 5. Longwood House - Section Detail

- Photographie du poste de garde existant "Longwood Gate" #1

- Photographie du poste de garde existant "Longwood Gate" #2



Ce projet n’est ni une fin, ni une rupture.

Il s’inscrit dans une continuité — celle des dix années écoulées depuis la création de la Saint Helena Napoleonic Heritage Ltd, marquées par la persévérance, les contraintes, et une même volonté de préserver sans figer.

Il est, au fond, une tentative de plus pour rester fidèle à ce que ce lieu exige de nous.

Rien d’autre.

Protéger une parole qui ne nous appartient pas,
et permettre qu’elle continue, encore, à être entendue.

_________

Soutiens de ce projet : 

 Projets - FDBDA - Fonds de dotation Brousse dell’Aquila

jeudi 2 avril 2026

La folie Sainte-Hélène de Jean-Christophe Rufin

 Vient de paraître le dernier Jean-Christophe Rufin... apparemment mon emploi n'est pas de tout repos 🤫😎



À Sainte-Hélène, territoire britannique perdu dans l’Atlantique Sud, c’est la consternation. Le consul qui administre l’enclave française de Longwood, où est mort Napoléon, a disparu.
 
Comment peut-on se volatiliser sur une île reliée à l’Afrique du Sud par un avion chaque semaine et où tout le monde se connaît ? C’est ce qu’Aurel va être chargé de découvrir.




 
Il va vite comprendre que représenter la France à Sainte-Hélène n’est pas de tout repos. Car Napoléon rend fou. Son souvenir déchaîne encore des passions violentes. Le consul disparu ne manquait pas d’ennemis parmi les fondus de l’Empereur qui viennent visiter le lieu de son exil. Mais qui a pu lui en vouloir au point de l’éliminer ?
 
Sans l’aide d’une jeune Française venue dans cette contrée du bout du monde pour exorciser ses fantômes, Aurel aurait eu du mal à le découvrir.
 
Cette enquête hors norme va nous faire rencontrer des personnages extraordinaires. Cette fois, Aurel, pour notre plus grand plaisir, trouve plus original que lui…



Vu le 16/04.2026 dans le Figaro Littéraire :




dimanche 22 février 2026

Stamford Raffles à Longwood, mai 1816

 

Portrait par George Francis Joseph, 1817.
National Portrait Gallery, Londres.

Sir Thomas Stamford Bingley Raffles (1781-1826)

En mai 1816, un navire venu de Batavia jeta l’ancre au large de Sainte-Hélène. Parmi ses passagers se trouvait Stamford Raffles, administrateur britannique au service de la Compagnie des Indes orientales, déjà marqué par l’expérience coloniale et promis à d’autres entreprises lointaines. Il regagnait l’Angleterre. L’île ne devait être qu’une escale. Elle devint une rencontre.

Le 19 mai, Raffles obtint l’autorisation de se rendre à Longwood.

Il faut imaginer ce moment : la route qui monte, les brumes, l’herbe battue par le vent, et cette maison posée comme une halte au bout du monde. Depuis des mois, des années, Sainte-Hélène voyait défiler des silhouettes venues de l’Inde ou du Cap, toutes animées du même désir : voir Napoléon. Souvent, l’espoir s’éteignait aux portes de Longwood. On raconte qu’une comtesse, arrivée avec une flotte d’Inde, quitta l’île sans avoir obtenu audience. L’Empereur avait refusé l’invitation que lui adressait le gouverneur.

Raffles, lui, fut reçu.

William Warden, chirurgien du Northumberland, évoque la scène. La curiosité de Raffles était ardente, presque impatiente. Malgré la fatigue et les indispositions que l’on prêtait à Napoléon, une heure fut fixée. L’entretien eut lieu. Le visiteur se déclara honoré de l’accueil.

Et pourtant, ce qu’il emporta ne fut pas admiration, mais trouble.

Dans ses notes, Raffles décrit un homme d’une intelligence redoutable, tendu vers la domination, entièrement voué à lui-même. Il y voit moins le héros déchu qu’une volonté capturée, intacte dans son énergie mais privée d’horizon. « Tout esprit et point de cœur », écrit-il en substance. Une force contenue, comme un animal pris au piège, non apprivoisé.

