S’il ne fallait retenir qu’un seul film consacré à Napoléon à Sainte-Hélène, ce serait pour moi The Man on the Rock (1975).
Réalisé par Michael Pierce et interprété par Kenneth Griffith, ce film a été tourné sur l’île même. Ce détail n’est pas anodin : le plateau, les vents, la lumière, la topographie — tout est authentique. Sainte-Hélène n’y est pas un décor reconstitué, elle est le théâtre réel de l’action.
Je n’avais vu ce film qu’une seule fois. C’était en 1985, lors de mon premier voyage à Sainte-Hélène. Mon anglais était encore hésitant ; je n’avais sans doute pas saisi toutes les nuances du texte. Mais les images m’avaient profondément marqué.
Le revoir quarante-deux ans plus tard ne change rien à cette première impression. Il demeure, à mes yeux, le meilleur film-reportage consacré à Napoléon à Sainte-Hélène.
Certains pourront le juger sévère à l’égard de l’Empire britannique. Il faut rappeler que l’équipe était en grande partie galloise — et Kenneth Griffith lui-même n’a jamais caché ses convictions. Mais au-delà de toute lecture politique, ce qui frappe, c’est la force théâtrale de l’ensemble.
Tourné sans costumes d’époque, avec la participation des habitants de l’île, le film repose presque entièrement sur le jeu d’acteur. Kenneth Griffith, immense comédien, interprète tour à tour le gouverneur Sir Hudson Lowe et Napoléon. Cette dualité crée une tension remarquable. La scène de l’entrevue entre Napoléon et Lowe est d’une intensité rare, presque étouffante.
Ce n’est pas un film spectaculaire.
C’est un film habité.
Pour ceux qui aiment le théâtre, la parole incarnée, et les grandes interprétations, The Man on the Rock reste une référence.
À Sainte-Hélène, certains récits ne vieillissent pas. Celui-ci en fait partie.
| Carte postale envoyée par Kenneth Griffith à Tony Whittome depuis Sainte-Hélène. Elle porte le cachet de Longwood House. |
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