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vendredi 5 juin 2026

Journal de la restauration de Longwood House (appartements des généraux) de septembre 2012 à avril 2013

 Le suivi du chantier.

4 sept. 2012

 




les travaux à Longwood. J’ai rencontré hier David Taylor, l’architecte urbain du Gouvernement de Sainte-Hélène et son collègue, Nico Ellick (inspecteur des bâtiments, afin d’établir un calendrier des inspections à effectuer sur le chantier pendant les vingt prochains mois que dureront les travaux. Leur mission est de s’assurer sur place que l’artisan respecte bien les spécifications techniques de son contrat établies par Michel Jantzen, architecte en chef des Monuments historiques qui définit et suit le programme des travaux sur l’aile des généraux.



Le Gouvernement de Sainte-Hélène, dans le cadre de notre partenariat, nous offre ce service de contrôle.

Mon rôle est de maintenir et de coordonner les liens entre toutes les parties intéressées au projet.

Compte tenu des distances et de l’isolement géographique, je continue de croire que le public qui a largement et généreusement contribué au financement de cette opération doit être aussi tenu au courant.

Ce blog me permet de garder ce contact.



Les termites … encore et toujours 

Aux quelques endroits où les cloisons ont été dégagées, j’ai remarqué que – et ceci malgré le traitement anti-termite que nous effectuions semestriellement – les insectes n’avaient pas disparus pour autant : les murs (pourtant en béton et sans terre ou argile) sont remplis de galeries de termites. On les voit bien sur ces deux photos ci-dessous car les galeries sont d’une couleur marron bien distincte.




Bref le poison permettait de tenir les termites à distance des meubles, des lithographies et des livres mais ne les avait pas supprimées.

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3 nov. 2012



Après deux mois d’hiver particulièrement venteux et humide, l’été revient en fanfare … et avec lui les ouvriers sur le site des appartements des généraux.

Ils ont installé les échafaudages et ont commencé à déposer la toiture…




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17 nov. 2012

Avec l’été qui s’installe, les travaux à Longwood progressent bien.

D’ici la fin du mois de novembre, l’ensemble des toitures des appartements de la famille Montholon, du Dr. O’Meara, du général Gourgaud et de l’officier d’ordonnance seront découvertes. Les charpentes métalliques seront entreposées à Longwood. En effet, l’artisan en charge du dossier estime pouvoir réutiliser un à deux tiers de l’ensemble.







Dans la partie Gourgaud, nous avons découvert que les matériaux utilisés pour les plafonds étaient entièrement minés par les termites qui y pullulaient encore…  2 janv. 2013



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2 janv. 2013

Après quatre semaines sur les routes, je suis enfin de retour sur cette île toujours aussi paisible. Première chose que j’ai faite, c’est de monter à Longwood voir l’état d’avancement des travaux. 

 

Les murs de l’appartement Gourgaud semblent être en grande partie préservés des effets de la corrosion.




Contrairement aux appartements Montholon (photo ci-dessous), nous ne pensons pas nécessaire de reprendre les quatre murs qui en forme l’espace. Ceci est une bonne nouvelle car les planchers de chêne ne seront pas à déplacer. Seule une reprise des poutres métalliques encastrées seront nécessaires.



Afin de protéger ces planchers, nous avions bâché la toiture… nous étions sur ce point un peu trop optimiste car il n’a fallu que quelques jours pour que le vent arrache la bâche. Nous avons alors mis sur la toiture une couverture métallique très bon marché qui, je l’espère, durera les dix prochains mois.





L’état des murs des appartements des généraux est bien pire que nous l’avions envisagé. Les quelques rares pans que nous pensions pouvoir garder dans les appartements du docteur O’Meara et Montholon sont désormais à terre. Mais il y a pire. On se rend compte que même les sols et les fondations sont parfaitement inutilisables. Les fondations ne sont profondes que de 400 mm et faites d’un ciment d’une qualité incroyablement médiocre.


David Taylor (l’architecte en charge du suivi sur place des travaux) m’a confié que ces matériaux sont « de la plus exécrable qualité qu’il [lui ait] été donné de voir durant [sa] carrière de 43 ans dans la construction ». Il pense que ceci est dû au fait que les constructeurs de l’époque [1933] pensaient qu’ils pouvaient se passer de ciment car la structure métallique serait suffisante pour maintenir l’équilibre de l’ensemble.



