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dimanche 1 novembre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #15 - Restitution de la bibliothèque de Napoléon dans son état de 1821


Projet de restitution de la bibliothèque de Napoléon dans son état de 1821

1. Une pièce dont nous connaissons désormais l'apparence

Parmi les espaces de Longwood House dont la restitution historique demeure à poursuivre, la bibliothèque de Napoléon occupe une place singulière.

Cette pièce, située dans l'aile orientale de la maison, à proximité de la salle à manger, fut l'un des lieux consacrés aux livres, à la lecture et au travail intellectuel durant les dernières années de la captivité.

Longtemps, son aménagement précis est demeuré mal connu. Aucun des mémorialistes de Sainte-Hélène n'en avait laissé de description suffisamment détaillée pour permettre une restitution véritablement documentée.

Cette lacune a été en grande partie comblée en 2019, lorsque Jacques Jourquin, travaillant sur les papiers de Louis-Étienne Saint-Denis, dit Ali, retrouva une note manuscrite dans laquelle l'ancien bibliothécaire de Napoléon décrivait minutieusement la pièce, ses meubles, leur disposition et jusqu'au décor de ses murs.

Ce témoignage constitue aujourd'hui le fondement documentaire du projet.

Saint-Denis évoque les corps de bibliothèque en acajou, les meubles disposés entre les fenêtres, une petite table avec pupitre où il travaillait lui-même, ainsi qu'une grande table centrale destinée aux cartes. Il précise également le nombre et la nature des sièges, dont un fauteuil dans lequel Napoléon venait parfois s'asseoir.

Enfin, il nous laisse une indication décorative particulièrement précieuse :

« Les murs de la bibliothèque sont couverts d'un papier fond bleus à petits dessins gris. »

Cette description permet d'envisager une restitution fondée sur des éléments historiques identifiés, plutôt que sur une interprétation libre de ce que pouvait être une bibliothèque du début du XIXe siècle.

Projet original de 2019

Vue de la bibliothèque en 2010




2. Un projet déjà partiellement réalisé

La restitution de cette bibliothèque ne part pas de rien.

Plusieurs interventions ont déjà permis de progresser vers le rétablissement de son état historique.

En 2021, à l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon, le produit de la vente des fleurs d'immortelles a notamment permis de financer la reproduction d'un corps de bibliothèque manquant.

Cette réalisation possède une signification particulière : les recettes d'une initiative directement liée à la mémoire de Napoléon ont été réinvesties dans la restitution matérielle de sa dernière demeure.

Par ailleurs, la porte vitrée donnant sur l'extérieur a pu être rétablie grâce à un don de Lindsay et Gérard Meillan.

Ces deux opérations constituent des étapes concrètes d'un projet dont les ambitions avaient été définies antérieurement, mais dont la réalisation devait nécessairement s'adapter aux moyens disponibles.

Elles illustrent également la place essentielle du mécénat dans la préservation et la valorisation de Longwood House : des contributions privées, parfois issues d'initiatives modestes, permettent de réaliser progressivement des interventions patrimoniales durables.

Le financement aujourd'hui recherché aurait donc pour objet non pas de lancer un nouveau projet, mais de poursuivre et, si possible, d'achever une restitution déjà engagée.



Copie du corps de bibliothèque réalisée localement par Cristen YON


3. Les interventions restant à envisager

La bibliothèque en 2026


Le projet consiste à retrouver une disposition aussi proche que possible de celle décrite par Saint-Denis, tout en tenant compte des éléments authentiques conservés et des interventions déjà réalisées.

Il conviendrait notamment de compléter l'ensemble des corps de bibliothèque par les éléments manquants. La description d'Ali mentionne des meubles en acajou, des vantaux garnis de treillis en fil de cuivre, des parties inférieures fermées et des tablettes en marbre noir.

La restitution des revêtements muraux constituerait une autre intervention importante. Le papier peint bleu sur fond gris, déjà reproduit pour la salle de bain de Napoléon, pourrait servir de référence à la restitution du décor de la bibliothèque, sous réserve de vérifier sa conformité au témoignage historique.

Les rideaux seraient également remplacés par des étoffes plus appropriées à l'atmosphère recherchée.

Le mobilier existant devrait être examiné afin de déterminer les restaurations éventuellement nécessaires, notamment pour les tables et les sièges. La disposition de ces éléments s'appuierait sur les indications d'Ali, en particulier la présence de la grande table centrale, du pupitre et du fauteuil associé à Napoléon.


La bibliothèque en 2026

L'éclairage et les dispositifs de présentation seraient enfin réexaminés afin de mieux concilier la lecture historique de la pièce avec les exigences contemporaines de conservation et de sécurité.

Les interventions devront être définies avec le concours de professionnels compétents en matière de conservation-restauration et d'architecture patrimoniale. Il conviendra de privilégier les éléments authentiques et les dispositions historiquement établies, sans chercher à combler artificiellement les lacunes documentaires.

4. Un financement consacré à l'achèvement de la restitution

Le projet se prête à une démarche de financement spécifique, indépendante des autres opérations de réaménagement muséal de Longwood House.

Les travaux déjà réalisés grâce à la vente des immortelles et au mécénat de Lindsay et Gérard Meillan constituent une première contribution à cette entreprise. Il importe de les distinguer des dépenses restant à engager.

Le financement recherché porterait principalement sur les études complémentaires, les éventuelles reproductions de mobilier, la restauration des éléments conservés, la restitution des revêtements muraux et des rideaux, ainsi que les adaptations techniques nécessaires à la présentation de la pièce.

Une actualisation des études et des devis devra permettre de déterminer précisément les interventions encore nécessaires et leur coût, en tenant compte des réalisations intervenues depuis l'établissement du projet initial.

