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lundi 2 mars 2026

Les domaines français à travers le monde

 Il existe, au-delà des frontières de la République, quelques domaines français historiques dispersés entre l’Europe, le Proche-Orient et l’océan Atlantique.

Domaine national de Longwood, 2014


Ces domaines sont des propriétés de l’État français situées sur le territoire de pays souverains. Ils ne constituent pas des enclaves : la France n’y exerce pas de souveraineté politique pleine et entière, même si des dispositions particulières peuvent s’y appliquer en raison de leur statut spécifique.

Ces lieux, singuliers par leur histoire, témoignent d’un passé diplomatique, culturel et religieux dense. La liste qui suit n’est peut-être pas absolument exhaustive, mais elle permet de saisir l’ampleur et la diversité de ces implantations.


1 – Les Pieux Établissements de la France à Rome et à Lorette

Placés sous la tutelle de l’ambassade de France auprès du Saint-Siège, les Pieux Établissements résultent de donations anciennes.

Ils comprennent notamment :

Cinq églises et leurs dépendances :

  • La Trinité-des-Monts

  • Saint-Louis-des-Français et le couvent attenant

  • Saint-Nicolas-des-Lorrains

  • Saint-Yves-des-Bretons

  • Saint-Claude-des-Francs-Comtois de Bourgogne

S’y ajoutent plusieurs immeubles à Rome ainsi que la chapellenie de l’église de Lorette et quelques hectares attenants.


2 – La Villa Médicis

Toujours à Rome, la Villa Médicis constitue l’un des symboles majeurs de la présence culturelle française à l’étranger.

L’Académie de France à Rome, créée en 1666 sous l’impulsion de Colbert, permit à des artistes tels que Boucher, Fragonard ou Houdon de parfaire leur formation. Supprimée au début de la Révolution, elle fut rétablie en 1795 par le Directoire.

Le 18 mai 1803, l’Académie quitta le Palais Mancini pour s’installer à la Villa Médicis, ancienne résidence du cardinal Ferdinand de Médicis au XVIᵉ siècle. Depuis lors, d’illustres pensionnaires — Gounod, Debussy, Berlioz ou Bizet — y ont travaillé.

La Villa Médicis demeure, en quelque sorte, l’ambassade de l’art français à Rome.


3 – Au Proche-Orient

Plusieurs domaines français sont situés en Israël et à Jérusalem :

  • L’église Sainte-Anne, construite sur le site supposé de la maison des parents de la Vierge Marie et proche de la piscine de Bethesda.

  • Abou-Gosh (Abu Gosh), ancienne commanderie croisée comprenant une église et une crypte, aujourd’hui abbaye bénédictine.

  • L’Eleona, lieu traditionnellement identifié comme celui où le Christ aurait enseigné le Notre-Père.

  • Le Tombeau des Rois, mausolée attribué à la princesse Hélène d’Adiabène.

Ces sites, à forte charge spirituelle et historique, relèvent d’un régime particulier hérité du XIXᵉ siècle.


Domaine national de la Tombe de Napoléon

4 – Sur l’île de Sainte-Hélène

Dans l’Atlantique Sud, trois domaines français sont situés sur le territoire britannique de Sainte-Hélène :

  • Longwood House, où Napoléon passa les dernières années de son exil.

  • La Vallée du Géranium (Vallée du Tombeau).

  • Le Pavillon des Briars.

Longwood House et la Vallée du Tombeau furent acquis par Napoléon III auprès du gouvernement britannique. Le Pavillon des Briars fut offert à la France en 1959 par l’arrière-petite-fille de William Balcombe.

Ces propriétés constituent un cas emblématique de dissociation entre propriété domaniale française et souveraineté britannique.


Domaine national des Briars



5 – La forêt de l’Obermundat

La forêt de l’Obermundat, près de Wissembourg (Bas-Rhin), offre un autre exemple de domaine français situé hors du territoire national.

Initialement française, elle fut rattachée à la Bavière rhénane en 1815. Après la Seconde Guerre mondiale, elle fut provisoirement réunie à la France afin d’assurer l’approvisionnement en eau de la ville de Wissembourg.

Le 23 avril 1949, l’ordonnance 212 du général Koenig formalisa son annexion provisoire au département du Bas-Rhin.

Un accord franco-allemand du 10 mai 1984 rétablit la frontière antérieure tout en maintenant la propriété foncière française de la forêt (à l’exception des ruines du château du Guttenberg). Aujourd’hui, cette forêt domaniale française située en Allemagne est gérée par l’Office national des forêts.


Ces domaines, dispersés à travers le monde, illustrent la complexité des héritages diplomatiques et juridiques du XIXᵉ siècle.

Ils rappellent surtout que la présence d’un État ne se limite pas à la souveraineté politique. Elle peut aussi s’inscrire dans la mémoire, dans la culture et dans la propriété.

