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vendredi 5 juin 2026

10 janv. 2012 - Signature du contrat pour la restauration de Longwood House

 10 janv. 2012

Signature du contrat pour la restauration de Longwood House

 

Comme Victor-André Masséna, Président de la Fondation Napoléon, nous l’a annoncé officiellement le 16 décembre 2011 (voir lettre ci-dessous), la restauration-reconstruction de l'aile des généraux va bientôt pouvoir commencer.

L’entreprise locale désignée pour entreprendre les travaux est « Isaac’s Construction ». Son directeur, John Ivan ISAAC, a signé le contrat le 5 janvier 2012.

Il me faut maintenant attendre la prochain bateau (la semaine prochaine !) pour faire suivre ce contrat pour signature à l’Ambassade de France à Pretoria dont les domaines dépendent. L’isolement de Sainte-Hélène ne peut qu’engendrer des délais de procédures… 


John Ivan ISAAC signant le contrat de restauration de Longwood House




SAUVER LA MAISON DE NAPOLEON A SAINTE-HELENE : UN GRAND PAS

 

Le 8 décembre dernier, nous avons annoncé les résultats provisoires de la souscription « Sauver la Maison de Napoléon à Sainte-Hélène ». Ils sont très encourageants et permettent d'envisager la profonde restauration dont ont besoin les Domaines français de Sainte-Hélène.

 

Au 1er décembre 2011, la souscription avait rapporté 1 022 551 d'euros, ce qui n'est pas mince. Les dons se répartissaient entre des institutions partenaires (Fondation Napoléon, Souvenir napoléonien et Fondation du Patrimoine) pour 200 000 euros, ceux des autres personnes morales (entreprises et associations) pour 134 465 euros et ceux des particuliers, pour 688 086 euros.

Dès à présent, le financement de la restauration-reconstruction de l'aile des généraux est bouclé : 700 000 euros venant de la souscription et 700 000 euros du ministère des Affaires étrangères et européennes.

 

Compte tenu du succès actuel de la souscription, il a été décidé d'entreprendre la restauration immédiate de l'intérieur des appartements de l'Empereur. Tapisseries, tapis et tentures seront restaurés ou remplacés autant que de besoin. Une somme de 50 000 euros est d'ores et déjà mise à la disposition des Domaines. La première pièce concernée est le salon où est mort Napoléon Ier, le 5 mai 1821.

Le reliquat des sommes collectées et celles qui le seront encore d'ici la clôture de la souscription (juin 2012) seront consacrés à la restauration du mobilier, soit environ 150 pièces authentiques. Cette opération nécessitera le transfert des meubles en France. Une fois la restauration réalisée par les spécialistes des musées nationaux et avant leur retour à Sainte-Hélène, ces pièces émouvantes seront présentées au public, et en priorité aux souscripteurs, lors d'une grande exposition organisée par le Musée de l'Armée.

 

Comme nous nous y étions engagés, l'ensemble de l'opération sera accompagné d'une communication permanente et transparente. A partir de janvier, les comptes de recettes et dépenses seront mis en ligne sur le site

www.napoleon.org et régulièrement mis à jour. Le suivi des travaux fera lui aussi l'objet d'une information régulière sur notre site et presque en temps réel sur le blog tenu par M. Dancoisne-Martineau, conservateur des Domaines. Hors ces points réguliers, les souscripteurs pourront à tout moment nous demander des informations complémentaires, par courrier ou par courrier électronique. Il sera répondu à toutes les questions.

 

Enfin, nous informons les souscripteurs que les diplômes de donateur leur seront adressés à partir de janvier 2012.

 

Ceci étant dit, le succès de la souscription peut encore être amplifié. Elle restera ouverte jusqu'à la fin juin prochain, ce qui permettra à ceux qui le souhaitent de poursuivre les dons sur l'année fiscale 2012. Car chaque centime continue de compter, notamment pour le financement du transfert et de la restauration du mobilier et les éventuels accidents de chantier pour l'aile des généraux.