Cette méthode permettra de proposer aux mécènes un programme clairement identifié, dont chaque contribution pourra être rattachée à une réalisation concrète.

5. Retrouver la bibliothèque de Napoléon

La bibliothèque n'était pas seulement une pièce destinée au rangement des livres. Elle appartenait à cet ensemble d'espaces dans lesquels Napoléon, malgré l'exil et la surveillance, poursuivait une activité intellectuelle considérable.

La présence des ouvrages, des cartes et des instruments de travail rappelle la place que tenaient la lecture, l'histoire et la géographie dans son quotidien.




Projet de restitution de la bibliothèque de Napoléon à Longwood House dans son état de 1821, d'après la description manuscrite de Louis-Étienne Saint-Denis, dit Ali. La reproduction d'un corps de bibliothèque a déjà été financée grâce à la vente des immortelles du bicentenaire de 2021, tandis que la porte vitrée a été restituée grâce à un don de Lindsay et Gérard Meillan. Cette projection illustre les aménagements encore envisageables, sous réserve des études historiques et techniques nécessaires.



Le témoignage de Saint-Denis nous permet aujourd'hui d'approcher ce lieu avec une précision rare. Il évoque une pièce meublée avec soin, où les livres étaient classés selon leur format, où le bibliothécaire disposait de sa propre table de travail et où Napoléon venait parfois prendre place.

Restituer cette bibliothèque, ce serait donc rendre à Longwood House une dimension essentielle de son histoire, celle d'une maison où, jusqu'aux derniers mois, les livres et les documents demeurèrent les compagnons de la captivité.

Grâce aux premières réalisations financées en 2021 et au soutien de Lindsay et Gérard Meillan, cette restitution est déjà commencée. Le projet présenté aujourd'hui vise à lui donner les moyens d'être menée à son terme, dans le respect des témoignages historiques et des exigences de conservation.

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #14 - Restitution de la salle de billard dans son état de 1821

Longwood House

Projet de restitution de la salle de billard dans son état de 1821

Emplacement actuel de la table du billard dans le parloir


1. Présentation du projet

La réorganisation muséale de Longwood House offre une occasion de restituer à plusieurs espaces de la maison leur vocation historique et de rendre plus intelligible l'organisation des lieux durant les dernières années de la captivité de Napoléon.

L'une de ces transformations concerne l'actuelle boutique, installée dans une pièce qui était autrefois affectée au billard des domestiques.

La création envisagée d'un nouveau centre d'accueil des visiteurs, destiné à recevoir la billetterie et la boutique, permettrait de libérer cet espace de sa fonction commerciale et de lui rendre sa destination historique.

Le projet consiste à y transférer le billard ancien actuellement présenté dans une autre pièce de Longwood House, avec ses accessoires conservés dans les collections, notamment le porte-queues et le compte-points.

Ce déplacement permettrait simultanément de restituer à la pièce qui accueille aujourd'hui le billard sa fonction de parloir, conformément à l'organisation historique de la maison.

Il ne s'agit donc pas simplement de déplacer un meuble d'une salle à une autre, mais de rétablir la cohérence historique de deux espaces, aujourd'hui détournés de leurs fonctions respectives.



2. Restituer l'atmosphère de la maison en 1821

Salle construite "sur mesure" en 1819 pour accueillir la table de billard à l'usage des serviteurs 

La restitution de la salle de billard aurait pour ambition de retrouver, autant que les connaissances historiques et les éléments conservés le permettent, l'apparence et l'atmosphère de cette pièce à la fin de la captivité de Napoléon.

Le billard en constituerait naturellement l'élément central. Sa présence serait complétée par les accessoires qui lui sont associés, disposés dans un environnement architectural débarrassé des installations commerciales contemporaines.

Les murs pourraient retrouver une teinte verte conforme aux recherches historiques qui seront conduites, tandis que les menuiseries, les éléments décoratifs et l'éclairage seraient traités dans le respect du caractère ancien de la maison.

Une attention particulière serait accordée à la présentation du billard lui-même, dont la conservation et l'histoire justifient une mise en valeur spécifique.

L'objectif ne serait pas de créer un décor artificiel, mais de permettre au visiteur de retrouver la lecture d'une pièce de la maison telle qu'elle pouvait se présenter en 1821, en distinguant soigneusement les éléments authentiques des interventions contemporaines.

Cette restitution contribuerait à rappeler que Longwood House était aussi un lieu de vie quotidienne, organisé autour de fonctions domestiques et de relations humaines qui ne se limitaient pas aux appartements occupés par Napoléon.

3. Nature des travaux envisagés

L'ancienne pièce des serviteurs de 1821 est actuellement la boutique du musée. 

La transformation nécessiterait d'abord le démontage et l'évacuation des aménagements actuels de la boutique, notamment les comptoirs, les présentoirs et les mobiliers commerciaux.

Une étude de l'état de la pièce permettrait ensuite de définir les interventions nécessaires sur les murs, les peintures, les menuiseries et les installations techniques.

Le transfert du billard devrait faire l'objet d'une préparation particulière. Compte tenu de ses dimensions, de son poids et de son ancienneté, les opérations de démontage éventuel, de manutention, de déplacement et de réinstallation devront être définies avec des professionnels compétents, afin d'éviter tout dommage à l'objet comme au bâtiment.

Les accessoires historiques, notamment le porte-queues et le compte-points, seraient réinstallés selon une disposition étudiée à partir des documents disponibles et des contraintes de conservation.

La présentation finale pourrait être complétée par un dispositif d'interprétation discret, permettant au visiteur de comprendre la fonction de cette salle et sa place dans l'organisation domestique de Longwood House.

L'ensemble des interventions devra respecter les exigences de conservation des collections et du bâtiment historique.