Le résultat est qu’aujourd’hui il nous faut casser toute la surface du sol pour reprendre, dans sa totalité, les fondations et les dallages… 


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22 janv. 2013
James Stewart vient d’arriver à Sainte-Hélène. Il est employé par le Gouvernement de Sainte-Hélène en qualité d’ingénieur-architecte [Architectural Conservation and Development Officer]. Entre autres fonctions, il doit dessiner et être le maître d’œuvre des travaux de rénovation [modernisation] et des agrandissements de l’hôpital de l’île.


Comme David Taylor précédemment, dans le cadre de notre partenariat, il contrôle sur place l’avancement de travaux et nous honore de ses conseils.

Après une première visite sur le site, une des choses qui a attiré son attention, c'est la nature argileuse très lourde du sol sur laquelle avions prévu de verser nos fondations.




L’eau semble s’accumuler et ne pourra pas s’échapper sous les fondations une fois qu'elles seront coulées. Il redoute d’importantes « déformations » car le sol se soulèvera et se rétrécira selon les saisons.

Sa crainte principale concerne les fondations du mur du milieu qui se situera entre les appartements Montholon et les cuisines et toilettes. Ces fondations sont incroyablement insignifiantes (à peine 300 mm) et d’aucune façon pourront soutenir les deux toitures qui devraient y reposer.

Il faut complétement reprendre ces fondations…




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24 janv. 2013

Nous avions presque cru que c’était bon, mais…

…après vérifications par l’architecte des fondations existantes, il s’avère que la façon dont elles ont été coulées en 1933 est parfaitement inappropriée surtout si on veut que ce bâtiment puisse perdurer.

D’après les relevés pris par l’architecte James Stewart qui n’économise pas son temps sur le projet, les fondations ont été coulées de façon très hétérogène [et de toutes évidences très vite] car si elles sont friables c’est que le béton a été déposé sans que les artisans aient pris le temps de tasser– ne serait-ce que par une pelle – le béton pauvre en ciment.

Mais il y a pire : tout indique qu’en 1933, les tranchés ont été creusées sans souci du niveau de déclivité du terrain. Le résultat est qu’en des endroits (surtout du côté est) les fondations ne sont profondes que de 30 cm alors qu’en d’autres endroits, elles atteignent une profondeur de 120 cm.

De plus, et c’est ce qui encore plus inquiétant, le coulage du ciment a été fait en plusieurs fois… par couches qui n’ont aucune cohésion entre elles.

Résultat : non seulement les murs ont dû être déposés, mais maintenant ce sont les fondations qu’il faut reprendre dans leur ensemble.



En d’autres mots, ce que l’on voit sur cette photographie doit être refait…



Les travaux d’excavation des fondations ont commencé. Et nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir pris cette décision car, comme on le voit clairement sur ces photos, elles étaient d’une profondeur bien insuffisante et surtout elles confirment le diagnostic de l’architecte James Stewart sur la pauvreté des matériaux employés lors de la restauration de 1933.





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30 janv. 2013

Hier, lorsqu'ils ont déterré les premiers tronçons des fondations coulées en 1933, elles sont sorties de terre comme un millefeuille… les craintes de l’architecte, James Stewart, étaient bien justifiées.




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7 févr. 2013
Les fondations des bâtiments à reconstruire sont en train d’être creusées. C’est la partie des travaux la plus ingrate mais aussi la plus importante. Le moins que l’on puisse dire est que nous ne prenons aucun risque qui pourrait compromettre la pérennité du bâtiment. Un drain (que l’on appelle ici « French drain ») sera aussi, (par mesure de sécurité) employé.

vue du chantier vers le nord



vue du chantier vers le sud

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16 févr. 2013

Et voilà, nous y sommes. Mardi ou mercredi prochain nous coulons les fondations de l’aile dite des généraux de Longwood House. Les tranchées ont été creusées à 1,5 mètre de profondeur afin de pouvoir mettre l’ensemble de la construction sur un seul niveau. Les armatures sont en train d’être posées.



C’est l’étape la plus importante de toute la construction et pourtant c’est la plus ingrate car elle est la moins visuelle.


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4 mars 2013

Ce matin, alors que je m’apprête à aller chercher Michel Jantzen [l’Architecte en Chef des Monuments Historiques Honoraire qui est le maître d’œuvre du projet de restauration des appartements des généraux] sur les quais de Jamestown, je me dépêche de mettre à jour ce blog afin de partager avec vous les photographies du chantier prises durant la semaine dernière.