 

Ainsi, grâce à la mobilisation de près de 1 200 donateurs, nous pourrons tous ensemble réaliser la plus importante restauration de l'ensemble des bâtiments de Longwood depuis les années 1930. C'est une occasion unique de pérenniser ce patrimoine historique intimement lié à la mémoire napoléonienne et nationale.

 

A tous, merci de vos dons et merci de poursuivre la collecte.

 

Victor-André Masséna

Président de la Fondation Napoléon 

3 nov. 2010 - PROJET DE RESTRUCTURATION DES LOGEMENTS DITS DES GÉNÉRAUX

 


Le projet retenu par le Ministère des Affaires Étrangères et Européennes (avec les domaines français de Sainte-Hélène dont ils dépendent) et la Fondation Napoléon suit de très près les recommandations faites par M. Michel JANTZEN dont voici des extraits et des plans[1] :

« En 1933, le programme était celui d’un logement de fonction, il s’agissait de loger le responsable du site afin de libérer la totalité des appartements de l’empereur.

Les locaux créés devenaient en quelque sorte privatifs sans programme d’accueil, ni de présentation au public. Il en résulte le découpage d’un appartement dont le long couloir n’est pas sans rappeler les dispositions d’un appartement parisien du XIXe siècle, y compris dans la position de la cuisine au lointain.

Aujourd’hui le programme est celui d’espaces de présentation pouvant accueillir des groupes, voire des réceptions ou des manifestations ouvertes au public.

Dans ces conditions, les visiteurs seront plus curieux sinon d’un état d’origine au moins d’une présentation plus en rapport avec l’histoire.

Plusieurs solutions s’offrent à nous pour restituer non pas un aspect qui nous est à peu près inconnu, mais des volumes correspondant à ce que pouvaient être les lieux de vie en 1821[2]. »

 

 


« Après les premières études réalisées, et reprenant la mise au point des différents éléments du programme, je propose le principe de plan suivant :

Adossement d’une aile de service sur la façade Sud du bâtiment principal. Cette solution simple permet de recouvrir pour sa plus grande partie la façade la plus exposée aux intempéries sans pour autant la démolir. Isolée par rapport à l’extérieur, les phénomènes de corrosion qui s’y développent seront arrêtés.

Préalablement à la construction adossée, les poteaux les plus altérés seront passivés par un enduit ciment. La construction ajoutée sera indépendante structurellement des parties existantes, cette disposition permet par ailleurs une bonne isolation phonique entre les salons et les services.

L’ensemble des façades exposées au Sud et à l’Est sur lesquelles les percements créés sont réduits au juste nécessaire, recevront un bardage extérieur en tôle d’aluminium teinté.

Le volume des couvertures sera disposé dans le sens longitudinal, deux chéneaux encaissés seront ainsi supprimés. Cette simplification permet plus aisément l’emploi d’une couverture métallique (aluminium teinté) par bacs de grande longueur sans joints transversaux et reposant directement sur les pannes d’où l’économie de chevronnage et de voligeage.

Intérieurement, la vocation de salles d’exposition et de réception conduit à supprimer la plupart des refends ; il en résulte un vaste volume ponctué d’éléments structurants indispensables à la bonne tenue du bâtiment.

 

Aspect historique :

L’aile dite des « Généraux », construite par l’architecte Marcel Gogois en 1933, reprend dans son plan des dispositions inspirées du plan dressé par le jeune Las Cases, qui semble le document le plus crédible pour l’implantation des volumes anciens. Hormis l’ajout d’une aile adossée, le plan aujourd’hui proposé respecte la périphérie des volumes construits.