4. Études historiques et expertise patrimoniale



La restitution de l'état de 1821 suppose une démarche préalable de recherche et de vérification.

Les sources documentaires, les représentations anciennes, les inventaires et les éléments matériels conservés devront être confrontés afin de préciser, dans toute la mesure du possible, les caractéristiques historiques de la pièce et la disposition de son mobilier.

Cette étude devra notamment permettre de confirmer les choix de couleurs, les traitements décoratifs et l'emplacement des accessoires.

L'intervention d'un architecte compétent en matière de patrimoine historique sera nécessaire pour définir les travaux, tandis qu'un spécialiste de la conservation-restauration devra examiner les conditions de déplacement et de présentation du billard et de ses accessoires.

Il conviendra également de vérifier que les conditions climatiques et matérielles de la nouvelle salle sont compatibles avec leur conservation durable.

Le projet devra privilégier des interventions mesurées et, autant que possible, réversibles, sans compromettre les éléments historiques encore présents.

5. Objet du financement recherché

Cette opération constitue un projet patrimonial à part entière, dont le financement pourrait être recherché indépendamment des autres composantes de la réforme muséale.

Le soutien sollicité aurait pour objet de permettre la réalisation des études historiques et techniques, la préparation de la pièce, les travaux de restauration intérieure, le transfert et la réinstallation du billard, ainsi que la présentation de ses accessoires.

Il couvrirait également, si les études en démontrent la nécessité, les interventions de conservation-restauration sur les éléments mobiliers et les dispositifs de protection ou d'éclairage adaptés.

Le montant du financement devra être déterminé à partir des études et des devis établis par les professionnels concernés.

La réalisation de cette restitution restera liée au transfert préalable de la boutique vers le nouveau centre d'accueil des visiteurs. Cette dépendance fonctionnelle n'empêche cependant pas de définir, de présenter et de financer séparément les travaux propres à la salle de billard.


Projet de restitution de l'ancienne salle de billard des domestiques de Longwood House dans son état de 1821. Le billard historique et ses accessoires seraient transférés dans l'actuelle boutique, après le départ de celle-ci vers le nouveau centre d'accueil. Projection illustrative, dont les choix décoratifs et les modalités de réalisation devront être confirmés par les études historiques et patrimoniales.


6. Une restitution au service de la cohérence historique de Longwood House

La restitution de la salle de billard dans son état de 1821 répond à l'une des ambitions essentielles de la réforme muséale : rendre à Longwood House sa lisibilité historique, sans sacrifier les nécessités de son fonctionnement contemporain.

Elle permettrait de replacer un meuble ancien et ses accessoires dans l'espace auquel ils étaient destinés, de libérer l'actuel parloir pour sa propre restitution et de faire disparaître les installations commerciales d'une pièce historique.

Cette transformation contribuerait ainsi à une meilleure compréhension de la vie quotidienne à Longwood, en donnant une place plus juste aux espaces domestiques qui entouraient les appartements de Napoléon.

Par son périmètre clairement défini, elle se prête à un financement spécifique, dont les résultats seraient immédiatement perceptibles dans le parcours de visite.

Il s'agirait, en définitive, de rendre à deux pièces de Longwood House leur fonction historique, en s'appuyant sur les éléments authentiques conservés et sur une restitution aussi fidèle que possible à l'état de 1821.

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #13 - Création d'un Centre d'archives et de documentation dédié.

 

Longwood House

Projet de création d'un Centre d'archives et de documentation

L'argenterie depuis la cour intérieure

Emplacement sur le plan de Longwood House



1. Présentation et origine du projet

La réorganisation muséale de Longwood House, actuellement à l'étude, prévoit notamment le transfert de la billetterie et de la boutique vers un nouveau centre d'accueil des visiteurs. Cette évolution permettra de restituer à plusieurs pièces de la maison leurs fonctions historiques, tout en libérant des espaces susceptibles d'être affectés à de nouvelles missions patrimoniales.

Parmi ceux-ci figure l'ancienne argenterie de la maison de Napoléon, aujourd'hui utilisée comme réserve de la boutique.

Vues de l'argenterie aujourd'hui 


Cette pièce, d'une superficie de 24,8 m², conserve une grande partie de son caractère architectural, notamment ses murs anciens, ses fenêtres, sa cheminée et son plafond à poutres apparentes. Son sol a été refait en 2015.

Sa réaffectation offre l'occasion de créer, au sein même de Longwood House, un Centre d'archives et de documentation, destiné à accueillir des fonds documentaires et, selon les possibilités techniques qui seront retenues, certaines collections patrimoniales nécessitant des conditions particulières de conservation.

Ce projet s'inscrit dans une démarche plus générale visant à renforcer les fonctions scientifiques et patrimoniales des Domaines nationaux à Sainte-Hélène, parallèlement à l'amélioration de l'accueil des visiteurs et de la présentation muséale des lieux.


2. Objectifs du Centre d'archives et de documentation



Projections illustratives de différentes possibilités d’aménagement de l’ancienne argenterie de Napoléon (24,8 m²), destinée à devenir le Centre d’archives et de documentation de Longwood House. Ces propositions, sans caractère définitif, visent à illustrer le potentiel de cet espace historique. Le choix des aménagements et des équipements sera déterminé à l’issue d’études conduites par un architecte et un spécialiste de la conservation préventive.





Le futur centre aurait pour vocation de réunir, conserver, classer et inventorier les archives et la documentation relatives à l'histoire des Domaines nationaux, à la conservation de leurs bâtiments et de leurs collections, ainsi qu'à la présence napoléonienne à Sainte-Hélène.

Il pourrait notamment accueillir des archives administratives et historiques, des dossiers de restauration, des documents iconographiques, des photographies, des plans, des ouvrages de référence et divers ensembles documentaires actuellement dispersés ou conservés dans des conditions qui mériteraient d'être améliorées.

