Le projet retenu
par le Ministère des Affaires Étrangères et Européennes (avec les domaines
français de Sainte-Hélène dont ils dépendent) et la Fondation Napoléon suit de
très près les recommandations faites par M. Michel JANTZEN dont voici des
extraits et des plans[1]
:
« En 1933, le
programme était celui d’un logement de fonction, il s’agissait de loger le
responsable du site afin de libérer la totalité des appartements de l’empereur.
Les locaux
créés devenaient en quelque sorte privatifs sans programme d’accueil, ni de
présentation au public. Il en résulte le découpage d’un appartement dont le
long couloir n’est pas sans rappeler les dispositions d’un appartement parisien
du XIXe siècle, y compris dans la position de la cuisine au lointain.
Aujourd’hui le
programme est celui d’espaces de présentation pouvant accueillir des groupes,
voire des réceptions ou des manifestations ouvertes au public.
Dans ces
conditions, les visiteurs seront plus curieux sinon d’un état d’origine au
moins d’une présentation plus en rapport avec l’histoire.
Plusieurs
solutions s’offrent à nous pour restituer non pas un aspect qui nous est à peu
près inconnu, mais des volumes correspondant à ce que pouvaient être les lieux
de vie en 1821[2].
»
« Après les
premières études réalisées, et reprenant la mise au point des différents
éléments du programme, je propose le principe de plan suivant :
Adossement d’une
aile de service sur la façade Sud du bâtiment principal. Cette solution simple
permet de recouvrir pour sa plus grande partie la façade la plus exposée aux
intempéries sans pour autant la démolir. Isolée par rapport à l’extérieur, les
phénomènes de corrosion qui s’y développent seront arrêtés.
Préalablement à
la construction adossée, les poteaux les plus altérés seront passivés par un
enduit ciment. La construction ajoutée sera indépendante structurellement des
parties existantes, cette disposition permet par ailleurs une bonne isolation
phonique entre les salons et les services.
L’ensemble des
façades exposées au Sud et à l’Est sur lesquelles les percements créés sont
réduits au juste nécessaire, recevront un bardage extérieur en tôle d’aluminium
teinté.
Le volume des
couvertures sera disposé dans le sens longitudinal, deux chéneaux encaissés
seront ainsi supprimés. Cette simplification permet plus aisément l’emploi
d’une couverture métallique (aluminium teinté) par bacs de grande longueur sans
joints transversaux et reposant directement sur les pannes d’où l’économie de
chevronnage et de voligeage.
Intérieurement,
la vocation de salles d’exposition et de réception conduit à supprimer la
plupart des refends ; il en résulte un vaste volume ponctué d’éléments
structurants indispensables à la bonne tenue du bâtiment.
Aspect
historique :
L’aile dite des «
Généraux », construite par l’architecte Marcel Gogois en 1933, reprend dans son
plan des dispositions inspirées du plan dressé par le jeune Las Cases, qui
semble le document le plus crédible pour l’implantation des volumes anciens.
Hormis l’ajout d’une aile adossée, le plan aujourd’hui proposé respecte la
périphérie des volumes construits.
La principale
modification concerne les toitures :
Le projet Gogois
paraît s’être inspiré d’un dessin de Basil Jackson réalisé sur place en 1818 ;
c’est-à-dire à peu près contemporain du plan Las Cases (sans qu’il y ait
cependant concordance entre ces deux documents). Cette gravure présente des
dispositions proches de l’état actuel, mais outre que d’autres gravures de la
même période montrent des formes différentes, l’organisation de ces toitures
est fortement contraire à leur bonne étanchéité.
Si l’on peut
faire foi aux quelques témoignages des exilés sur ce point, les fuites seraient
historiques, mais pour autant doit-on toujours les subir ?
Il serait donc
regrettable de maintenir un état qui n’emprunte à l’histoire que des apparences
contestables plutôt que de proposer des formes plus simples, mieux adaptées au
climat et plus conforme à la logique architecturale. »
« Dans le plan du
5 janvier 2009 (projet de restructuration des logements des Généraux), il était
prévu un habillage en pan de bois de la totalité de la façade Ouest. Après
examen de différentes représentations et du plan Las Cases, il semble que seule
la partie Nord-Ouest ait été construite plus légèrement. La partie dite «
Montholon » paraissant dès l’origine faite de grosse maçonnerie. Je propose
donc de limiter l’évocation du pan de bois à la partie Nord-Ouest en recréant
les six baies de cette façade qui sont constantes dans l’iconographie ancienne.
Serait ajoutée une guérite d’entrée telle que représentée sur différents
dessins et selon une tradition qui semble s’être maintenu à Sainte- Hélène.[3]
»
[1] Un grand
merci à Michel JANTZEN, Architecte en Chef des Monuments Historiques Honoraire
et au Ministère des Affaires Étrangères et Européennes qui m’ont très
aimablement autorisé à reproduire les extraits de ce rapport.
[2] ÉTUDE
PATRIMONIALE ET DE RÉNOVATION DES DOMAINES NATIONAUX DE SAINTE-HÉLÈNE LONGWOOD
HOUSE - Novembre 2008 – Février 2009 –
[3] ÉTUDE – PAT (Projet
Architectural et Technique) pour la rénovation des domaines nationaux LONGWOOD
– Mars 2010
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