La principale modification concerne les toitures :

Le projet Gogois paraît s’être inspiré d’un dessin de Basil Jackson réalisé sur place en 1818 ; c’est-à-dire à peu près contemporain du plan Las Cases (sans qu’il y ait cependant concordance entre ces deux documents). Cette gravure présente des dispositions proches de l’état actuel, mais outre que d’autres gravures de la même période montrent des formes différentes, l’organisation de ces toitures est fortement contraire à leur bonne étanchéité.

Si l’on peut faire foi aux quelques témoignages des exilés sur ce point, les fuites seraient historiques, mais pour autant doit-on toujours les subir ?

Il serait donc regrettable de maintenir un état qui n’emprunte à l’histoire que des apparences contestables plutôt que de proposer des formes plus simples, mieux adaptées au climat et plus conforme à la logique architecturale. »

 

 


« Dans le plan du 5 janvier 2009 (projet de restructuration des logements des Généraux), il était prévu un habillage en pan de bois de la totalité de la façade Ouest. Après examen de différentes représentations et du plan Las Cases, il semble que seule la partie Nord-Ouest ait été construite plus légèrement. La partie dite « Montholon » paraissant dès l’origine faite de grosse maçonnerie. Je propose donc de limiter l’évocation du pan de bois à la partie Nord-Ouest en recréant les six baies de cette façade qui sont constantes dans l’iconographie ancienne. Serait ajoutée une guérite d’entrée telle que représentée sur différents dessins et selon une tradition qui semble s’être maintenu à Sainte- Hélène.[3] »



[1] Un grand merci à Michel JANTZEN, Architecte en Chef des Monuments Historiques Honoraire et au Ministère des Affaires Étrangères et Européennes qui m’ont très aimablement autorisé à reproduire les extraits de ce rapport.

[2] ÉTUDE PATRIMONIALE ET DE RÉNOVATION DES DOMAINES NATIONAUX DE SAINTE-HÉLÈNE LONGWOOD HOUSE - Novembre 2008 – Février 2009 –

[3] ÉTUDE – PAT (Projet Architectural et Technique) pour la rénovation des domaines nationaux LONGWOOD – Mars 2010


Hommage à Michel Jantzen (1er octobre 1931 – 23 août 2025)


Michel Jantzen aux Briars © Michel Dancoisne-Martineau, 2011

Hommage à Michel Jantzen (1er octobre 1931 – 23 août 2025)

Alors que se poursuit aujourd'hui la réflexion engagée autour du projet muséal de Longwood House, il nous paraît naturel de rendre hommage à Michel Jantzen, disparu le 23 août 2025, dont l'action a profondément marqué l'histoire récente des Domaines français de Sainte-Hélène.

Architecte en chef des Monuments historiques, inspecteur général des Monuments historiques, membre de l'Académie d'Architecture et ancien président d'ICOMOS France, Michel Jantzen appartenait à cette génération de grands serviteurs du patrimoine dont la carrière s'est confondue avec la sauvegarde de quelques-uns des monuments les plus emblématiques de France.

Après avoir mené d'importants chantiers à Paris, en province et outre-mer, il fut appelé en 2008 par le ministère des Affaires étrangères afin d'étudier l'état de Longwood House, dernière demeure de Napoléon à Sainte-Hélène. Derrière l'image familière du musée se cachait alors une réalité plus préoccupante : deux siècles de transformations successives avaient progressivement éloigné la maison de son état historique.

Avec la rigueur, la patience et l'intelligence qui le caractérisaient, Michel Jantzen entreprit un vaste travail de relevés, d'études et de recherches historiques. Son objectif n'était pas de recréer artificiellement une demeure disparue, mais de restituer au visiteur la compréhension la plus fidèle possible du Longwood de 1821.

Parmi les étapes majeures de cette ambitieuse entreprise figure la restitution, entre 2010 et 2011, des espaces connus sous le nom d'« aile des généraux ». Cette opération, conduite sous sa direction, fut rendue possible grâce à une souscription internationale exceptionnelle qui réunit plus de 1 700 souscripteurs privés et institutionnels à travers le monde. Le succès de cette mobilisation témoigna de l'attachement que continue de susciter le souvenir de Napoléon et de Longwood House.