À ces fonds existants pourraient progressivement s'ajouter de nouvelles acquisitions, donations ou legs, permettant d'enrichir les ressources documentaires mises à la disposition des Domaines nationaux et des chercheurs.

Le centre serait principalement un espace de conservation, de classement, d'inventaire et de travail documentaire. Il pourrait également permettre la consultation ponctuelle de certains fonds par des historiens et chercheurs, sur rendez-vous, après autorisation et sous surveillance.

Il ne s'agirait donc ni d'une bibliothèque publique ni d'un nouvel espace du parcours muséal, mais d'un équipement de travail et de conservation, dont l'utilité se mesurerait d'abord à la qualité des services rendus à la gestion des collections, à la connaissance historique et à la recherche.

3. Deux orientations possibles pour l'aménagement

Les premières études et projections visuelles ont permis d'explorer deux grandes orientations, qui pourraient être retenues séparément ou combinées.

Option 1 : un centre d'archives et de documentation doté de mobilier de conservation traditionnel



Cette première proposition privilégie l'installation de bibliothèques et d'armoires de rangement, adaptées à la conservation de documents, d'ouvrages, de dossiers et de boîtes d'archives.

Le mobilier pourrait être conçu pour s'intégrer discrètement à l'architecture de la pièce, notamment par l'emploi de boiseries et de teintes compatibles avec son caractère historique.

Une table de travail de dimensions modestes, accompagnée de deux chaises, permettrait les opérations d'inventaire, de classement et la consultation occasionnelle de documents.

Cette solution présenterait l'avantage d'une grande simplicité d'utilisation, d'une bonne intégration architecturale et d'une certaine polyvalence dans l'organisation des fonds.

Elle devrait toutefois être adaptée aux exigences réelles de conservation. L'apparence traditionnelle du mobilier ne saurait, à elle seule, garantir son aptitude à recevoir des documents patrimoniaux fragiles. Le choix des matériaux, des systèmes de fermeture, des dispositifs de ventilation et des contenants devrait être validé par un spécialiste.

Option 2 : un espace associant documentation et stockage spécialisé des collections iconographiques



Une seconde orientation consisterait à réserver une partie de la pièce à des équipements professionnels destinés au rangement de collections graphiques et picturales.

Les projections réalisées illustrent notamment la possibilité d'installer des systèmes de stockage pour œuvres encadrées, comparables aux équipements proposés par des fabricants spécialisés tels que Rackline.

Ces dispositifs, constitués de panneaux grillagés mobiles ou coulissants, permettraient, sous réserve de leur adaptation aux dimensions et aux contraintes de la pièce, de conserver des peintures, dessins encadrés, gravures et autres œuvres pouvant être suspendues sur des supports appropriés.

Cette solution offrirait un moyen de mieux organiser et protéger certaines collections aujourd'hui difficiles à entreposer, tout en facilitant leur identification et leur accès pour les besoins de l'inventaire, de l'étude ou de la conservation.

Elle impliquerait néanmoins des contraintes techniques particulières : encombrement des équipements, capacité portante du sol, fixation des rails, sécurité des œuvres, stabilité climatique et conditions de manipulation.

Le recours à un tel dispositif ne pourrait donc être envisagé qu'après une étude spécialisée.

Ces deux orientations ne constituent pas des solutions définitives. Elles servent à illustrer les possibilités offertes par la réaffectation de la pièce. L'étude pourrait également conclure à l'intérêt d'un aménagement mixte, associant des armoires documentaires et un espace de stockage spécialisé, ou recommander une autre organisation répondant mieux aux besoins réels des collections.

4. Une condition essentielle : l'expertise en conservation préventive

La création de ce centre ne peut être envisagée comme une simple opération d'aménagement intérieur.

Longwood House est un bâtiment historique situé dans un environnement climatique particulièrement humide. La conservation durable d'archives, d'ouvrages anciens, de documents graphiques ou d'œuvres encadrées exige des conditions adaptées à la nature et à la fragilité de chaque catégorie de biens.

Le projet devra donc impérativement bénéficier de l'intervention d'un spécialiste de la conservation préventive des archives et des collections patrimoniales.

Sa mission consisterait d'abord à examiner la nature, le volume et l'état des fonds susceptibles d'être accueillis, afin d'en déterminer les besoins spécifiques et les éventuelles incompatibilités de conservation.

Il lui appartiendrait ensuite d'évaluer les conditions offertes par la pièce, notamment les variations de température et d'humidité relative, les risques de condensation, les effets de la lumière naturelle, les possibilités de ventilation, les risques biologiques et les exigences de sécurité.

Cette expertise permettrait de déterminer les conditions préalables à l'installation des collections, les équipements réellement nécessaires et les solutions de rangement les plus appropriées.

Elle devrait également préciser les modalités de surveillance et d'entretien permettant d'assurer durablement la conservation des fonds, en tenant compte des moyens humains et techniques dont disposent les Domaines nationaux à Sainte-Hélène.

La recherche d'un équilibre entre les exigences scientifiques de conservation, la simplicité de fonctionnement et les contraintes propres à l'île constituera l'un des principaux enjeux de cette étude.

5. Travaux préparatoires et intervention architecturale

Avant tout aménagement, il conviendra de procéder à une étude de l'état sanitaire de la pièce.

Une attention particulière devra être portée à la reprise de l'étanchéité des fenêtres et des murs, afin de limiter les infiltrations et les risques liés à l'humidité. Les travaux envisagés devront respecter les caractéristiques historiques du bâtiment et préserver la capacité des maçonneries anciennes à gérer les échanges d'humidité.

