On me demande comment se déroule les décollages depuis Sainte-Hélène.
Voici une petite vidéo que j'ai prise l'année dernière depuis la fameuse forêt de gommiers chère à Las Cases et que je viens de poster sur mon compte Instagram; - lien direct, cliquez ici.
À la suite d’un travail intensif mené par les équipes de l’aéroport et le service hélénien des pompiers et secours, l’autorité de régulation a autorisé l’exploitation de l’aéroport en catégorie 4.
Cela permet :
Les vols d’évacuation médicale (Medevac)
L’atterrissage de petits jets exécutifs
L’acheminement de pièces détachées spécialisées
L’arrivée d’experts techniques
Les évacuations médicales urgentes vers l’étranger
Un vol Medevac est d’ailleurs prévu prochainement, démontrant que les services médicaux essentiels demeurent pleinement opérationnels.
⚠️ Il est important de souligner que la catégorie 4 ne permet pas la reprise des vols commerciaux réguliers.
La compagnie Airlink a suspendu les nouvelles réservations vers Sainte-Hélène. Toutefois, cela ne signifie pas une fermeture prolongée automatique : les annulations sont décidées vol par vol.
Au 10 février 2026, seuls les vols des 7, 10, 14 et 15 février ont été annulés.
Le retour à la catégorie 6, indispensable aux opérations commerciales d’Airlink, demeure la priorité absolue.
Le plan de rétablissement
Plusieurs solutions sont poursuivies en parallèle :
🔧 Réparations immédiates
Des pièces spécialisées sont actuellement acheminées depuis l’Allemagne. Leur installation, remontage et phase de test nécessiteront plusieurs jours. Le succès de l’opération ne pourra être confirmé qu’après validation complète des essais.
🚒 Remplacement du matériel incendie
Avec un possible soutien du gouvernement britannique, deux nouveaux véhicules incendie spécialisés sont recherchés. Ces équipements étant fabriqués sur commande, toutes les solutions temporaires et permanentes sont étudiées.
Les échanges avec le régulateur se poursuivent afin de permettre un retour sécurisé à la catégorie 6 dans les meilleurs délais.
Résidents bloqués à l’étranger
Les résidents actuellement en Afrique du Sud sont progressivement relocalisés du Cap vers Johannesburg pour faciliter leur rapatriement dès la reprise des vols.
Le Gouvernement recommande aux personnes concernées de vérifier la validité de leur assurance voyage et, si nécessaire, d’en prolonger la couverture via Solomons Travel.
Coordination et gestion de crise
Le Gold Command se réunit quotidiennement. Le plan de réponse aux incidents majeurs est activé et fonctionne selon les procédures établies.
Appel au calme et au respect
Le Gouvernement s’est engagé à mener un examen transparent de ces événements lorsque la situation opérationnelle le permettra.
Il rappelle également que :
Les critiques constructives sont légitimes.
Les propos discriminatoires ou racistes ne sont pas tolérés.
Les abus envers le personnel de l’aéroport ou du SHG sont inacceptables.
Les équipes travaillent sans relâche et méritent un environnement sûr et respectueux.
La situation ne se résoudra pas du jour au lendemain, mais les efforts se poursuivent pour rétablir une exploitation normale de l’aéroport aussi rapidement et sûrement que possible.
En 2025, alors que l’on célébrait le bicentenaire du Mémorial de Sainte-Hélène, j’ai été invité à l’Institut, en France, à revenir sur une figure souvent reléguée à la marge du récit : Toby. À cette occasion, et non sans un léger sourire, il fut francisé en Tobbie, comme pour mieux l’inscrire, le temps d’une conférence, dans notre langue et notre mémoire.
À travers lui, il s’agissait moins de retracer une biographie que d’interroger un lien : celui, discret mais profondément humain, qui se tisse entre les lieux de l’exil, ceux qui les habitent, et ceux qui, deux siècles plus tard, continuent d’en porter la mémoire.
Cette présentation, donnée à Paris mais nourrie par Sainte-Hélène, peut aujourd’hui être écoutée dans son intégralité sur YouTube.
Coincé au Cap, une fois encore, en attendant la réouverture de l’aéroport, je me retrouve en Afrique du Sud face à ce que Sainte-Hélène a toujours su m’enseigner : l’isolement n’est jamais seulement une contrainte logistique, il est aussi une invitation à la mémoire.
1634, Guerard. from Carte universelle hydrographique Bibliotheque Nationale de France
L’île de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, fut occupée par la Compagnie anglaise des Indes orientales à partir de 1659, avant de devenir officiellement colonie britannique en 1836.
