Translate

Instagram + site institutionnel

dimanche 8 février 2026

Fermeture de l'aéroport de Sainte-Hélène suite à un incident majeur #1



 L’aéroport de Sainte‑Hélène est actuellement partiellement fermé aux vols commerciaux en raison d’un problème de sécurité lié aux véhicules de lutte contre l’incendie, ce qui a conduit à l’annulation de tous les vols Airlink au moins jusqu’au 20 février 2026.

Nature du problème

  • Les autorités ont constaté un manque de fiabilité des véhicules de secours incendie (« fire tenders »), essentiels pour la sécurité des opérations aériennes.

  • Le régulateur aérien doit donc rétrograder l’aéroport en‑dessous de la catégorie 6, le niveau requis pour les vols réguliers d’Airlink.

Conséquences sur les vols

  • Airlink a suspendu tous ses vols vers et depuis Sainte‑Hélène « avec effet immédiat », en parlant de « difficultés opérationnelles » à l’aéroport.

  • Le gouvernement de Sainte‑Hélène indique que ces annulations devraient concerner tous les vols au moins jusqu’au 20 février 2026, avec une réévaluation ensuite.

Situation locale et gestion de crise

  • Le « St Helena Resilience Forum » a déclaré un « Major Incident » (incident majeur), ce qui donne la conduite des opérations au Chief Secretary avec une cellule de crise dédiée.

  • Les autorités étudient si les évacuations médicales (medevacs) pourront continuer et affirment que aucun avion ne volera tant que les normes de sécurité ne seront pas pleinement respectées.

Si vous avez un vol réservé

  • Les passagers sont invités à contacter Solomons (l’agent local) ou Airlink pour les modifications de réservation et l’assistance.

  • Airlink redirige les clients vers son service de réservation téléphonique ou leurs agences de voyage habituelles.

  •  

    ___________________________________________________________________________

     


    The St Helena Government regrets to inform the public that St Helena Airport is currently unable to operate as normal. Following technical assessments, the aviation regulator is expected to confirm that the airport must be downgraded from Category 6. This decision is based on fixed international safety requirements and a lack of confidence in the operational readiness of the fire tenders, meaning the airport cannot safely support standard flight operations at this time.

    A downgrading from Category 6 means Airlink will not operate. As such Airlink flights will be cancelled until the issue can be resolved. We believe at this stage that this will affect all flights until at least 20 February. We will keep future flights under review until we can give certainty around the resumption of business as usual. We are working to confirm whether medical evacuation flights will be affected.

    We recognise that this will affect many people, including those with upcoming travel plans, those expecting visitors and individuals with urgent medical needs that require travel off-Island. We know this will cause concern and we are deeply aware of the disruption this situation creates for families, businesses and the wider community.

    We are working urgently with all stakeholders to understand the full impact. This includes close cooperation with Airlink, Solomons and other partners so that we can address questions, provide clarity where possible and ensure that advice and updates are consistent and timely.

    Our priority is to restore normal operations as quickly and safely as possible. We are assessing all available options. No aircraft will operate until we are fully confident that the airport meets the safety standards required to keep passengers, crew and staff safe.

    In response to this situation, a Major Incident has been declared. This means that the Chief Secretary has assumed control as Gold Commander and is directing the response to this incident through a Gold Command group comprising key stakeholders. The Chief Secretary will keep Executive Council informed and ensure public messaging is updated. Operational contact points will be shared as soon as possible.

    As we receive further information we will share it with the public and will continue to work with partners to explore all possible solutions for those affected.

    We thank everyone for their patience and understanding while we work to resolve this situation.

    For those with flight bookings, please contact Solomons or Airlink:

    Solomons phone: 22523

    Solomons email: flights@solomons.co.sh

     

jeudi 22 janvier 2026

22 janvier 1957 – Le Prince Philip à Longwood

 Le 22 janvier 1957, le Prince Philip, duc d’Édimbourg, visitait Longwood House.




Sur les photographies conservées, on le voit parcourir les jardins et les abords de la maison en compagnie de Gilbert Martineau, alors directeur des Domaines nationaux français à Sainte-Hélène.

Dix ans seulement après la visite royale de 1947, Longwood portait encore les traces d’un entretien difficile. Le site demeurait exposé aux vents du plateau, à l’humidité persistante, à l’isolement logistique de l’île.