Le sol, refait en 2015, pourra être conservé si son état et ses caractéristiques techniques se révèlent compatibles avec les aménagements projetés.

La cheminée historique, bien qu'encore fonctionnelle, sera maintenue comme élément architectural et décoratif. Sa remise en service ne présente aucun intérêt pour le fonctionnement du futur centre et introduirait des risques et des contraintes inutiles.

La hauteur disponible sous les poutres, d'environ 2,05 mètres, devra également être prise en considération dans le choix et le dimensionnement du mobilier.

L'intervention d'un architecte sera indispensable pour examiner les différentes possibilités d'aménagement, organiser les circulations, assurer l'intégration des équipements et définir les travaux nécessaires.

Cette mission devra être conduite en étroite concertation avec le spécialiste de la conservation préventive, afin que les choix architecturaux et les exigences de conservation ne soient pas traités indépendamment les uns des autres.

Le projet devra enfin prendre en compte les contraintes d'approvisionnement, de transport, d'installation et de maintenance propres à Sainte-Hélène.

6. Portée et limites des projections visuelles

Les images réalisées pour illustrer ce projet présentent différentes hypothèses d'aménagement, depuis une bibliothèque d'archives traditionnelle jusqu'à une solution intégrant des équipements professionnels de stockage des œuvres.

Elles ont pour objet de rendre perceptible le potentiel de transformation de l'ancienne argenterie et de faciliter les échanges avec les partenaires institutionnels et les mécènes susceptibles d'accompagner cette opération.

Ces représentations sont exclusivement des projections d'intention. Elles ne constituent ni des plans d'exécution, ni des prescriptions techniques, ni une décision quant au choix du mobilier ou des équipements.

Leur réalisation éventuelle restera subordonnée aux conclusions des études architecturales et de conservation, ainsi qu'aux financements disponibles.

7. Objet du financement recherché

Le financement recherché doit permettre de conduire le projet dans son ensemble, depuis les études préalables jusqu'à la mise en service du centre.

Il devra notamment couvrir :

  • L'expertise préalable des fonds et des conditions de conservation, confiée à un spécialiste qualifié.

  • Les études architecturales et techniques nécessaires à la définition du projet.

  • Les investigations et travaux d'assainissement, d'étanchéité et d'adaptation de la pièce.

  • L'acquisition ou la fabrication du mobilier de conservation et, le cas échéant, des équipements spécialisés de stockage.

  • L'installation des dispositifs nécessaires au contrôle et à la surveillance des conditions de conservation.

  • L'équipement du poste de travail documentaire, notamment pour l'inventaire, le catalogage et la numérisation.

  • Les frais de transport, d'installation et de mise en service à Sainte-Hélène.

Le budget définitif ne pourra être établi qu'à l'issue des études préalables, lorsque les solutions techniques auront été définies et que leur faisabilité aura été vérifiée.

Il serait donc prématuré de retenir aujourd'hui un montant fondé sur une disposition particulière du mobilier ou sur le choix d'un fabricant.

L'ambition est au contraire de réunir les moyens nécessaires pour faire étudier, sélectionner et financer la solution la mieux adaptée, plutôt que d'imposer un aménagement dont la pertinence scientifique et technique n'aurait pas encore été démontrée.

8. Conclusion : donner une nouvelle vocation patrimoniale à un espace historique

La création d'un Centre d'archives et de documentation dans l'ancienne argenterie de Longwood House offrirait à cette pièce une nouvelle vocation, directement liée aux missions de conservation et de transmission des Domaines nationaux.

Au-delà de l'aménagement d'une salle de travail, il s'agirait de constituer progressivement un lieu de référence pour la conservation des archives et de la documentation relatives à Longwood House, aux autres sites napoléoniens de Sainte-Hélène et à leur histoire.

Cette initiative permettrait également d'envisager l'accueil de nouveaux fonds documentaires, de favoriser leur étude et de mieux préparer leur transmission aux générations futures.

La réussite de ce projet reposera sur une collaboration étroite entre les Domaines nationaux, un architecte et un spécialiste de la conservation préventive, afin de concilier le respect du bâtiment historique, les exigences scientifiques et les réalités matérielles de son fonctionnement.

Le financement recherché n'a donc pas pour objet de reproduire l'une des images proposées, mais de permettre la conception et la réalisation d'un équipement patrimonial durable, dont la forme définitive sera déterminée par les besoins des collections et les conclusions des études spécialisées.

samedi 31 octobre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #11 - Vitrines

 

Longwood House : les protections vitrées prennent leur place

À Longwood House, le travail de protection des collections se poursuit, pièce après pièce, avec une ambition aussi simple à énoncer que délicate à mettre en œuvre : préserver les objets et les décors historiques tout en permettant aux visiteurs de retrouver, autant que possible, l'atmosphère des dernières années de Napoléon à Sainte-Hélène.

La salle à manger de l'Empereur à Longwood

Une nouvelle étape vient d'être franchie avec l'achèvement de l'installation des protections vitrées dans plusieurs espaces de la maison : la salle à manger, la chambre mortuaire, la salle de bains, la bibliothèque ainsi que la petite dépendance où Marchand rangeait les vêtements de Napoléon. Une partie de la salle de billard a également été équipée afin d'assurer la protection des globes.

Salle de bain  de l'Empereur à Longwood

Ces interventions, parfois discrètes au point de passer presque inaperçues, répondent à une exigence essentielle : protéger sans enfermer, rendre les collections moins vulnérables sans interposer entre elles et le visiteur un dispositif qui ferait oublier les lieux où elles se trouvent.

 Le bureau de l'Empereur à Longwood transformé en chapelle ardente



Chambre de rangement des effets personnels de l'Empereur



Il reste désormais deux espaces à traiter : la chambre à coucher et, surtout, le salon, dont la configuration rendra l'intervention particulièrement complexe. C'est là que se présenteront les difficultés les plus importantes, tant il faudra concilier les nécessités de la conservation avec le respect de l'architecture intérieure et de la perception des volumes.