Les travaux menés sous sa conduite permirent de redonner à ces espaces leur cohérence historique et muséographique. Ils constituent aujourd'hui encore l'un des éléments essentiels du parcours de visite.

L'œuvre de Michel Jantzen à Sainte-Hélène ne se limita cependant pas à cette seule opération. Entre 2013 et 2014, l'ensemble du programme de restauration qu'il avait conçu permit à Longwood House de retrouver, autant que possible, l'apparence qu'elle présentait au moment de la mort de Napoléon. Si l'authenticité matérielle de nombreux éléments avait depuis longtemps disparu, l'authenticité historique du lieu retrouvait alors toute sa force.

Ceux qui ont travaillé à ses côtés gardent le souvenir d'un homme d'une immense compétence, d'une grande sensibilité, toujours ouvert au dialogue, dont le calme et la tempérance impressionnaient autant que la profondeur des connaissances.

Afin de saluer sa mémoire et de rappeler cette aventure patrimoniale exceptionnelle, nous reproduirons dans les semaines à venir les principaux articles publiés à l'époque sur un blog spécialement consacré à cette opération. Aujourd'hui disparu, ce blog demeure un témoignage précieux de l'un des plus importants chantiers patrimoniaux réalisés à Longwood House depuis son acquisition par la France.

Au moment où s'ouvre une nouvelle étape de réflexion sur l'avenir du site, il est juste de rappeler que les projets d'aujourd'hui s'inscrivent dans une continuité. Ils doivent beaucoup à celles et ceux qui, avant nous, ont su préparer l'avenir sans jamais perdre de vue l'histoire.

Michel Jantzen fut assurément de ceux-là.

Michel Jantzen à Longwood © Michel Dancoisne-Martineau, 2011


P.S. Les prochains billets de ce blog seront consacrés à la republication des articles qui accompagnaient, presque mois après mois, les travaux de restauration de Longwood House conduits sous la direction de Michel Jantzen.

Ces textes étaient alors réunis sur un blog dédié aujourd'hui disparu. Ils constituent néanmoins un témoignage précieux sur l'une des plus importantes campagnes de restauration menées à Longwood depuis son acquisition par la France.

En les reproduisant ici, nous souhaitons non seulement rendre hommage à ceux qui ont porté ce projet, mais aussi conserver la mémoire d'une aventure patrimoniale qui a profondément transformé notre compréhension du dernier séjour de Napoléon à Sainte-Hélène.

vendredi 15 mai 2026

Hantavirus : quelques réflexions depuis Sainte-Hélène

Hantavirus : quelques réflexions depuis Sainte-Hélène


Vue sur Sandy Bay... le silence, le calme domine


Depuis quelques jours, le nom de Sainte-Hélène réapparaît dans les médias du monde entier au milieu de mots qui, depuis la Covid, éveillent immédiatement les mêmes imaginaires : virus, isolement, évacuations sanitaires, OMS, traçage international. À lire certains titres, on pourrait croire l’île replongée dans cette étrange atmosphère de sidération collective qui avait gagné la planète au printemps 2020.

Or, vue d’ici, la situation possède une tout autre couleur.

Il ne règne ni panique ni agitation visible. Tout au plus une vigilance calme, presque silencieuse. À ma grande surprise même, les Héléniens paraissent accueillir cette crise avec ce mélange de pragmatisme et de retenue que donnent les vies insulaires longtemps habituées à dépendre des vents, des navires, des retards de cargos, des pannes de générateurs ou des brusques colères de l’océan.

Les communiqués quotidiens du Gouvernement de Sainte-Hélène ont sans doute beaucoup contribué à cet état d’esprit. Dès les premières annonces, les autorités locales se sont attachées à expliquer, avec une remarquable clarté, qu’il ne s’agissait pas d’un « nouveau Covid », que l’Andes hantavirus demeurait une maladie rare, difficilement transmissible dans la vie sociale ordinaire et, surtout, susceptible d’être contenue grâce à des mesures précises de suivi et d’isolement.