Après les fondations pour lesquelles 82 m3 de béton ont été utilisés, la dalle de béton de l’ensemble des appartements Montholon et O’Meara a été coulé.




Une chose est évidente : ce sera un très bel espace dont le sol sera recouvert par un plancher de bois d’iroko massif posé en hourdis creux sur toute la surface.


Sous la dalle, un produit anti-termite répondant aux normes sanitaires européennes a été généreusement déversé.



L’artisan s’attache particulièrement à ce que l’ensemble de ces nouveaux bâtiments qui seront liés avec ceux dont les fondations ne seront pas à reprendre soient tous sur un même niveau. Plus de marches entre les appartements Las Cases, des officiers d’ordonnance anglais, Montholon, O’Meara et Gourgaud.

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4 mars 2013
L’architecte en Chef des Monuments Historiques Honoraire, Michel Jantzen est arrivé à Sainte-Hélène le 4 mars pour inspecter les travaux effectués ces derniers huit mois. Il était accompagné de son assistante, Isabelle Barbett-Desmazières.
Ils sont repartis le 12 mars au matin.

Michel Jantzen et Isabelle Barbett-Desmazières avec John Isaac et deux de ses employés (Alwyn &).


Avec la construction de l’aéroport, les logements sont devenus très rares sur l’île. Nous sommes vraiment heureux d’avoir pu leur offrir l’hospitalité du Pavillon des Briars que nous avions restauré en 2011 et 2012.



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16 mars 2013

Après les appartements O’Meara et Montholon, nous entamons les travaux à l’aile Las Cases. Nous avons retardé le début des travaux de cette partie de Longwood House pour que Michel jantzen [l’architecte maitre de l’ouvrage] puisse prendre une décision sur les lieux mêmes car nos premiers sondages indiquaient un état de délabrement bien plus important du bâtiment existant que ce qu’il avait escompté lorsqu’il avait conçu son projet architectural il y a trois ans maintenant.
Pire que pour l’appartement Montholon, et comme nous pouvons le constater sur cette photographie, les poutres métalliques avaient été posées à même la terre…

Michel Jantzen s’est rangé à notre opinion que les murs de l’appartement Las Cases sont aussi à détruire et les fondations à repenser.




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19 mars 2013

 

Rappel nécessaire à l’attention de ceux qui ont manqué le début de cette opération de restauration de la partie de Longwood House occupée par les compagnons de l’exil :

Voici à quoi ressemblaient les appartements des généraux en 1821 (détail de l’aquerelle d’Ibbetson)


Voici à quoi les bâtiments devraient ressembler en 2014, à la fin des travaux actuellement en cours.

Copie du projet de Michel Jantzen - Architecte en Chef des Monuments Historiques Honoraire

 


Ce fut notre objectif en 2011 et il demeure celui d’aujourd’hui car Longwood House est et restera un lieu de mémoire. 



8 avr. 2013

Comme convenue, la démolition de l’aile Las Cases qui date de 1933 a eu lieu.

Voici, en guise de journal, les photographies que j’ai prises durant ces dernières trois semaines.















8 avr. 2013



Sous la maison, nous avons découvert une fosse septique qui y avait été placée en 1933. Elle est encore remplie d’eau stagnante.


Je ne suis pas un architecte ni un constructeur, mais vraiment !? … placer une fosse septique sous le dallage du lieu d’habitation lorsqu’on dispose d’un hectare de jardins autour de la maison… et qu’en plus, on veut isoler le bâtiment de l’humidité. Bref, pour ceux qui doutaient encore du bienfondé de la démolition du bâtiment, voici maintenant un argument imparable ! Qu’aurions-nous dû faire pour supprimer cette cuve d’eau située sous les murs ?

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25 avr. 2013


Les travaux de restitution des appartements Las Cases commencent bien…  aidés en cela par un été qui ne s’achève toujours pas. Cette météo clémente facilite grandement le bon déroulement des travaux. Nous ne pouvions espérer de meilleures conditions de travail.

Incroyable pour Longwood.





Après avoir enlevé les citernes qui – pour des raisons défiant toute logique – avaient été placées sous la maison en 1933, les fondations ont pu être dessinnées et creusées.


En creusant ces soubassements, nous avons pu remarquer – et apprécier – combien les bases des bâtiments qui constituent les appartements de l’Empereur étaient profondes, solides et saines.



Toujours aidé par la sécheresse, les fondations ont pu être coulées dans les meilleures conditions possibles.









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