Dès la seconde décennie du XVIIIᵉ siècle, la population de Sainte-Hélène comptait 542 Blancs et 411 esclaves, principalement originaires d’Afrique et des Indes orientales. Dans les années 1820, on dénombrait 821 colons blancs, une garnison militaire de 820 hommes, environ 1 500 esclaves, plus de 600 travailleurs chinois sous contrat et quelque 500 Noirs libres.
Lithographie « Sandy Bay Valley in the island of St.Helena » de Henry Salt – 1809
Après l’abolition de l’esclavage, nombre d’anciens esclaves restèrent sur l’île et s’unirent aux colons blancs ainsi qu’aux autres communautés qui formaient la société hélénienne. À cette époque, Sainte-Hélène était administrée comme une colonie de la Couronne britannique depuis le Cap, ce qui explique les liens étroits, durables et humains entre l’île et l’Afrique du Sud.
Dans la période qui suivit immédiatement l’abolition de la traite, jusque dans les années 1850, la Royal Navy captura de nombreux navires négriers en haute mer. Le Cap et Sainte-Hélène furent les deux principaux ports où débarquaient les esclaves ainsi « libérés ». Ces captifs, appelés Prize Negroes, étaient contraints à un engagement de quatorze années comme ouvriers au Cap avant de pouvoir accéder à la liberté. Ils furent connus sous le nom de Cape Prize Boys.
On estime à environ 8 000 le nombre de ces Prize Negroes débarqués au Cap, les derniers arrivant en 1856. Pour ces esclaves sous contrat, la servitude ne prit réellement fin qu’en 1870. Plus largement, on estime qu’environ 63 000 esclaves furent amenés au Cap entre 1653 et 1807. L’ajout des 8 000 Prize Negroes africains porte la proportion d’esclaves africains et malgaches à 57,2 % de l’ensemble des esclaves arrivés au Cap (24 % venant d’Inde et 18,7 % des îles indonésiennes). À cela s’ajoutèrent, très probablement, de nombreux apports illégaux.
Esclaves de confession musulmane sur le pont d'un bâtiment
après leur libération (Collection Melliss)
À Sainte-Hélène, des Prize Slaves devinrent également des travailleurs sous contrat sur l’île, ou reçurent la possibilité de rejoindre les Antilles comme hommes libres — option de loin la plus attractive.
De nombreux insulaires de Sainte-Hélène gagnèrent aussi le Cap en tant que travailleurs engagés. Ces quelque 2 000 "Saints", comme on appelait déjà les habitants de l’île, étaient issus d’un métissage complexe mêlant Britanniques, Chinois, esclaves africains, esclaves orientaux et Noirs libres. Au Cap, ils s’intégrèrent largement à la communauté dite Coloured. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles du Cap conservent des liens vivants avec Sainte-Hélène.
Les Saints, les Manillas, les Kroomen, les Mosbiekers, les Prize Boys, ainsi que les créoles chinois Peranakan (huan-na), constituent autant de strates méconnues de la mosaïque identitaire Coloured. Elles viennent compléter l’héritage khoï, san, xhosa, européen et afro-indo-esclave qui façonne l’histoire humaine du Cap.
Sainte-Hélène : l’aéroport obtient la certification Catégorie 4
L’St Helena Airport a annoncé avoir obtenu l’agrément réglementaire de Airport Safety Support International (ASSI) lui permettant désormais d’opérer en catégorie 4.
Cette certification autorise l’utilisation de l’aéroport par des aéronefs légers, notamment pour des évacuations médicales, offrant ainsi une garantie supplémentaire à la population en cas d’urgence sanitaire. Elle ouvre également une voie aérienne alternative pour l’acheminement de pièces détachées essentielles et de personnels techniques spécialisés, jusqu’ici fortement dépendants du transport maritime.
Pour rappel, la catégorie de sauvetage et de lutte contre l’incendie aéronautique détermine les types d’appareils qu’un aéroport peut accueillir en toute sécurité, en fonction de ses moyens opérationnels. L’accession à la catégorie 4 a été rendue possible grâce au soutien du service hélénien des pompiers et du secours et à un programme de formation complémentaire dispensé au personnel aéroportuaire.
⚠️ Important : cette évolution ne permet pas la reprise des vols commerciaux réguliers d’Airlink, lesquels nécessitent une catégorie 6.
🛫 Situation opérationnelle et informations pratiques
Le Gold Command continue de se réunir quotidiennement et travaille activement, en lien avec les agences locales et les partenaires internationaux, au retour progressif à une exploitation normale de l’aéroport (catégorie 6), dans les meilleures conditions de sécurité.