Cette pédagogie constante a produit ici un effet presque inverse de celui observé dans certains grands pays saturés d’informations contradictoires : plus les autorités communiquaient, plus la population semblait rassurée.

Naturellement, chacun connaît la gravité potentielle de cette maladie. Les Héléniens savent que plusieurs passagers du MV Hondius sont morts. Ils savent également qu’un homme ayant débarqué à Sainte-Hélène fut probablement l’un des premiers maillons de cette chaîne de contamination. Mais ils savent aussi que, depuis le début de cette affaire, aucun cas suspect ni confirmé n’a été détecté sur l’île.

La vie a donc continué.

Les vingt-deux Français présents à Sainte-Hélène pour les cérémonies du 5 mai ont pu participer aux commémorations, parcourir l’île, séjourner à Longwood, se recueillir à la Tombe puis repartir sans jamais ressentir d’inquiétude particulière dans la population locale.

Paradoxalement même, ici, les longues coupures d’électricité qui ont affecté l’île durant plus d’une semaine ont probablement suscité davantage d’angoisses concrètes que le hantavirus lui-même. Dans une société insulaire, la perspective de voir les congélateurs s’arrêter, les communications vaciller ou les approvisionnements perturbés possède quelque chose d’immédiatement tangible que les menaces lointaines n’ont pas toujours.

Il faut peut-être vivre longtemps à Sainte-Hélène pour comprendre cette forme particulière de sang-froid. L’île entretient depuis toujours un rapport intime avec la fragilité. Tout y dépend d’équilibres précaires : la météo, les navires, les liaisons aériennes, les pièces détachées, les arrivages de nourriture ou de carburant. Les habitants savent instinctivement qu’il faut continuer malgré les imprévus. L’excès d’agitation ne change ni le vent ni la mer.

Cela ne signifie évidemment pas que la situation soit prise à la légère. Bien au contraire. Les mesures mises en place ont parfois été extrêmement strictes. Les personnes considérées comme « à haut risque » ont été isolées puis, pour certaines, transférées préventivement vers le Royaume-Uni afin de demeurer à proximité d’unités hospitalières spécialisées. Mais ces décisions elles-mêmes ont renforcé l’impression générale que la situation demeurait maîtrisée.

Ainsi, depuis Sainte-Hélène, ce qui surprend le plus est peut-être moins la présence du virus dans les conversations que l’écart entre l’emballement médiatique mondial et le calme presque immobile qui continue de régner sur ce petit plateau volcanique battu par les vents de l’Atlantique Sud.

Comme souvent ici, l’île semble avoir absorbé l’événement sans cesser d’être elle-même.

vendredi 8 mai 2026

Situation sanitaire liée au MV Hondius et au hantavirus à Sainte-Hélène

 


Depuis le début du mois de mai 2026, Sainte-Hélène se trouve indirectement concernée par une situation sanitaire internationale liée au navire d’expédition polaire MV Hondius, qui avait fait escale sur l’île entre les 22 et 24 avril 2026.

Les autorités sanitaires internationales enquêtent actuellement sur plusieurs cas d’infection par le virus Andes hantavirus, une forme rare de hantavirus présente en Amérique du Sud et susceptible, dans certains cas exceptionnels, de se transmettre entre humains lors de contacts étroits et prolongés.

Le MV Hondius, parti d’Amérique du Sud pour une croisière vers l’Antarctique puis l’Atlantique Sud, avait notamment fait escale en Géorgie du Sud, à Tristan da Cunha, à Sainte-Hélène et à l’île de l’Ascension avant que plusieurs passagers ne développent des symptômes graves.