Bibliothèque de l'Empereur à Longwood

La scénographie proprement dite n'interviendra qu'une fois l'ensemble de ces installations achevé. La mise à distance des objets rendra alors possible une présentation beaucoup plus vivante des intérieurs, en disposant livres, cartes, bougeoirs, encriers, plumes et autres objets familiers de manière à évoquer les occupations quotidiennes des habitants de Longwood. Il ne s'agira pas de multiplier les pièces exposées, mais de leur restituer une présence, des rapports entre elles, et cette apparence de vie qu'une présentation purement muséale peine parfois à conserver.

Peu à peu, Longwood House se prépare ainsi à accueillir ses visiteurs dans de meilleures conditions, sans rien perdre, nous l'espérons, de ce qui fait sa singularité : non pas un musée ordinaire, mais une maison où l'histoire semble encore habiter les pièces.

jeudi 15 octobre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #7

 

Longwood House : protéger les témoins de l'exil pour mieux les faire découvrir

Les premières parois vitrées viennent de prendre place dans les appartements de Longwood House. Leur installation marque une nouvelle étape dans le travail de conservation et de présentation des collections que nous poursuivons depuis plusieurs années, avec le soutien conjoint de la Fondation Napoléon et du Fonds de Dotation Brousse Dell’Aquila.




À première vue, il ne s'agit que de quelques surfaces transparentes, presque invisibles, destinées à séparer les visiteurs des objets et des meubles exposés. Mais leur rôle dépasse largement cette simple fonction protectrice.

Longwood possède en effet une particularité que peu de demeures historiques peuvent revendiquer : sur les 122 pièces de mobilier fournies par l'administration britannique pour les besoins de Napoléon et de son entourage durant la captivité, 82 sont aujourd'hui conservées dans nos collections, avec une provenance qui peut être retracée depuis leur dispersion lors des ventes aux enchères organisées sur l'île en 1822.



Ces meubles ne sont donc pas de simples évocations d'un décor disparu. Ils sont les témoins matériels de la vie quotidienne à Longwood, ceux-là mêmes qui ont accompagné les dernières années de Napoléon et dont l'histoire nous est parvenue avec une continuité documentaire exceptionnelle.

Pendant longtemps, la visite de la maison a permis une proximité presque familière avec ce mobilier. On pouvait s'en approcher, parfois le toucher, et cette liberté contribuait certainement au sentiment particulier qu'éprouvaient les visiteurs en parcourant les pièces de la captivité. Je comprends l'attachement que certains peuvent conserver à cette manière de découvrir Longwood, et je le partage même, dans une certaine mesure.

Mais les années passent, les objets vieillissent, et les responsabilités de ceux qui en ont la garde demeurent.

Un meuble ancien ne se détériore pas seulement à la suite d'un accident spectaculaire. Il souffre aussi de l'accumulation de gestes anodins, d'une main posée sur un dossier, d'un appui sur une table, d'un frottement répété. Ce qui paraît insignifiant à l'échelle d'une visite devient, au fil des décennies, une altération irréversible.

Notre responsabilité n'est pas seulement de permettre aux visiteurs d'aujourd'hui de découvrir Longwood, mais de transmettre ses collections à ceux qui viendront après nous.


Première pièce protégée : la salle à manger

Les nouvelles parois vitrées répondent également à une ambition muséographique. Leur disposition permettra de mieux mettre en évidence les petits objets, souvent difficiles à distinguer jusqu'à présent, tout en restituant plus clairement les espaces de la captivité et les relations entre le mobilier, les pièces et leurs occupants.

Il ne s'agit donc pas de transformer Longwood en un musée impersonnel, encore moins d'effacer cette atmosphère domestique qui constitue une part essentielle de son caractère. Au contraire, nous cherchons à préserver ce qui fait sa singularité : une maison historique dont les pièces, les meubles et les objets continuent de raconter, ensemble, une histoire humaine.

Certains regretteront peut-être de ne plus pouvoir approcher les meubles comme autrefois. Je peux comprendre cette nostalgie. Mais je ne crois pas que l'émotion suscitée par un objet dépende de la possibilité de le toucher. Elle naît bien davantage de ce que nous savons de lui, de ceux qui l'ont possédé, utilisé ou simplement côtoyé.

À Longwood, une chaise, une table ou un petit objet familier prennent toute leur signification lorsqu'on les replace dans la vie de ceux qui habitèrent ces lieux entre 1815 et 1821.

Les photographies qui accompagnent ce billet montrent les premières étapes de cette installation. Il reste encore du travail avant que l'ensemble trouve son équilibre définitif.

Je tiens enfin à remercier très chaleureusement la Fondation Napoléon et le Fonds de Dotation Brousse Dell’Aquila, dont le soutien conjoint permet de poursuivre cette entreprise de conservation et de valorisation d'un patrimoine qui appartient à l'État français, mais dont la portée historique dépasse largement nos frontières.

Après tout, préserver Longwood ne consiste pas à immobiliser le passé, mais à lui donner les moyens de traverser l'avenir.

lundi 5 octobre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #6

Le Projet muséal de Longwood entre dans sa phase concrète

Les premières images sont encore modestes. Elles montrent des arbres abattus, des espaces dégagés, une pelleteuse au travail. Pourtant, c’est bien ici que commence, très concrètement, la mise en œuvre du Projet muséal de Longwood.

Avant de construire, d’aménager ou de restituer, il faut préparer les lieux.


