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mercredi 13 août 2025

L'histoire des domaines nationaux dans l'île de Sainte-Hélène (Océan atlantique sud) #01





Il y a quelques jours, un lecteur m’a écrit pour me demander s’il existait des plans et cartes des domaines nationaux français sur l’île de Sainte-Hélène.


Oui, ils existent bel et bien.

Pour la Maison de Longwood et le Tombeau de Napoléon, j’ai ressorti les copies des documents originaux, soigneusement annexés à l’acte de proposition de vente établi en 1856.


Le domaine de la Tombe nommé alors "le Val Napoléon"

   


Puis la Maison de Longwood : 

 

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Pour le Pavillon des Briars, voici la copie du plan cadastral qui accompagnait le dernier transfert de propriété. Celui-ci fut le fruit de deux dons privés offerts à la République française : le premier, en 1957, par Dame Mabel Brooks ; le second, en 2008, par moi-même. les deux propriétés sont indiquées par les contours en rouge.


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Mais ces plans, s’ils sont précieux, ne prennent vraiment sens que replacés dans leur contexte. Il faut remonter le fil du temps, comprendre leurs origines, les circonstances de leur élaboration, et suivre leur histoire jusqu’à aujourd’hui.

C’est pourquoi, à l’occasion de cette question, je vous propose une série d’articles retraçant pas à pas l’histoire de ces lieux, telle qu’elle se lit à travers leurs cartes et leurs plans.

Commençons par le début, avec un rappel historique qui nous replongera au XIXᵉ siècle, au moment où la France acquit les deux premiers sites napoléoniens de l’île : la Maison de Longwood et le Tombeau de l’Empereur. ... (à suivre)

mercredi 4 juin 2025

Le cottage de l'esclave Toby - Journal d'une restauration #07

 Les travaux ont bien repris... Le foyer est achevé. 


Les murs ont été enduits de chaux vive comme autrefois et un tronc de pin a été apporté pour être posé tel quel...







lundi 19 mai 2025

Le cottage de l'esclave Toby - Journal d'une restauration #06

Lentement, mais sûrement…

Pierre après pierre, main après main, la case de l’esclave Toby renaît, patiemment, dans le respect des savoir-faire d’autrefois. Les murs sont désormais dressés, solides et silencieux, comme s’ils attendaient depuis toujours de retrouver leur place. La cheminée, elle aussi, a retrouvé sa forme, et le foyer son creux, prêt à accueillir les premières braises.

Prochaine étape : la toiture. Et avec elle, une étape décisive.

Heureusement, Basil est de retour. Le meilleur artisan de l’île, maître dans l’art des constructions traditionnelles, a repris le fil de son ouvrage. Sa présence redonne souffle au chantier, comme si chaque geste, sous ses mains, retrouvait une mémoire oubliée.

Voici, à travers quelques images, la trace visible de ces trois derniers mois de travail, discrets mais constants. Le passé avance… à pas sûrs.
















jeudi 17 avril 2025

Les gouaches du "Chinois"

Parmi les oeuvres présentées aux domaines nationaux de Sainte-Hélène, nous trouvons quelques gouaches réalisées par un artiste chinois qui proposait entre 1821 et 1840 ses oeuvres aux nombreux visiteurs qui faisaient alors escales sur l'île. 

Les Briars et la cascade (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


La Tombe de Napoléon (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Jamestown, Main Street (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Porteous House, Jamestown  (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)



Napoléon sur son lit de mort (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Longwood New House (dépôt du Musée national de Malmaison)

La tombe de Napoléon  (dépôt du Musée national de Malmaison)


Longwood New House  (dépôt du Musée national de Malmaison)


La Tombe de Napoléon  (dépôt du Musée national de Malmaison)



Entrée du domaine de la Tombe de Napoléon (dépôt du Musée national de Malmaison)

lundi 10 février 2025

La Symphonie Napoléon de Burgess

Anthony Burgess : « [i]Et maintenant, il [l’auteur surnommait Napoléon le lion de la valléeregardait d'un air sombre cette île qui bondissait sur l'océan austral. Du granit volcanique, un vrai rocher pour Prométhée. Et c'était, comme l'avait dit le médecin irlandais, un mauvais climat pour les hépatiques. » 

Et l’auteur de Orange mécanique de préciser sa pensée à la fin de sa Symphonie Napoléon dans une épître aux lecteurs :

« [ii]Quel mythe ? Quel héros ? Aaaaah-Prométhée.

Beethoven[1] nous explique clairement et avec fougue

Dans son Finale qui est le héros.

Il prend une basse et ensuite un thème

De sa propre musique de ballet sur Prométhée, puis

Construit des variations pour atteindre le nombre de dix. » [2]

À la suite de la parution de Le Dernier Napoléon, un lecteur s’est dit ému — et surpris de voir apparaître, au détour du récit, le nom d’Anthony Burgess. L’étonnement est compréhensible : Burgess n’est ni un historien de Napoléon, ni un spécialiste de Sainte-Hélène, et son nom n’est guère associé, en France du moins, aux études napoléoniennes.




C’est précisément cette surprise qui mérite que l’on s’y arrête.

Anthony Burgess appartient à une tout autre sphère : celle des écrivains du XXᵉ siècle pour lesquels Napoléon n’est plus seulement un personnage historique, mais une figure culturelle, déjà passée du champ de l’événement à celui de la représentation. Lorsqu’il évoque Napoléon, Burgess ne cherche ni à établir des faits, ni à corriger une chronologie, ni à trancher un débat d’archives. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur le pouvoir, la chute, l’enfermement, la langue et la contrainte — thèmes qui traversent l’ensemble de son œuvre.