Une situation internationale suivie par l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) coordonne désormais la réponse internationale et le suivi des passagers ayant quitté le navire dans différents pays. Plusieurs cas confirmés ou suspects ont été signalés en Afrique du Sud, en Suisse, aux Pays-Bas et ailleurs en Europe.

Trois décès ont été rapportés parmi les passagers liés à cette épidémie à bord du navire. Les investigations privilégient actuellement une contamination initiale en Argentine, avant même l’embarquement du couple néerlandais considéré comme à l’origine probable de la chaîne de transmission.

L’OMS a toutefois rappelé que :

« This is not the next COVID »

tout en soulignant le caractère sérieux de cette maladie infectieuse.

La situation à Sainte-Hélène

Selon les communiqués officiels du Gouvernement de Sainte-Hélène (SHG), aucune contamination n’a été détectée sur l’île à ce jour.

Les autorités sanitaires locales, en lien étroit avec la UK Health Security Agency (UKHSA) et l’OMS, ont néanmoins mis en place un important travail de traçage des contacts et de suivi médical préventif.

Quelques habitants considérés comme « contacts à risque élevé » — c’est-à-dire ayant eu des contacts rapprochés et prolongés avec certains passagers symptomatiques — ont été invités à observer une période d’isolement préventif de 45 jours, jusqu’au 9 juin 2026.

Les autorités insistent sur plusieurs points importants :

  • aucun cas suspect ou confirmé n’existe actuellement sur l’île ;
  • le risque pour la population générale demeure faible ;
  • le virus ne se transmet pas par des contacts sociaux ordinaires ;
  • les procédures appliquées lors du débarquement du corps d’un passager décédé ont respecté des normes sanitaires strictes.

Une ligne téléphonique spécifique de surveillance sanitaire a été maintenue afin de permettre un suivi rapide d’éventuels symptômes.

Une île particulièrement attentive aux risques sanitaires

L’épisode rappelle combien Sainte-Hélène, malgré son isolement géographique, demeure connectée aux grands flux internationaux de voyageurs et particulièrement attentive aux risques sanitaires importés.

Les autorités locales ont jusqu’à présent adopté une communication mesurée et transparente, appelant la population au calme tout en poursuivant une surveillance quotidienne de la situation.

À ce stade, la situation sur l’île reste considérée comme stable et sous contrôle.

Source : communiqués officiels du Gouvernement de Sainte-Hélène (4 et 6 mai 2026), OMS, Associated Press.

mardi 14 avril 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #2

Une escale, ou les limites d’un système - Importance de la réforme muséale proposée

Les escales de paquebots rappellent avec une particulière netteté les limites du dispositif actuel. Lors de l’arrivée du MV Amera à Sainte-Hélène, le mardi 14 avril 2026, le navire transportait environ 684 passagers. Or, sur cet ensemble, seuls 133 visiteurs ont effectivement acheté un billet d’entrée.

Les autres, pour une part non négligeable, ont préféré demeurer en ville, jugeant les coûts trop élevés, tandis que certains, après avoir pourtant loué un taxi pour se rendre jusqu’aux portes de la Tombe ou de Longwood, ont refusé d’acquitter le droit d’entrée. Ces situations, désormais récurrentes, dégradent les conditions d’accueil et exposent les équipes à des tensions inutiles. Elles conduisent également, par précaution, à fermer le Pavillon des Briars lors de ces journées, afin d’éviter que ces comportements ne s’y reproduisent.



D’un point de vue strictement financier, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec un billet fixé à £12, la vente de 133 billets représente une recette brute de £1,596. Mais, dans le système actuel, où les objets et le mobilier demeurent trop directement à portée des visiteurs, la seule ouverture de Longwood et de la Tombe à un flux exceptionnel impose le recrutement de gardiens supplémentaires, soit une surcharge de £1,466.