Un autre témoignage rapporte une scène brève et presque sèche. Napoléon, se retournant vivement, ôtant son chapeau pour le placer sous son bras. Les questions posées avec rapidité : nom, pays, années en Inde, campagne de Java. À peine une réponse esquissée qu’une autre interrogation suivait. Puis un léger signe de tête. L’audience était close. L’Empereur reprenait sa marche. Les visiteurs s’éloignaient.

Il reste de cette rencontre quelque chose d’inachevé.

Deux empires s’y frôlent sans se comprendre : l’un continental, désormais réduit à une île ; l’autre maritime, en pleine expansion vers l’Orient. L’Empereur déchu et le futur fondateur de Singapour se croisent dans le vent de Longwood, à l’heure où le soleil décline sur les bruyères.

Sainte-Hélène, une fois encore, n’est ni centre ni périphérie.
Elle est ce lieu suspendu où les destinées passent, se toisent, et s’éloignent.

Au crépuscule, il ne reste que la lumière basse sur les collines et le souvenir d’un dialogue trop bref pour être décisif, trop chargé d’histoire pour être insignifiant.

dimanche 15 février 2026

✈️ L’aéroport de Sainte-Hélène retrouve la catégorie 6 – Reprise des vols le 17 février





✈️ L’aéroport de Sainte-Hélène retrouve la catégorie 6 – Reprise des vols le 17 février

Le St Helena Government (SHG) a annoncé aujourd’hui, 15 février 2026, que l’St Helena Airport a retrouvé son accréditation Catégorie 6 pour ses capacités de lutte contre l’incendie aéronautique.

Cette décision permet la reprise complète des opérations commerciales.

La restauration de cette accréditation est le fruit d’un travail intensif mené par les mécaniciens de l’aéroport, appuyés par des ingénieurs spécialisés, ainsi que par les équipes locales de secours incendie. Les tests complets réalisés sur le véhicule R1, soutenu par R3 et le service hélénien des pompiers, ont été validés par le régulateur indépendant Airport Safety Support International (ASSI).

Les réparations du véhicule R2 se poursuivent mais n’affectent plus la certification.


🛫 Reprise des vols Airlink

La compagnie Airlink prévoit la reprise des vols dès mardi 17 février, sous réserve de conditions météorologiques favorables.

⚠️ Important :

  • Aucun billet ne sera vendu pour le vol du 17 février ni pour celui du samedi 21 février.

  • Les passagers déjà munis de billets pour ces dates voyageront normalement.

  • Les sièges restants seront attribués aux passagers en attente de rapatriement, selon la durée de leur retard.

  • Il est demandé de ne pas contacter Airlink ni l’aéroport : Solomons Travel prendra directement contact avec les personnes concernées.

Les réservations rouvriront ultérieurement pour les vols à partir du 24 février.


Perspective

Après plusieurs jours d’incertitude, cette annonce marque un retour à la normale attendu par de nombreux résidents et voyageurs.

Le Gouvernement souligne que des solutions de remplacement à plus long terme sont également étudiées, avec le soutien du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO), afin de renforcer la résilience future de l’aéroport.


Nous remercions tous ceux qui ont fait preuve de patience et de sang-froid durant cette période.

 

 

 

Note personnelle

Coincé au Cap ces derniers jours, à quelques heures seulement de l’île et pourtant à distance forcée, j’aurai une fois encore mesuré ce que signifie dépendre d’une unique ligne aérienne.

Ironie discrète du calendrier : trente ans après cette chaîne humaine organisée à Prosperous Bay pour réclamer la construction d’un aéroport, me voilà à attendre sa réouverture. L’histoire ne se répète pas, mais elle aime les clins d’œil.

Cette fois-ci, cependant, l’issue aura été rapide. Les équipes locales ont travaillé sans relâche, et l’île retrouve son lien aérien.

À Sainte-Hélène, l’isolement n’est jamais loin. Mais la résilience non plus.

 

 

 

St Helena Airport is pleased to announce that full air operations can now resume. The first scheduled flights will commence on 17 February

SHG is pleased to announce that today, 15 February, St Helena Airport has regained Category 6 accreditation for its firefighting capabilities and full operations can resume. This is down to the incredible hard work and long hours put in by the mechanics at the airport, supported by specialist engineers from Marc?.