Ces premiers travaux concernent les cheminements qui permettront demain d’organiser plus clairement l’entrée et la sortie des visiteurs, autour du futur espace d’accueil. Il s’agit donc, pour l’instant, de dégager les accès, de reprendre les abords, d’abattre certains arbres devenus gênants ou dangereux et de préparer les circulations nécessaires au nouveau parcours de visite.




Cette étape peut sembler éloignée de la muséographie proprement dite. Elle en constitue pourtant l’un des fondements. Le projet prévoit en effet que le visiteur soit accueilli avant son entrée dans la Maison de Longwood, puis qu’il rejoigne celle-ci à pied, par les jardins et les cheminements extérieurs. Cette approche fait partie intégrante du récit : quelques minutes durant lesquelles le paysage, le vent et la végétation préparent déjà à la découverte de la maison. Projet muséal pour la Maison de…

Le projet entre ainsi dans cette période particulière où les dessins, les études et les intentions commencent à prendre corps dans le paysage.


Nous suivrons ici, au fil des semaines et des mois, l’évolution du chantier : non pas comme un grand récit institutionnel, mais simplement depuis Longwood, au plus près des travaux, des difficultés, des transformations et des solutions trouvées sur place.

Aujourd’hui : ouvrir les passages. Demain : y faire passer les visiteurs.


jeudi 17 septembre 2026

Longwood House — Carnet de la réforme muséale #5

Le Souvenir napoléonien s'engage aux côtés de Longwood House

Il est des nouvelles qui dépassent le simple cadre d'un projet. Celle-ci en est une.

Le Souvenir napoléonien vient de lancer officiellement une campagne nationale de souscription destinée à soutenir le projet « Longwood House 2026 », consacré à la préservation et à la mise en valeur de la dernière demeure de Napoléon à Sainte-Hélène.

Au-delà de l'appel à la générosité de ses adhérents, cette initiative revêt, à mes yeux, une signification toute particulière.



Depuis plus d'un siècle, le Souvenir napoléonien rassemble celles et ceux qui entretiennent la mémoire de Napoléon à travers la recherche historique, les publications, les conférences et les activités culturelles. De leur côté, les Domaines nationaux français de Sainte-Hélène ont pour mission, depuis 1858, de conserver les lieux mêmes où cette histoire s'est achevée.

Ces deux missions étaient naturellement complémentaires. Pourtant, elles n'avaient jamais réellement trouvé l'occasion de se rejoindre autour d'un projet commun.

C'est précisément ce que permet aujourd'hui cette campagne.

Le projet « Longwood House 2026 » ne consiste pas à transformer la maison de l'Empereur. Bien au contraire. Il vise à préserver son authenticité tout en offrant aux visiteurs du XXIᵉ siècle les moyens de mieux comprendre ce qu'a été l'exil de Napoléon : un nouvel espace d'accueil, une meilleure présentation des collections, des outils d'interprétation renouvelés et un parcours de visite enrichi, dans le respect absolu de l'esprit des lieux.

Réaliser un tel projet sur l'une des îles les plus isolées du monde représente un défi particulier. Les visiteurs sont infiniment moins nombreux que dans les grands sites historiques européens, alors même que les exigences de conservation et de qualité d'accueil sont les mêmes, sinon supérieures. C'est pourquoi le soutien de tous ceux qui sont attachés à la mémoire napoléonienne prend ici une importance toute particulière.

Je tiens à remercier très chaleureusement Guy Carrieu, président du Souvenir napoléonien, Jean-Marc Auger, qui a porté cette initiative au sein de l'association, ainsi que l'ensemble des membres de son Conseil d'administration pour la confiance qu'ils accordent à ce projet. Mes remerciements vont également à Paskalita Francheteau, dont l'engagement discret mais déterminant a permis de créer le lien entre le Souvenir napoléonien et la Saint Helena Napoleonic Heritage Ltd, porteuse du projet.

J'aime à penser que cette campagne ne marque pas seulement le début d'une souscription. Elle ouvre peut-être une nouvelle page dans les relations entre le Souvenir napoléonien et les Domaines nationaux français à Sainte-Hélène.

Car préserver Longwood House, ce n'est pas seulement entretenir une demeure historique.

C'est transmettre aux générations futures le lieu où l'Histoire est devenue mémoire.

Les personnes qui souhaiteraient soutenir cette initiative trouveront toutes les informations utiles sur le site du Souvenir napoléonien :

https://lesouvenirnapoleonien.fr/longwood-house-2026/

Si cette campagne rencontre le succès que nous espérons, elle aura atteint un second objectif qui me tient particulièrement à cœur : avoir rapproché durablement ceux qui font vivre la mémoire de Napoléon de l'un des lieux où cette mémoire est née.



dimanche 16 août 2026

Quelques mots depuis l’Élysée

 Une photographie officielle du président de la République, Emmanuel Macron, vient de rejoindre Longwood, accompagnée de ces quelques mots manuscrits :



« Pour Michel Dancoisne-Martineau, qui veille depuis Longwood à Napoléon et notre histoire, avec ma reconnaissance. »

Au-delà de son destinataire, j’aime surtout y lire un hommage à Longwood et à cette présence française maintenue à Sainte-Hélène depuis bientôt deux siècles.

Un témoignage contemporain qui trouvera naturellement sa place dans les archives du Domaine.

lundi 2 mars 2026

Les domaines français à travers le monde

 Il existe, au-delà des frontières de la République, quelques domaines français historiques dispersés entre l’Europe, le Proche-Orient et l’océan Atlantique.

Domaine national de Longwood, 2014


Ces domaines sont des propriétés de l’État français situées sur le territoire de pays souverains. Ils ne constituent pas des enclaves : la France n’y exerce pas de souveraineté politique pleine et entière, même si des dispositions particulières peuvent s’y appliquer en raison de leur statut spécifique.

