À l’occasion de la venue sur l’île d’une équipe de tournage de TF1, sous la direction de Dorothée Poivre d'Arvor, nous avions organisé, avec le soutien de la Compagnie Solomon et de son directeur général de l’époque, Rodney Buckley, une chaîne humaine sur le site de Prosperous Bay.
Le geste était simple : aligner des habitants face au vent, face à l’horizon, face à cette mer qui nous reliait au monde autant qu’elle nous en séparait. Il s’agissait d’adresser un message clair au gouvernement britannique : Sainte-Hélène avait besoin d’un aéroport.
À l’époque, cela paraissait presque irréel. L’île vivait encore au rythme exclusif du navire. L’isolement faisait partie de notre condition, mais nous savions déjà qu’il deviendrait un frein.
Trente ans ont passé.
L’aéroport a été construit. Il a ouvert. Il a changé notre rapport au monde. Et pourtant, me voilà aujourd’hui coincé au Cap en attendant sa réouverture temporairement suspendue. L’histoire, parfois, aime les cercles.
En regardant cette image, je ne vois pas seulement une revendication. Je vois une communauté debout, soudée, déterminée. Des visages jeunes, d’autres plus âgés. Une île consciente de sa fragilité mais décidée à ne pas se résigner.
C’était exactement il y a trente ans.
Et l’isolement, décidément, reste un maître exigeant.
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