Full commissioning tests have been undertaken with tender R1, which will be supported by R3 and St Helena Fire and Rescue Service. The results have been accepted by the independent regulator, ASSI.

Repairs to R2 will continue, but do not affect accreditation. We continue to look at longer term replacement options, with the support of FCDO, to ensure better resilience.

The first Airlink flight will be on Tuesday, 17 February, subject to favourable weather.

Tickets will NOT be sold for this flight, or for Saturday, 21 February. Those with pre-booked tickets specifically for these flights should travel as normal. The remaining seats will be used for repatriation and allocated based on length of delay. Please do not contact Airlink or the Airport, Solomons will contact you with an update.

Bookings will reopen for Tuesday, 24 February and beyond in due course.

We would like to thank everyone for their patience, support and resilience through this challenging period.

 

#StHelena #AirAccess

 

www.facebook.com/StHelenaGovt/

 

SHG
15 February 2026

 

 


samedi 14 février 2026

The St. Helena Waltz (Londres, 1815)

 The St. Helena Waltz (Londres, 1815)



Cette partition publiée à Londres en 1815 porte un titre singulier : The St. Helena Waltz. Elle est dédiée « to Miss Balcombe » — Betsy Balcombe — jeune fille de quatorze ans dont le destin devait, quelques mois plus tard, se lier intimement à celui de Napoléon.

Avant son installation définitive à Longwood, l’Empereur séjourna en effet au Pavillon des Briars, propriété de la famille Balcombe. C’est là, dans cette maison aujourd’hui intégrée aux Domaines nationaux français à Sainte-Hélène, que naquit cette relation singulière entre le souverain déchu et la jeune Betsy. Leur complicité, souvent évoquée dans les mémoires, contribua à humaniser les premières semaines d’exil.




Que cette valse londonienne de 1815 lui soit dédiée n’est pas anodin. Sainte-Hélène était déjà, dans l’imaginaire européen, devenue un lieu symbolique. La musique s’en empare à son tour. Avant même que l’exil ne soit pleinement raconté, il était déjà chanté, joué, dansé.

Le célèbre chef d’orchestre et musicien Peter Hicks nous a offert un enregistrement au piano de cette partition. Par ce geste, la musique imprimée retrouve son souffle et quitte la page pour revenir à la vie. cliquez ici pour l'écouter.

Ainsi se répondent aujourd’hui les supports : la partition conservée, le lieu — les Briars — toujours debout, et l’interprétation contemporaine qui prolonge la mémoire.


À Sainte-Hélène, même une valse porte l’empreinte de l’exil.

Décollage depuis St Helena Airport

On me demande comment se déroule les décollages depuis Sainte-Hélène. 


Voici une petite vidéo que j'ai prise l'année dernière depuis la fameuse forêt de gommiers chère à Las Cases et que je viens de poster sur mon compte Instagram; - lien direct, cliquez ici.  

mercredi 11 février 2026

Aéroport de Sainte-Hélène : point complet du Gouvernement (9 février 2026)


 

✈️ Aéroport de Sainte-Hélène : point complet du Gouvernement (9 février 2026)

Le St Helena Government (SHG) reconnaît l’ampleur des perturbations causées par la suspension actuelle des vols commerciaux vers Sainte-Hélène.

Afin d’apporter des réponses aux nombreuses interrogations de la population, un document officiel de type Questions & Réponses a été publié et sera régulièrement mis à jour :
👉 https://www.sainthelena.gov.sh/documents/airport-closure-qa/


Situation actuelle et mesures de sécurité

À la suite d’un travail intensif mené par les équipes de l’aéroport et le service hélénien des pompiers et secours, l’autorité de régulation a autorisé l’exploitation de l’aéroport en catégorie 4.

Cela permet :

  • Les vols d’évacuation médicale (Medevac)

  • L’atterrissage de petits jets exécutifs

  • L’acheminement de pièces détachées spécialisées

  • L’arrivée d’experts techniques

  • Les évacuations médicales urgentes vers l’étranger

Un vol Medevac est d’ailleurs prévu prochainement, démontrant que les services médicaux essentiels demeurent pleinement opérationnels.