Il faut donc lire Burgess non comme une source, mais comme un témoin de la postérité napoléonienne. Chez lui, Napoléon n’est plus l’Empereur agissant, ni même le captif scruté jour après jour à Longwood, mais une figure mentale, presque mythologique, malléable, réinterprétée, parfois volontairement déformée. Cette distance explique à la fois l’intérêt et les limites de son regard.

Anthony Burgess 1917-1993


Si j’ai choisi de mentionner Burgess dans Le Dernier Napoléon, ce n’est donc ni par goût de l’érudition périphérique, ni pour brouiller les frontières entre littérature et histoire. C’est au contraire pour marquer ces frontières. L’exil de Sainte-Hélène, tel que je l’ai abordé, repose sur les archives, les témoignages contemporains, la matérialité du quotidien et le temps long de la captivité. Burgess, lui, témoigne d’un autre moment : celui où Napoléon est déjà devenu un objet culturel, réinvesti par l’imaginaire moderne.

Loin de se contredire, ces deux approches se répondent. L’une restitue la réalité vécue de 1819 à 1821 ; l’autre révèle la survivance intellectuelle de Napoléon au XXᵉ siècle. Mais elles ne parlent ni du même Napoléon, ni depuis le même lieu.

L’étonnement du lecteur était donc légitime. Il offre surtout l’occasion de rappeler que Napoléon appartient à plusieurs temps : celui de l’histoire, celui de la mémoire, et celui — plus instable encore — de la littérature.



[1] Prométhée fut très souvent associé au mythe de Beethoven (et, par son intermédiaire, au mythe napoléonien), qui se développa tout au long du XIX' siècle, et traversa les instrumentalisations, au cours du XXe, en particulier dans l'Allemagne nazie, pour arriver jusqu'à nos jours.

[2] Anthony Burgess, Napoleon Symphony: A Novel in Four Movements, UK, Jonathan Cape, 1974



[i] [Original citation] And now he [Napoleon whom the author nicknamed the lion of the valley] looked gloomily at that island bouncing on the southern ocean. Volcanic granite, a real rock for Prometheus. And this was, so that Irish doctor had said, a bad climate for livers.

[ii] [Original citation] What myth? What hero? Aaaaah—Prometheus.

Beethoven makes it fiery-clear to us

In his Finale who the hero is.

He takes a bass and then a theme from his

Own ballet music on Prometheus, then

Builds variations till the count of ten.


dimanche 15 décembre 2024

Napoleonica les conférences > « Le dernier Napoléon (1819-1821) », par Michel Dancoisne-Martineau


 La Fondation Napoléon accueillera mardi 7 janvier 2025, à 18 heures, une rencontre-dédicace de Michel Dancoisne-Martineau, directeur des Domaines nationaux de Sainte-Hélène, à l’occasion de la parution de son ouvrage : Le dernier Napoléon (1819-1821). Inscriptions préalables indispensables à partir du jeudi 2 janvier 2024.

L’entrée est gratuite, sur réservation dans la limite des places disponibles.
Dès l’ouverture des inscriptions pour chaque conférence, il est possible de s’inscrire auprès d’Emmanuelle Duprez à partir de 9h30 :
• par courriel : ce@napoleon.org ;
• par téléphone au 01 56 43 46 00.
Pour être tenu informé par courriel des activités de Napoleonica les conférences de la Fondation Napoléon, merci d’adresser vos nom, prénom, adresse postale et Internet par mail (ce@napoleon.org).

Merci de bien noter que toute demande effectuée avant cette date et cet horaire ne sera pas prise en compte.

Fondation Napoléon
7, rue Geoffroy Saint-Hilaire
75005 Paris

vendredi 13 décembre 2024

Une équipe de la Direction des immeubles et de la logistique (DIL) a visité "Notre musée du bout du Monde"

 "Notre musée du bout du Monde" par Stéphanie Celle


Une mission de la Direction des immeubles et de la logistique (DIL) du Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères s'est déroulée du 30 novembre au 8 décembre 2024 à Sainte-Hélène où le MEAE à la charge de la conservation et valorisation des Domaines nationaux de Sainte-Hélène depuis 1857. 

Maison de Longwood


Ces lieux de mémoire des dernières années de Napoléon sont le pavillon des Briars, la maison de Longwood et le tombeau avant le transfert des Cendres.

La dernière mission de la DIL date de 2001 et il était nécessaire de faire un point général en appui des actions de Michel Dancoisne-Martineau, directeur et conservateur des Domaines, consul honoraire de France à Sainte-Hélène.

La mission avec toute l'équipe

Jehanne Lazaj, cheffe du bureau du patrimoine et de la décoration, Anaïs Silvain, régisseuse des œuvres d'art et Stéphanie Celle, cheffe du secteur étranger 2 avaient pour objectifs principaux d'étudier les conditions de la restauration de la toiture de la maison de l'Empereur, de réaliser un bilan sanitaire des collections et de proposer une muséographie sécurisant mieux les œuvres et objets témoins de la vie de Napoléon.

Les échanges avec les 8 membres de l'équipe du site leur ont permis de mieux saisir les "incontournables" de l'ile : humidité constante, exposition aux forts vents Sud-Est, lutte permanente contre les nuisibles notamment les termites, rareté des ressources matérielles, complexité opérationnelle...

La Chambre à coucher de l'Empereur

A la suite des observations et relevés ainsi que des échanges avec des institutions et professionnels locaux, des propositions seront formulées pour renouveler le parcours de visite et améliorer les conditions de conservation de ce patrimoine unique.

Stéphanie Celle : "La mission à Sainte Hélène a permis de toucher du doigt la singularité de ce contexte insulaire et de revenir avec une connaissance partagée des sites et des acteurs. Des propositions sont à mettre sur pied à présent !"

L'équipe de la DIL avec le conservateur sur place