Il ne reste donc, avant même de prendre en compte les autres frais de fonctionnement, que £130. Autrement dit, la recette générée par une telle escale ne produit qu’un résultat quasi nul, sans commune mesure avec la pression exercée sur les lieux, les collections et les équipes.

Le seul surcoût de surveillance absorbe ainsi plus de 91 % de la billetterie de la journée. Rapporté aux seuls visiteurs payants, ce dispositif représente environ £11 de surveillance par billet vendu, laissant à peine £1 par entrée pour couvrir l’ensemble des autres charges.




Ces chiffres, à eux seuls, suffisent à éclairer la situation : le modèle actuel ne permet plus d’assurer simultanément l’ouverture des sites, leur protection et un fonctionnement économiquement soutenable.

Il ne s’agit plus ici d’un déséquilibre marginal, mais d’un système qui, à chaque afflux, s’approche de son point de rupture. Ouvrir revient presque à s’exposer ; accueillir, à consentir un effort disproportionné ; protéger, à mobiliser des moyens que la billetterie ne peut plus couvrir.

C’est précisément à cet endroit que se situe le projet muséal. Non comme une transformation de principe, mais comme une réponse nécessaire à une réalité désormais mesurable : protéger sans multiplier indéfiniment la présence humaine, organiser la visite sans en altérer le silence, et redonner au lieu les conditions d’un équilibre à la fois humain, patrimonial et économique.

jeudi 9 avril 2026

Johannes Ludwig Léopold Mund : un diplomate prussien... dans "la paresse et la gaieté au Cap"

 L’absurde mission du commissaire prussien...

Afin de prendre « les mesures les plus propres à rendre impossible toute entreprise de la part de Napoléon Bonaparte contre le repos de l'Europe », le 2 août 1815, à Paris, un traité entre la Grande-Bretagne et l'Autriche, la Grande-Bretagne, la Russie et la Prusse fut signé.


1816 - Cape Town by Latrobe


CONVENTION ENTRE LA GRANDE-BRETAGNE, L’AUTRICHE, LA RUSSIE ET LA PRUSSE.

Le 2 août 1815, la convention suivante entre la Grande Bretagne, l'Autriche, la Russie et la Prusse, touchant

Bonaparte, fut signée à Paris :

« Napoléon Bonaparte étant au pouvoir des souverains alliés, LL. MM. le roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, l'empereur d'Autriche, l'empereur de Russie et le roi de Prusse ont statué, en vertu des stipulations du traité du 25 mars 1815, sur les mesures les plus propres à rendre impossible toute entreprise de sa part contre le repos de l'Europe :

» ARTICLE PREMIER. Napoléon est considéré par les puissances qui ont signé le traité du 25 mars dernier comme

leur prisonnier.

» ART. 2. Sa garde est spécialement confiée au gouvernement britannique.

» Le choix de la place et des mesures qui peuvent le mieux assurer l'objet de la présente stipulation est réservé

à Sa Majesté Britannique.

» ART. 3. Les cours impériales d'Autriche et de Russie et la cour royale de Prusse nommeront des commissaires

pour se rendre et habiter dans la place que le gouvernement britannique aura assignée pour la résidence de Napoléon Bonaparte, et qui, sans être responsables de sa garde, s'assureront de sa présence.

» ART. 4. Sa Majesté Très-Chrétienne est invitée, au nom des quatre cours ci-dessus mentionnées, à envoyer pareillement un commissaire français au lieu de la détention de Napoléon Bonaparte.

» ART. 5. Sa Majesté, le roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande s'oblige à remplir les engagements qui lui sont assignés par la présente convention.

» ART. 6. La présente convention sera ratifiée, et la ratification en sera échangée dans quinze jours, ou plus tôt,

s'il est possible.

» En foi de quoi les plénipotentiaires respectifs ont signé la présente convention, et y ont apposé le sceau de

leurs armes.

Fait à Paris, le 2 août de l'année 1815.