⚠️ Il est important de souligner que la catégorie 4 ne permet pas la reprise des vols commerciaux réguliers.

La compagnie Airlink a suspendu les nouvelles réservations vers Sainte-Hélène. Toutefois, cela ne signifie pas une fermeture prolongée automatique : les annulations sont décidées vol par vol.

Au 10 février 2026, seuls les vols des 7, 10, 14 et 15 février ont été annulés.

Le retour à la catégorie 6, indispensable aux opérations commerciales d’Airlink, demeure la priorité absolue.


Le plan de rétablissement

Plusieurs solutions sont poursuivies en parallèle :

🔧 Réparations immédiates

Des pièces spécialisées sont actuellement acheminées depuis l’Allemagne.
Leur installation, remontage et phase de test nécessiteront plusieurs jours.
Le succès de l’opération ne pourra être confirmé qu’après validation complète des essais.

🚒 Remplacement du matériel incendie

Avec un possible soutien du gouvernement britannique, deux nouveaux véhicules incendie spécialisés sont recherchés.
Ces équipements étant fabriqués sur commande, toutes les solutions temporaires et permanentes sont étudiées.

Les échanges avec le régulateur se poursuivent afin de permettre un retour sécurisé à la catégorie 6 dans les meilleurs délais.


Résidents bloqués à l’étranger

Les résidents actuellement en Afrique du Sud sont progressivement relocalisés du Cap vers Johannesburg pour faciliter leur rapatriement dès la reprise des vols.

Le Gouvernement recommande aux personnes concernées de vérifier la validité de leur assurance voyage et, si nécessaire, d’en prolonger la couverture via Solomons Travel.


Coordination et gestion de crise

Le Gold Command se réunit quotidiennement.
Le plan de réponse aux incidents majeurs est activé et fonctionne selon les procédures établies.


Appel au calme et au respect

Le Gouvernement s’est engagé à mener un examen transparent de ces événements lorsque la situation opérationnelle le permettra.

Il rappelle également que :

  • Les critiques constructives sont légitimes.

  • Les propos discriminatoires ou racistes ne sont pas tolérés.

  • Les abus envers le personnel de l’aéroport ou du SHG sont inacceptables.

Les équipes travaillent sans relâche et méritent un environnement sûr et respectueux.


Contacts utiles

Solomons Travel Agency
📞 22523
✉️ flights@solomons.co.sh

Immigration :
✉️ cienquiries@sainthelena.gov.sh

Santé / pharmacie :
📞 Jamestown Hospital – 22500 (heures ouvrables)


La situation ne se résoudra pas du jour au lendemain, mais les efforts se poursuivent pour rétablir une exploitation normale de l’aéroport aussi rapidement et sûrement que possible.

mardi 10 février 2026

Le cottage de l'esclave Toby - Journal d'une restauration #12

En 2025, alors que l’on célébrait le bicentenaire du Mémorial de Sainte-Hélène, j’ai été invité à l’Institut, en France, à revenir sur une figure souvent reléguée à la marge du récit : Toby. À cette occasion, et non sans un léger sourire, il fut francisé en Tobbie, comme pour mieux l’inscrire, le temps d’une conférence, dans notre langue et notre mémoire.

À travers lui, il s’agissait moins de retracer une biographie que d’interroger un lien : celui, discret mais profondément humain, qui se tisse entre les lieux de l’exil, ceux qui les habitent, et ceux qui, deux siècles plus tard, continuent d’en porter la mémoire.

Cette présentation, donnée à Paris mais nourrie par Sainte-Hélène, peut aujourd’hui être écoutée dans son intégralité sur YouTube.



Napoleonica® la chaîne, de la Fondation Napoléon 

 https://youtu.be/H6eOO9GSuaU?si=hJOOhFhtjVMo0Us-


Les Héléniens dans l’héritage métis du Cap

Coincé au Cap, une fois encore, en attendant la réouverture de l’aéroport, je me retrouve en Afrique du Sud face à ce que Sainte-Hélène a toujours su m’enseigner : l’isolement n’est jamais seulement une contrainte logistique, il est aussi une invitation à la mémoire.

1634, Guerard.  from Carte universelle hydrographique Bibliotheque Nationale de France

 

L’île de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, fut occupée par la Compagnie anglaise des Indes orientales à partir de 1659, avant de devenir officiellement colonie britannique en 1836. 