La présence de Gilbert Martineau sur ces images rappelle qu’au-delà des visites officielles, la véritable permanence résidait dans la vigilance quotidienne.

Les souverains passent.
Les directeurs se succèdent.
Le lieu demeure.



Entre 1947 et 1957, entre l’état fragile d’après-guerre et les restaurations progressives, Longwood traversait une phase charnière de son histoire.

Ces photographies en témoignent avec simplicité :
une maison modeste, un jardin discipliné, un plateau battu par les nuages — et la continuité d’une mission.



À Sainte-Hélène, la mémoire n’est jamais spectaculaire.
Elle s’inscrit dans la durée.

Longwood demeure.

jeudi 8 janvier 2026

Autre exil: celui de Dinuzulu kaCetshwayo

L’histoire de Dinuzulu kaCetshwayo croise celle de Sainte-Hélène de manière plus profonde et plus humaine qu’on ne l’imagine souvent. Fils du roi Cetshwayo, dernier souverain zoulou officiellement reconnu par les Britanniques, Dinuzulu naît en 1868 dans un monde déjà fragilisé par la défaite et la fragmentation du royaume zoulou à l’issue de la guerre anglo-zouloue. Son destin est celui d’un héritier menacé, déplacé, puis progressivement enfermé dans les logiques coloniales de l’exil.


Dinuzulu kaCetshwayo


Trop jeune pour succéder à son père à la mort de celui-ci, Dinuzulu est d’abord soustrait au danger et mis à l’abri dans le Transvaal. Autour de lui, alliances, rivalités et calculs politiques redessinent une géographie instable du pouvoir. Reconnu roi après la victoire d’Etshaneni en 1884, il demeure néanmoins sous surveillance constante, soupçonné d’incarner une continuité dynastique que l’autorité coloniale souhaite précisément dissoudre.

C’est dans ce contexte que s’inscrit son exil à Sainte-Hélène, prononcé après les troubles zoulous de la fin des années 1880. En mars 1890, Dinuzulu débarque à Jamestown avec ses oncles, des membres de leur entourage, des épouses, des serviteurs et quelques effets personnels qui disent déjà la singularité de cette relégation : des animaux, des instruments de musique, des objets de la vie quotidienne. L’exil n’est pas ici une cellule, mais un éloignement total, une mise à distance du monde d’origine.

À Sainte-Hélène, Dinuzulu n’est ni enfermé ni isolé. Il circule, rencontre, se mêle à la population locale. Il devient même une figure populaire. Des mariages ont lieu entre membres de sa suite et des habitantes de l’île ; des enfants naissent. Deux d’entre eux, morts en bas âge, reposent encore aujourd’hui dans le cimetière de St Paul’s, inscrivant matériellement la mémoire zouloue dans le sol hélénien. Peu de destins illustrent avec autant de force la manière dont Sainte-Hélène devient, au fil du XIXᵉ siècle, une île-archive des empires.

L’exil dure près de huit ans. Lorsqu’il quitte finalement l’île en décembre 1897, son entourage s’est agrandi, et l’expérience l’a profondément transformé. Les témoignages contemporains, parfois marqués par un regard colonial condescendant, soulignent néanmoins l’empreinte durable de ce séjour. Sainte-Hélène n’a pas été une parenthèse neutre : elle fut un temps de recomposition personnelle, familiale et politique.

De retour en Afrique australe, Dinuzulu ne retrouvera jamais pleinement sa place. Accusé d’avoir soutenu indirectement la révolte de Bambatha en 1906, jugé, condamné puis partiellement gracié, il meurt en 1913, à quarante-cinq ans seulement. Son fils Solomon, né à Sainte-Hélène en 1891, lui succède symboliquement, rappelant que l’exil hélénien ne fut pas un simple épisode, mais un moment fondateur de la continuité dynastique zouloue.

À travers Dinuzulu, Sainte-Hélène apparaît une fois encore comme un lieu d’exil, de mémoire et de transmission, où se croisent les trajectoires de souverains déchus, d’empires en recomposition et de familles déplacées. L’île ne conserve pas seulement les traces de Napoléon : elle garde aussi celles d’un roi africain, dont le destin, arraché à son territoire, s’est inscrit durablement dans le paysage humain et funéraire hélénien.