Ces lieux, singuliers par leur histoire, témoignent d’un passé diplomatique, culturel et religieux dense. La liste qui suit n’est peut-être pas absolument exhaustive, mais elle permet de saisir l’ampleur et la diversité de ces implantations.


1 – Les Pieux Établissements de la France à Rome et à Lorette

Placés sous la tutelle de l’ambassade de France auprès du Saint-Siège, les Pieux Établissements résultent de donations anciennes.

Ils comprennent notamment :

Cinq églises et leurs dépendances :

  • La Trinité-des-Monts

  • Saint-Louis-des-Français et le couvent attenant

  • Saint-Nicolas-des-Lorrains

  • Saint-Yves-des-Bretons

  • Saint-Claude-des-Francs-Comtois de Bourgogne

S’y ajoutent plusieurs immeubles à Rome ainsi que la chapellenie de l’église de Lorette et quelques hectares attenants.


2 – La Villa Médicis

Toujours à Rome, la Villa Médicis constitue l’un des symboles majeurs de la présence culturelle française à l’étranger.

L’Académie de France à Rome, créée en 1666 sous l’impulsion de Colbert, permit à des artistes tels que Boucher, Fragonard ou Houdon de parfaire leur formation. Supprimée au début de la Révolution, elle fut rétablie en 1795 par le Directoire.

Le 18 mai 1803, l’Académie quitta le Palais Mancini pour s’installer à la Villa Médicis, ancienne résidence du cardinal Ferdinand de Médicis au XVIᵉ siècle. Depuis lors, d’illustres pensionnaires — Gounod, Debussy, Berlioz ou Bizet — y ont travaillé.

La Villa Médicis demeure, en quelque sorte, l’ambassade de l’art français à Rome.


3 – Au Proche-Orient

Plusieurs domaines français sont situés en Israël et à Jérusalem :

  • L’église Sainte-Anne, construite sur le site supposé de la maison des parents de la Vierge Marie et proche de la piscine de Bethesda.

  • Abou-Gosh (Abu Gosh), ancienne commanderie croisée comprenant une église et une crypte, aujourd’hui abbaye bénédictine.

  • L’Eleona, lieu traditionnellement identifié comme celui où le Christ aurait enseigné le Notre-Père.

  • Le Tombeau des Rois, mausolée attribué à la princesse Hélène d’Adiabène.

Ces sites, à forte charge spirituelle et historique, relèvent d’un régime particulier hérité du XIXᵉ siècle.


Domaine national de la Tombe de Napoléon

4 – Sur l’île de Sainte-Hélène

Dans l’Atlantique Sud, trois domaines français sont situés sur le territoire britannique de Sainte-Hélène :

  • Longwood House, où Napoléon passa les dernières années de son exil.

  • La Vallée du Géranium (Vallée du Tombeau).

  • Le Pavillon des Briars.

Longwood House et la Vallée du Tombeau furent acquis par Napoléon III auprès du gouvernement britannique. Le Pavillon des Briars fut offert à la France en 1959 par l’arrière-petite-fille de William Balcombe.

Ces propriétés constituent un cas emblématique de dissociation entre propriété domaniale française et souveraineté britannique.


Domaine national des Briars



5 – La forêt de l’Obermundat

La forêt de l’Obermundat, près de Wissembourg (Bas-Rhin), offre un autre exemple de domaine français situé hors du territoire national.

Initialement française, elle fut rattachée à la Bavière rhénane en 1815. Après la Seconde Guerre mondiale, elle fut provisoirement réunie à la France afin d’assurer l’approvisionnement en eau de la ville de Wissembourg.

Le 23 avril 1949, l’ordonnance 212 du général Koenig formalisa son annexion provisoire au département du Bas-Rhin.

Un accord franco-allemand du 10 mai 1984 rétablit la frontière antérieure tout en maintenant la propriété foncière française de la forêt (à l’exception des ruines du château du Guttenberg). Aujourd’hui, cette forêt domaniale française située en Allemagne est gérée par l’Office national des forêts.


Ces domaines, dispersés à travers le monde, illustrent la complexité des héritages diplomatiques et juridiques du XIXᵉ siècle.

Ils rappellent surtout que la présence d’un État ne se limite pas à la souveraineté politique. Elle peut aussi s’inscrire dans la mémoire, dans la culture et dans la propriété.

Et parfois, comme à Sainte-Hélène, dans le silence d’un plateau battu par les vents.

jeudi 17 avril 2025

Les gouaches du "Chinois"

Parmi les oeuvres présentées aux domaines nationaux de Sainte-Hélène, nous trouvons quelques gouaches réalisées par un artiste chinois qui proposait entre 1821 et 1840 ses oeuvres aux nombreux visiteurs qui faisaient alors escales sur l'île. 

Les Briars et la cascade (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


La Tombe de Napoléon (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Jamestown, Main Street (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Porteous House, Jamestown  (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)



Napoléon sur son lit de mort (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Longwood New House (dépôt du Musée national de Malmaison)

La tombe de Napoléon  (dépôt du Musée national de Malmaison)


Longwood New House  (dépôt du Musée national de Malmaison)


La Tombe de Napoléon  (dépôt du Musée national de Malmaison)



Entrée du domaine de la Tombe de Napoléon (dépôt du Musée national de Malmaison)

dimanche 26 février 2023

Mariage à la Maison Longwood

 Tous mes voeux de bonheur à Katia et Emmanuel qui se sont mariés à la maison de Longwood jeudi dernier dans les lieux mêmes (appartement de Montholon) où, en 1819, deux couples Français comme eux (Saint-Denis dit Ali avec Mary Hall et Jean Abram Noverraz avec Marie-Anne Joséphine Brûlé) avaient prêté le même serment.





J'ai été un de leurs deux témoins.