Dès la seconde décennie du XVIIIᵉ siècle, la population de Sainte-Hélène comptait 542 Blancs et 411 esclaves, principalement originaires d’Afrique et des Indes orientales. Dans les années 1820, on dénombrait 821 colons blancs, une garnison militaire de 820 hommes, environ 1 500 esclaves, plus de 600 travailleurs chinois sous contrat et quelque 500 Noirs libres.

Lithographie « Sandy Bay Valley in the island of St.Helena » de Henry Salt – 1809 


Après l’abolition de l’esclavage, nombre d’anciens esclaves restèrent sur l’île et s’unirent aux colons blancs ainsi qu’aux autres communautés qui formaient la société hélénienne. À cette époque, Sainte-Hélène était administrée comme une colonie de la Couronne britannique depuis le Cap, ce qui explique les liens étroits, durables et humains entre l’île et l’Afrique du Sud.

Dans la période qui suivit immédiatement l’abolition de la traite, jusque dans les années 1850, la Royal Navy captura de nombreux navires négriers en haute mer. Le Cap et Sainte-Hélène furent les deux principaux ports où débarquaient les esclaves ainsi « libérés ». Ces captifs, appelés Prize Negroes, étaient contraints à un engagement de quatorze années comme ouvriers au Cap avant de pouvoir accéder à la liberté. Ils furent connus sous le nom de Cape Prize Boys.

On estime à environ 8 000 le nombre de ces Prize Negroes débarqués au Cap, les derniers arrivant en 1856. Pour ces esclaves sous contrat, la servitude ne prit réellement fin qu’en 1870. Plus largement, on estime qu’environ 63 000 esclaves furent amenés au Cap entre 1653 et 1807. L’ajout des 8 000 Prize Negroes africains porte la proportion d’esclaves africains et malgaches à 57,2 % de l’ensemble des esclaves arrivés au Cap (24 % venant d’Inde et 18,7 % des îles indonésiennes). À cela s’ajoutèrent, très probablement, de nombreux apports illégaux.

Esclaves de confession musulmane sur le pont d'un bâtiment
 après leur libération (Collection Melliss)


À Sainte-Hélène, des Prize Slaves devinrent également des travailleurs sous contrat sur l’île, ou reçurent la possibilité de rejoindre les Antilles comme hommes libres — option de loin la plus attractive.

De nombreux insulaires de Sainte-Hélène gagnèrent aussi le Cap en tant que travailleurs engagés. Ces quelque 2 000 "Saints", comme on appelait déjà les habitants de l’île, étaient issus d’un métissage complexe mêlant Britanniques, Chinois, esclaves africains, esclaves orientaux et Noirs libres. Au Cap, ils s’intégrèrent largement à la communauté dite Coloured. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles du Cap conservent des liens vivants avec Sainte-Hélène.

Les Saints, les Manillas, les Kroomen, les Mosbiekers, les Prize Boys, ainsi que les créoles chinois Peranakan (huan-na), constituent autant de strates méconnues de la mosaïque identitaire Coloured. Elles viennent compléter l’héritage khoï, san, xhosa, européen et afro-indo-esclave qui façonne l’histoire humaine du Cap.

dimanche 8 février 2026

Fermeture de l'aéroport de Sainte-Hélène suite à un incident majeur #2

 




Sainte-Hélène : l’aéroport obtient la certification Catégorie 4

L’St Helena Airport a annoncé avoir obtenu l’agrément réglementaire de Airport Safety Support International (ASSI) lui permettant désormais d’opérer en catégorie 4.

Cette certification autorise l’utilisation de l’aéroport par des aéronefs légers, notamment pour des évacuations médicales, offrant ainsi une garantie supplémentaire à la population en cas d’urgence sanitaire. Elle ouvre également une voie aérienne alternative pour l’acheminement de pièces détachées essentielles et de personnels techniques spécialisés, jusqu’ici fortement dépendants du transport maritime.