________________________


Ce collier, dont subsistent aujourd’hui quelques perles de bois, appartenait à Dinuzulu kaCetshwayo, roi zoulou et ancien exilé de Sainte-Hélène. Objet modeste en apparence, il condense pourtant une histoire complexe de pouvoir, de dépossession et de transmission.

Dans les années 1920, Baden-Powell remit à son adjoint, Sir Percy Everett, un ensemble de six perles de bois provenant du collier originel de Dinuzulu. Il s’agissait d’un geste symbolique fort : ces perles répondaient à celles portées par le Chief Scout lui-même, inscrivant un héritage africain, arraché à son contexte royal, dans une nouvelle chaîne de commandement et de rites.

En 1949, Percy Everett transmit à son tour ces six perles à John Thurman, alors Camp Chief, avec pour consigne qu’elles soient remises, le moment venu, à son successeur. Depuis lors, ces fragments circulent comme une relique discrète, détachée de leur origine première mais toujours chargée de mémoire.

À travers ces perles, c’est une part de l’histoire de Dinuzulu qui continue de voyager : celle d’un roi vaincu, déplacé, exilé à Sainte-Hélène, puis progressivement absorbé par les récits et les institutions de l’Empire. Comme souvent, l’objet survit à l’homme — et, silencieusement, il témoigne.



Les Domaines nationaux français de Sainte-Hélène conservent par ailleurs un autre témoignage matériel de cet exil : le fauteuil sur lequel Dinuzulu prenait place durant son séjour sur l’île. Cet objet, d’une grande force symbolique, est aujourd’hui présenté en dépôt au musée de Jamestown, où il rappelle silencieusement la présence du souverain zoulou à Sainte-Hélène et l’inscription durable de son histoire dans le paysage hélénien.

À travers ces objets — perles de bois et fauteuil d’exil — c’est une part de l’histoire de Dinuzulu qui continue de voyager : celle d’un roi déplacé, observé, puis peu à peu absorbé par les récits de l’Empire. Comme souvent, l’objet survit à l’homme. Et, sans bruit, il témoigne.



jeudi 27 novembre 2025

Le cottage de l'esclave Toby - Journal d'une restauration #11

Ce mercredi 26 novembre, nous avons offert un déjeuner à toutes les personnes ayant contribué aux travaux de rétablissement du cottage. Au menu figuraient quelques-uns des plats les plus emblématiques et traditionnels de la cuisine de Sainte-Hélène préparés par le chef Julian, parmi lesquels le fameux plow et, surtout, le porc salé.

Tout a été préparé au cottage, sur le grill de la cuisine bien entendu, mais aussi — comme toujours sur l’île — dans un bidon converti en braii, fidèle compagnon de toutes les fêtes héléniennes.










Comme il fallait s’y attendre, plusieurs convives ont partagé sur leurs réseaux sociaux quelques photographies de ce moment chaleureux. C’est à la suite de ces publications qu’un article a été rédigé sur le site sthelenaonline.org









lundi 13 octobre 2025

Le cottage de l'esclave Toby - Journal d'une restauration #08

Voici enfin achevé le gros œuvre de la restauration du cottage de l’esclave Toby.
Longtemps enseveli sous les herbes et l’oubli, l’humble demeure a retrouvé sa silhouette première.
Les mains patientes des artisans, sous la direction de John I Isaac, ont redonné souffle à ses murs, et le chaume, tel un voile ancien, est revenu coiffer la toiture.

Mieux que des mots, ces photographies racontent la résurrection d’un lieu de mémoire — simple, fragile, mais infiniment vivant.

Prochaines étapes : redonner vie aux jardins alentour et recréer, à l’intérieur, l’esprit des modestes foyers d’autrefois.



















___________________________________________________________________________

En supplément, quelques photographies de la collecte des herbes, celles-là mêmes qu’on coupait jadis pour en faire le chaume des toitures, et de leur pose, selon les gestes transmis d’une génération à l’autre.

Ces images témoignent d’un savoir-faire ancestral, ressuscité le temps d’un chantier où chaque brin d’herbe a retrouvé sa place dans l’histoire.





________________________________________________________________________

Et premiers éléments de mobiliers présents dans les maisons des Héléniens jusqu'au milieu des années 1950.