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samedi 4 juillet 2026

Bury, le XXe régiment et la mémoire oubliée de Sainte-Hélène

 Il est parfois des visites qui obligent à revoir son propre regard.

Hier, j'ai eu le privilège d'être reçu par Ria Bagshaw, conservatrice du Fusilier Museum de Bury, près de Manchester, ainsi que par toute son équipe. L'accueil fut d'une rare générosité. Mais plus encore que l'accueil, c'est la place accordée à Sainte-Hélène dans ce musée qui m'a profondément marqué.

Car ici, dans le musée des héritiers du XXe régiment d'infanterie britannique — celui-là même qui monta la garde à Longwood durant les derniers mois de Napoléon — Sainte-Hélène est toujours présente.

Dès l'entrée, on est capable de situer Sainte-Hélène sur une mappemonde

On y découvre naturellement les trois célèbres volumes de la Life of Marlborough de William Coxe, offerts par Napoléon aux officiers du régiment quelques semaines avant sa mort. Trois ouvrages qui déclenchèrent la colère de Hudson Lowe pour trois simples mots inscrits en tête de page de chacun des volumes : « L'Empereur Napoléon ». Trois mots qui coûtèrent pratiquement sa carrière au capitaine Lutyens.

Le musée conserve également la tunique du docteur Archibald Arnott, dernier médecin britannique à avoir soigné Napoléon, ainsi que ses décorations et plusieurs souvenirs liés à cette ultime période de Longwood.



Autre officier britannique mis en valeur dans le musée : William Crokat, celui-là même qui eût l'honneur d'apporter la nouvelle de la mort de Napoléon en Grande-Bretagne.



En parcourant les vitrines, je ne pouvais m'empêcher d'éprouver un sentiment mêlé d'admiration... et d'embarras.

Car cette mémoire est aujourd'hui davantage expliquée à Bury qu'à Sainte-Hélène elle-même.


Aujourd'hui, emplacement du camp de Deadwood

À Deadwood, où le XXe régiment avait installé son camp, rien ou presque ne rappelle aujourd'hui cette présence militaire pourtant essentielle à l'histoire napoléonienne de l'île. Les panneaux d'interprétation l'ignorent. Les visiteurs passent sans imaginer que plusieurs centaines de soldats britanniques vécurent ici pendant près de six années afin de surveiller un seul homme.

Pourtant, raconter Sainte-Hélène, ce n'est pas seulement raconter Napoléon.

C'est aussi raconter ceux qui l'entouraient.

Les officiers britanniques. Les soldats des régiments successifs. Les médecins militaires. Les ingénieurs. Les jardiniers. Les esclaves affranchis. Les habitants de Jamestown. Tous participèrent, souvent malgré eux, à cette extraordinaire histoire humaine.

Toute la carrière militaire listée sur le ruban de sa médaille militaire


Depuis quelques années, l'Office du tourisme de Sainte-Hélène accomplit un travail remarquable pour promouvoir les paysages, la randonnée et le patrimoine naturel de l'île. Mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il reste un immense chantier à ouvrir : celui de l'interprétation historique.

Sainte-Hélène possède un patrimoine exceptionnel. Encore faut-il le raconter.

Peut-être est-il paradoxal qu'il m'ait fallu parcourir près de dix mille kilomètres jusqu'au nord de l'Angleterre pour mesurer combien une partie de l'histoire napoléonienne de Sainte-Hélène vue du côté britannique est aujourd'hui mieux conservée... loin de Sainte-Hélène pourtant dépendance britannique.




Et c'est précisément cette prise de conscience qui donne encore davantage de sens au travail quotidien mené aux Domaines nationaux : préserver les lieux, certes, mais surtout transmettre leur histoire dans toute sa richesse, y compris lorsqu'elle est britannique.



mardi 25 octobre 2022

vol.11: Sir Hudson Lowe, le grand brûlé de Sainte-Hélène

Hudson Lowe avait fait une très bonne carrière militaire en tirant son épingle du jeu dans les quartiers généraux alliés et, en annonçant triomphalement la nouvelle de l’abdication, il joua un rôle clé en Belgique en tant qu’officier de liaison des forces alliées avant l’arrivée de Wellington en 1815. Pour un garçon anglo-irlandais issu de la classe ouvrière, son anoblissement et sa nomination au titre de Gouverneur de Sainte Hélène  pendant la captivité de Napoléon ont été le point culminant d’une carrière aussi brillante qu’exceptionnelle !

Mais Sainte Hélène  et Napoléon changèrent non seulement sa vie, mais aussi sa place dans l’histoire. Il y brûla sa réputation alors qu’ « il fut l’occasion plus que la cause de la triste fin de Napoléon ».

 Texte de Michel Dancoisne-Martineau




Livre bilingue français/anglais avec de nombreuses illustrations - 154 pages

Prix £30.00, en vente à la boutique de Longwood House exclusivement


Éventuellement, nous pouvons nous charger de vous expédier ce volume par la Poste aux Lettres (Surface Mail) en envoi recommandé.  Le prix de l’expédition de ce volume qui pèse 1kg est de £8 – Soit un total de £38 par volume posté.

Si vous êtes intéressés, contactez-nous directement par courriel : SHNH@helanta.co.sh  

Notez cependant que cette solution exige aussi de vous d’être patient car la poste aux lettres « Surface mail » depuis Sainte Hélène n’est pas fréquente (un bateau tous les deux/trois mois).

Le paiement peut être fait par virement bancaire sur le compte de la Saint Helena Napoleonic Heritage directement à Sainte-Hélène, à la Bank of St Helena. 

Les coordonnées bancaires de cette "Charity" sont : 

Pays/Country: Sainte Hélène/St Helena

Bénéficiaire/Beneficiary : ST. HELENA NAPOLEONIC HERITAGE LTD 

Compte/Account: 24405002 

BIC: BHELSHJJXXX (BANK OF ST HELENA)