» Signé : Le prince DE METTERNICH,

Le comte DE NESSELRODE,

Lord ABERDEEN,

Le prince HARDENBERG. »

Après différentes nominations avortées, ces quatre nations communiquèrent les noms de leurs « Commissaires » à Sainte-Hélène.

Pour la France, ce fut Montchenu ; pour la Russie Alexandre [Antonovitch] Ramsay de Balmain ; pour l’Autriche, Barthélémy Stürmer et enfin, pour la Prusse, Johannes Ludwig Léopold Mund 

 Les trois premiers commissaires arrivèrent à Sainte-Hélène le 17 juin 1816 à bord du Newcastle: le comte de Balmain, pour la Russie voyagea avec son serviteur Heinrich Peyle ; le baron Stürmer pour l'Autriche fut accompagné de son épouse et de Philippe Welle, un botaniste qui fut aussi son secrétaire, et le marquis de Montchenu, pour la France, avec le capitaine Gors, son aide de camp. 

 

Quant au dernier, le Prussien, faute de place à bord du Newcastle, il resta en rade en Grande Bretagne avec son secrétaire-botaniste Louis Maire. Londres s’excusa en ces termes: « Il regrette bien sincèrement de n’avoir pu remplir, pour le moment, les intentions de Sa Majesté le roi de Prusse à l’égard de ces messieurs »

Passionné de botanique dont c’était d’ailleurs le métier, Johannes Mund exprima alors le désir d’aller à Sainte-Hélène avec son adjoint en passant par le Cap de Bonne-Espérance où ils pourraient faire des recherches scientifiques avant d’embarquer pour Sainte-Hélène. La cour de Berlin accepta « que ces Messieurs se rendissent de Sainte-Hélène par le cap de Bonne-Espérance ».

 

Les deux botanistes arrivèrent donc au Cap de Bonne-Espérance au mois d’août 1816 en ne devaient y passer qu’une seule année. Toutefois, les deux hommes se plurent tant en Afrique du sud qu’ils oublièrent leur mission de Commissaire du Roi de Prusse à Sainte-Hélène dont ils touchaient cependant les émoluments.

 

Ce ne fut qu’à la fin de 1818 que la cour de Prusse commença à s’interroger sur ces diplomates d’un genre un peu particulier… par l’entremise du Gouverneur de la Colonie du Cap, Lord Somerset, on parvint à les retrouver (grâce, précisément aux versements de leurs salaires que la banque Rothschild à Paris leur envoyait). Ils demandèrent – et obtinrent – quelques mois de plus en Afrique du sud pour accomplir leur mission botanique.  

Ils réussirent le tour de force de repousser sans cesse leur départ pour Sainte-Hélène en « oubliant » même d’envoyer à Berlin les résultats de leurs recherches sud-africaines et autres collectes d’échantillons et herbiers. Ce ne fut cependant qu’en 1821, avec la mort de Napoléon, que la cour de Berlin rompit leurs contrats.  



Scolopia mundii ou Mountain Saffron _ RedPear tree

Protea mundii

Leucospermum mundii


En attendant, les deux hommes auront bien profité des cinq années d’exil de Napoléon à Sainte-Hélène : George Thom, dans ses descriptions de la Colonie sud-africaine, va même jusqu’à nous dire que « les collectionneurs de la Prusse passent leur temps dans la paresse et la gaieté au Cap, et sont désormais tombés encore plus bas que tout autre colon ».


Mund a laissé une trace jusque dans la botanique : son nom a été donné au genre Mundia (aujourd’hui réuni avec Acanthocladus et Nylandtia), ainsi qu’à plusieurs espèces — Protea mundii, Helichrysum mundtii, Bupleurum mundtii, Scolopia mundii, Thaminophyllum mundii, Leucospermum mundii, Otholobium mundianum, Phoberos mundii et Afrocanthium mundianum.

Une manière, en somme, de s’enraciner définitivement au Cap… bien plus sûrement qu’un poste officiel.