L’aéroport de Sainte‑Hélène est actuellement partiellement fermé aux vols commerciaux en raison d’un problème de sécurité lié aux véhicules de lutte contre l’incendie, ce qui a conduit à l’annulation de tous les vols Airlink au moins jusqu’au 20 février 2026.
Nature du problème
Les autorités ont constaté un manque de fiabilité des véhicules de secours incendie (« fire tenders »), essentiels pour la sécurité des opérations aériennes.
Le régulateur aérien doit donc rétrograder l’aéroport en‑dessous de la catégorie 6, le niveau requis pour les vols réguliers d’Airlink.
Conséquences sur les vols
Airlink a suspendu tous ses vols vers et depuis Sainte‑Hélène « avec effet immédiat », en parlant de « difficultés opérationnelles » à l’aéroport.
Le gouvernement de Sainte‑Hélène indique que ces annulations devraient concerner tous les vols au moins jusqu’au 20 février 2026, avec une réévaluation ensuite.
Situation locale et gestion de crise
Le « St Helena Resilience Forum » a déclaré un « Major Incident » (incident majeur), ce qui donne la conduite des opérations au Chief Secretary avec une cellule de crise dédiée.
Les autorités étudient si les évacuations médicales (medevacs) pourront continuer et affirment que aucun avion ne volera tant que les normes de sécurité ne seront pas pleinement respectées.
Si vous avez un vol réservé
Les passagers sont invités à contacter Solomons (l’agent local) ou Airlink pour les modifications de réservation et l’assistance.
Airlink redirige les clients vers son service de réservation téléphonique ou leurs agences de voyage habituelles.
The St Helena Government regrets to inform the public
that St Helena Airport is currently unable to operate as normal. Following
technical assessments, the aviation regulator is expected to confirm that the
airport must be downgraded from Category 6. This decision is based on fixed
international safety requirements and a lack of confidence in the operational
readiness of the fire tenders, meaning the airport cannot safely support
standard flight operations at this time.
A downgrading from Category 6 means Airlink will not
operate. As such Airlink flights will be cancelled until the issue can be
resolved. We believe at this stage that this will affect all flights until at
least 20 February. We will keep future flights under review until we can give
certainty around the resumption of business as usual. We are working to confirm
whether medical evacuation flights will be affected.
We recognise that this will affect many people,
including those with upcoming travel plans, those expecting visitors and
individuals with urgent medical needs that require travel off-Island. We know
this will cause concern and we are deeply aware of the disruption this
situation creates for families, businesses and the wider community.
We are working urgently with all stakeholders to
understand the full impact. This includes close cooperation with Airlink,
Solomons and other partners so that we can address questions, provide clarity
where possible and ensure that advice and updates are consistent and timely.
Our priority is to restore normal operations as
quickly and safely as possible. We are assessing all available options. No
aircraft will operate until we are fully confident that the airport meets the
safety standards required to keep passengers, crew and staff safe.
In response to this situation, a Major Incident has
been declared. This means that the Chief Secretary has assumed control as Gold
Commander and is directing the response to this incident through a Gold Command
group comprising key stakeholders. The Chief Secretary will keep Executive
Council informed and ensure public messaging is updated. Operational contact
points will be shared as soon as possible.
As we receive further information we will share it
with the public and will continue to work with partners to explore all possible
solutions for those affected.
We thank everyone for their patience and understanding
while we work to resolve this situation.
For those with
flight bookings, please contact Solomons or Airlink:
Le 22 janvier 1957, le Prince Philip, duc d’Édimbourg, visitait Longwood House.
Sur les photographies conservées, on le voit parcourir les jardins et les abords de la maison en compagnie de Gilbert Martineau, alors directeur des Domaines nationaux français à Sainte-Hélène.
Dix ans seulement après la visite royale de 1947, Longwood portait encore les traces d’un entretien difficile. Le site demeurait exposé aux vents du plateau, à l’humidité persistante, à l’isolement logistique de l’île.
La présence de Gilbert Martineau sur ces images rappelle qu’au-delà des visites officielles, la véritable permanence résidait dans la vigilance quotidienne.
Les souverains passent.
Les directeurs se succèdent.
Le lieu demeure.
Entre 1947 et 1957, entre l’état fragile d’après-guerre et les restaurations progressives, Longwood traversait une phase charnière de son histoire.
Ces photographies en témoignent avec simplicité :
une maison modeste, un jardin discipliné, un plateau battu par les nuages — et la continuité d’une mission.
À Sainte-Hélène, la mémoire n’est jamais spectaculaire.
Elle s’inscrit dans la durée.