Pour rappel, la catégorie de sauvetage et de lutte contre l’incendie aéronautique détermine les types d’appareils qu’un aéroport peut accueillir en toute sécurité, en fonction de ses moyens opérationnels. L’accession à la catégorie 4 a été rendue possible grâce au soutien du service hélénien des pompiers et du secours et à un programme de formation complémentaire dispensé au personnel aéroportuaire.

⚠️ Important : cette évolution ne permet pas la reprise des vols commerciaux réguliers d’Airlink, lesquels nécessitent une catégorie 6.


🛫 Situation opérationnelle et informations pratiques

Le Gold Command continue de se réunir quotidiennement et travaille activement, en lien avec les agences locales et les partenaires internationaux, au retour progressif à une exploitation normale de l’aéroport (catégorie 6), dans les meilleures conditions de sécurité.


jeudi 22 janvier 2026

22 janvier 1957 – Le Prince Philip à Longwood

 Le 22 janvier 1957, le Prince Philip, duc d’Édimbourg, visitait Longwood House.




Sur les photographies conservées, on le voit parcourir les jardins et les abords de la maison en compagnie de Gilbert Martineau, alors directeur des Domaines nationaux français à Sainte-Hélène.

Dix ans seulement après la visite royale de 1947, Longwood portait encore les traces d’un entretien difficile. Le site demeurait exposé aux vents du plateau, à l’humidité persistante, à l’isolement logistique de l’île.

La présence de Gilbert Martineau sur ces images rappelle qu’au-delà des visites officielles, la véritable permanence résidait dans la vigilance quotidienne.

Les souverains passent.
Les directeurs se succèdent.
Le lieu demeure.



Entre 1947 et 1957, entre l’état fragile d’après-guerre et les restaurations progressives, Longwood traversait une phase charnière de son histoire.

Ces photographies en témoignent avec simplicité :
une maison modeste, un jardin discipliné, un plateau battu par les nuages — et la continuité d’une mission.



À Sainte-Hélène, la mémoire n’est jamais spectaculaire.
Elle s’inscrit dans la durée.

Longwood demeure.

jeudi 8 janvier 2026

Autre exil: celui de Dinuzulu kaCetshwayo

L’histoire de Dinuzulu kaCetshwayo croise celle de Sainte-Hélène de manière plus profonde et plus humaine qu’on ne l’imagine souvent. Fils du roi Cetshwayo, dernier souverain zoulou officiellement reconnu par les Britanniques, Dinuzulu naît en 1868 dans un monde déjà fragilisé par la défaite et la fragmentation du royaume zoulou à l’issue de la guerre anglo-zouloue. Son destin est celui d’un héritier menacé, déplacé, puis progressivement enfermé dans les logiques coloniales de l’exil.


Dinuzulu kaCetshwayo


Trop jeune pour succéder à son père à la mort de celui-ci, Dinuzulu est d’abord soustrait au danger et mis à l’abri dans le Transvaal. Autour de lui, alliances, rivalités et calculs politiques redessinent une géographie instable du pouvoir. Reconnu roi après la victoire d’Etshaneni en 1884, il demeure néanmoins sous surveillance constante, soupçonné d’incarner une continuité dynastique que l’autorité coloniale souhaite précisément dissoudre.

C’est dans ce contexte que s’inscrit son exil à Sainte-Hélène, prononcé après les troubles zoulous de la fin des années 1880. En mars 1890, Dinuzulu débarque à Jamestown avec ses oncles, des membres de leur entourage, des épouses, des serviteurs et quelques effets personnels qui disent déjà la singularité de cette relégation : des animaux, des instruments de musique, des objets de la vie quotidienne. L’exil n’est pas ici une cellule, mais un éloignement total, une mise à distance du monde d’origine.

À Sainte-Hélène, Dinuzulu n’est ni enfermé ni isolé. Il circule, rencontre, se mêle à la population locale. Il devient même une figure populaire. Des mariages ont lieu entre membres de sa suite et des habitantes de l’île ; des enfants naissent. Deux d’entre eux, morts en bas âge, reposent encore aujourd’hui dans le cimetière de St Paul’s, inscrivant matériellement la mémoire zouloue dans le sol hélénien. Peu de destins illustrent avec autant de force la manière dont Sainte-Hélène devient, au fil du XIXᵉ siècle, une île-archive des empires.

