Le suivi du chantier.
4 sept. 2012
les travaux à Longwood. J’ai rencontré hier David Taylor, l’architecte urbain du Gouvernement de Sainte-Hélène et son collègue, Nico Ellick (inspecteur des bâtiments, afin d’établir un calendrier des inspections à effectuer sur le chantier pendant les vingt prochains mois que dureront les travaux. Leur mission est de s’assurer sur place que l’artisan respecte bien les spécifications techniques de son contrat établies par Michel Jantzen, architecte en chef des Monuments historiques qui définit et suit le programme des travaux sur l’aile des généraux.
Le Gouvernement de Sainte-Hélène, dans le cadre de notre partenariat, nous offre ce service de contrôle.
Mon rôle est de maintenir et de coordonner les liens entre toutes les parties intéressées au projet.
Compte tenu des distances et de l’isolement géographique, je continue de croire que le public qui a largement et généreusement contribué au financement de cette opération doit être aussi tenu au courant.
Ce blog me permet de garder ce contact.
Aux quelques endroits où les cloisons ont été dégagées, j’ai remarqué que – et ceci malgré le traitement anti-termite que nous effectuions semestriellement – les insectes n’avaient pas disparus pour autant : les murs (pourtant en béton et sans terre ou argile) sont remplis de galeries de termites. On les voit bien sur ces deux photos ci-dessous car les galeries sont d’une couleur marron bien distincte.
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3 nov. 2012
Après deux mois d’hiver particulièrement venteux et humide, l’été revient en fanfare … et avec lui les ouvriers sur le site des appartements des généraux.
Ils ont installé les échafaudages et ont commencé à déposer la toiture…
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17 nov. 2012
Avec l’été qui s’installe, les travaux à Longwood progressent bien.
D’ici la fin du mois de novembre, l’ensemble des toitures des appartements de la famille Montholon, du Dr. O’Meara, du général Gourgaud et de l’officier d’ordonnance seront découvertes. Les charpentes métalliques seront entreposées à Longwood. En effet, l’artisan en charge du dossier estime pouvoir réutiliser un à deux tiers de l’ensemble.
Les murs de l’appartement Gourgaud semblent être en grande partie préservés des effets de la corrosion.
David Taylor (l’architecte en charge du suivi sur place des travaux) m’a confié que ces matériaux sont « de la plus exécrable qualité qu’il [lui ait] été donné de voir durant [sa] carrière de 43 ans dans la construction ». Il pense que ceci est dû au fait que les constructeurs de l’époque [1933] pensaient qu’ils pouvaient se passer de ciment car la structure métallique serait suffisante pour maintenir l’équilibre de l’ensemble.
Comme David Taylor précédemment, dans le cadre de notre partenariat, il contrôle sur place l’avancement de travaux et nous honore de ses conseils.
Après une première visite sur le site, une des choses qui a attiré son attention, c'est la nature argileuse très lourde du sol sur laquelle avions prévu de verser nos fondations.
L’eau semble s’accumuler et ne pourra pas s’échapper sous les fondations une fois qu'elles seront coulées. Il redoute d’importantes « déformations » car le sol se soulèvera et se rétrécira selon les saisons.
Sa crainte principale concerne les fondations du mur du milieu qui se situera entre les appartements Montholon et les cuisines et toilettes. Ces fondations sont incroyablement insignifiantes (à peine 300 mm) et d’aucune façon pourront soutenir les deux toitures qui devraient y reposer.
Il faut complétement reprendre ces fondations…
Nous avions presque cru que c’était bon, mais…
…après vérifications par l’architecte des fondations existantes, il s’avère que la façon dont elles ont été coulées en 1933 est parfaitement inappropriée surtout si on veut que ce bâtiment puisse perdurer.
D’après les relevés pris par l’architecte James Stewart qui n’économise pas son temps sur le projet, les fondations ont été coulées de façon très hétérogène [et de toutes évidences très vite] car si elles sont friables c’est que le béton a été déposé sans que les artisans aient pris le temps de tasser– ne serait-ce que par une pelle – le béton pauvre en ciment.
Mais il y a pire : tout indique qu’en 1933, les tranchés ont été creusées sans souci du niveau de déclivité du terrain. Le résultat est qu’en des endroits (surtout du côté est) les fondations ne sont profondes que de 30 cm alors qu’en d’autres endroits, elles atteignent une profondeur de 120 cm.
De plus, et c’est ce qui encore plus inquiétant, le coulage du ciment a été fait en plusieurs fois… par couches qui n’ont aucune cohésion entre elles.
Résultat : non seulement les murs ont dû être déposés, mais maintenant ce sont les fondations qu’il faut reprendre dans leur ensemble.
C’est l’étape la plus importante de toute la construction et pourtant c’est la plus ingrate car elle est la moins visuelle.
Après les fondations pour lesquelles 82 m3 de béton ont été utilisés, la dalle de béton de l’ensemble des appartements Montholon et O’Meara a été coulé.
Une chose est évidente : ce sera un très bel espace dont le sol sera recouvert par un plancher de bois d’iroko massif posé en hourdis creux sur toute la surface.
| Michel Jantzen s’est rangé à notre opinion que les murs de l’appartement Las Cases sont aussi à détruire et les fondations à repenser. |
Rappel nécessaire à l’attention de ceux qui ont manqué le début de cette opération de restauration de la partie de Longwood House occupée par les compagnons de l’exil :
Voici à quoi ressemblaient les appartements des
généraux en 1821 (détail de l’aquerelle d’Ibbetson)
Copie du projet de Michel Jantzen - Architecte en Chef des Monuments Historiques Honoraire
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Ce fut notre objectif en 2011 et il demeure celui d’aujourd’hui car Longwood House est et restera un lieu de mémoire.
8 avr. 2013
Comme convenue, la démolition de l’aile Las Cases qui date de 1933 a eu lieu.
Voici, en guise de journal, les photographies que j’ai prises durant ces dernières trois semaines.
8 avr. 2013
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Les travaux de restitution des appartements Las Cases commencent bien… aidés en cela par un été qui ne s’achève toujours pas. Cette météo clémente facilite grandement le bon déroulement des travaux. Nous ne pouvions espérer de meilleures conditions de travail.
Incroyable pour Longwood.
En creusant ces soubassements, nous avons pu remarquer – et apprécier – combien les bases des bâtiments qui constituent les appartements de l’Empereur étaient profondes, solides et saines.
Toujours aidé par la sécheresse, les fondations ont pu être coulées dans les meilleures conditions possibles.
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