L’exil dure près de huit ans. Lorsqu’il quitte finalement l’île en décembre 1897, son entourage s’est agrandi, et l’expérience l’a profondément transformé. Les témoignages contemporains, parfois marqués par un regard colonial condescendant, soulignent néanmoins l’empreinte durable de ce séjour. Sainte-Hélène n’a pas été une parenthèse neutre : elle fut un temps de recomposition personnelle, familiale et politique.

De retour en Afrique australe, Dinuzulu ne retrouvera jamais pleinement sa place. Accusé d’avoir soutenu indirectement la révolte de Bambatha en 1906, jugé, condamné puis partiellement gracié, il meurt en 1913, à quarante-cinq ans seulement. Son fils Solomon, né à Sainte-Hélène en 1891, lui succède symboliquement, rappelant que l’exil hélénien ne fut pas un simple épisode, mais un moment fondateur de la continuité dynastique zouloue.

À travers Dinuzulu, Sainte-Hélène apparaît une fois encore comme un lieu d’exil, de mémoire et de transmission, où se croisent les trajectoires de souverains déchus, d’empires en recomposition et de familles déplacées. L’île ne conserve pas seulement les traces de Napoléon : elle garde aussi celles d’un roi africain, dont le destin, arraché à son territoire, s’est inscrit durablement dans le paysage humain et funéraire hélénien.

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Ce collier, dont subsistent aujourd’hui quelques perles de bois, appartenait à Dinuzulu kaCetshwayo, roi zoulou et ancien exilé de Sainte-Hélène. Objet modeste en apparence, il condense pourtant une histoire complexe de pouvoir, de dépossession et de transmission.

Dans les années 1920, Baden-Powell remit à son adjoint, Sir Percy Everett, un ensemble de six perles de bois provenant du collier originel de Dinuzulu. Il s’agissait d’un geste symbolique fort : ces perles répondaient à celles portées par le Chief Scout lui-même, inscrivant un héritage africain, arraché à son contexte royal, dans une nouvelle chaîne de commandement et de rites.

En 1949, Percy Everett transmit à son tour ces six perles à John Thurman, alors Camp Chief, avec pour consigne qu’elles soient remises, le moment venu, à son successeur. Depuis lors, ces fragments circulent comme une relique discrète, détachée de leur origine première mais toujours chargée de mémoire.

À travers ces perles, c’est une part de l’histoire de Dinuzulu qui continue de voyager : celle d’un roi vaincu, déplacé, exilé à Sainte-Hélène, puis progressivement absorbé par les récits et les institutions de l’Empire. Comme souvent, l’objet survit à l’homme — et, silencieusement, il témoigne.



Les Domaines nationaux français de Sainte-Hélène conservent par ailleurs un autre témoignage matériel de cet exil : le fauteuil sur lequel Dinuzulu prenait place durant son séjour sur l’île. Cet objet, d’une grande force symbolique, est aujourd’hui présenté en dépôt au musée de Jamestown, où il rappelle silencieusement la présence du souverain zoulou à Sainte-Hélène et l’inscription durable de son histoire dans le paysage hélénien.

À travers ces objets — perles de bois et fauteuil d’exil — c’est une part de l’histoire de Dinuzulu qui continue de voyager : celle d’un roi déplacé, observé, puis peu à peu absorbé par les récits de l’Empire. Comme souvent, l’objet survit à l’homme. Et, sans bruit, il témoigne.



jeudi 27 novembre 2025

Le cottage de l'esclave Toby - Journal d'une restauration #11

Ce mercredi 26 novembre, nous avons offert un déjeuner à toutes les personnes ayant contribué aux travaux de rétablissement du cottage. Au menu figuraient quelques-uns des plats les plus emblématiques et traditionnels de la cuisine de Sainte-Hélène préparés par le chef Julian, parmi lesquels le fameux plow et, surtout, le porc salé.

Tout a été préparé au cottage, sur le grill de la cuisine bien entendu, mais aussi — comme toujours sur l’île — dans un bidon converti en braii, fidèle compagnon de toutes les fêtes héléniennes.










Comme il fallait s’y attendre, plusieurs convives ont partagé sur leurs réseaux sociaux quelques photographies de ce moment chaleureux. C’est à la suite de ces publications qu’un article a été rédigé sur le site sthelenaonline.org