Et parfois, comme à Sainte-Hélène, dans le silence d’un plateau battu par les vents.

jeudi 17 avril 2025

Les gouaches du "Chinois"

Parmi les oeuvres présentées aux domaines nationaux de Sainte-Hélène, nous trouvons quelques gouaches réalisées par un artiste chinois qui proposait entre 1821 et 1840 ses oeuvres aux nombreux visiteurs qui faisaient alors escales sur l'île. 

Les Briars et la cascade (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


La Tombe de Napoléon (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Jamestown, Main Street (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Porteous House, Jamestown  (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)



Napoléon sur son lit de mort (don Jean-Paul Mayeux - dépôt de la Fondation Napoléon)


Longwood New House (dépôt du Musée national de Malmaison)

La tombe de Napoléon  (dépôt du Musée national de Malmaison)


Longwood New House  (dépôt du Musée national de Malmaison)


La Tombe de Napoléon  (dépôt du Musée national de Malmaison)



Entrée du domaine de la Tombe de Napoléon (dépôt du Musée national de Malmaison)

dimanche 26 février 2023

Mariage à la Maison Longwood

 Tous mes voeux de bonheur à Katia et Emmanuel qui se sont mariés à la maison de Longwood jeudi dernier dans les lieux mêmes (appartement de Montholon) où, en 1819, deux couples Français comme eux (Saint-Denis dit Ali avec Mary Hall et Jean Abram Noverraz avec Marie-Anne Joséphine Brûlé) avaient prêté le même serment.





J'ai été un de leurs deux témoins.



mardi 23 août 2022

La bibliothèque de l’Empereur à Sainte-Hélène, résurrection d’un lieu mythique #03

Avec les dons et les achats d'immortelles disposées sur la tombe de Napoléon en 2021 par l'entremise de la St Helena Napoleonic Heritage et au dévouement d'Éric Barthe, nous avons pu entreprendre la fabrication sur mesure d'une réplique d'un des trois larges corps de bibliothèque de Napoléon à Sainte-Hélène.



La fabrication de ce vaste meuble a été confiée à Cristen Yon, un ébéniste de Sainte-Hélène et un restaurateur familier des styles anglais à qui nous avions déjà confié les restaurations de meubles anciens de la Maison de Longwood entre 2014 et 2016.  



mardi 7 juin 2022

La bibliothèque de l’Empereur à Sainte-Hélène, résurrection d’un lieu mythique #01

 Le Projet 

Aucun des mémorialistes de Sainte Hélène – pas même l’intéressé en charge de la bibliothèque, Saint-Denis [dit Ali] – ne nous a laissé une description de la pièce de la Maison de Longwood qui se trouvait au centre de cette « fabrique historique[1] » qu’était devenue cette prison sise au milieu de l’atlantique sud.



Contre toute attente, en 2019, M Jacques Jourquin qui travaille actuellement sur les papiers manuscrits de Louis-Étienne Saint-Denis dit « Ali » a retrouvé sur un morceau une note manuscrite du bibliothécaire de Napoléon sur l’île une description détaillée de cette pièce. 



En voici le texte[1] :

 « La bibliothèque était une pièce faisant suite à la salle à manger dont elle n'était séparée que par une cloison. C'était l'aile est du bâtiment de Longwood. Dans les premiers temps de notre installation cette pièce avait été habitée par le ménage de M. de Montholon.

Il y avait quatre ouvertures, une porte qui y donnait entrée – était éclairée par trois fenêtres, lesquelles donnaient sur le bosquet. La porte était sur le côté de la cloison, peu éloignée de l'angle de gauche. Au côté perpendiculaire, sont les fenêtres. La pièce a 15 à 16 pieds de long sur 13 à 14 de large. Entre les fenêtres sont deux petits meubles hauts de 5 pieds environ et larges de deux pieds, ayant 1 pied et demi de profondeur, composés de deux parties, l'une supérieure qui formait armoire, l'autre inférieure était à tiroirs. Sur chaque côté, deux petites colonnettes en bois noir, les deux meubles en plaquage d'un bois brun veiné.

Le côté du mur opposé aux fenêtres était garni de deux corps de bibliothèques en acajou, les deux extrémités de la partie supérieure de chaque corps étaient plus en saillie que le milieu. Les rayons étaient fermés par des vantaux garnis de treillis en fil de cuivre, un pour chaque extrémité et deux pour le milieu. La partie inférieure de chaque corps avait 4 armoires à portes pleines. Une tablette en marbre noir courait sur cette partie et avait 7 à 8 pouces dans le milieu et était (deux mots indéchiffrables) dans Je reste. Ces corps qui étaient couronnés d'une petite corniche avaient pour ornement des baguettes de bois noir.

Deux autres corps semblables à ceux ci-dessus existaient aux deux autres côtés. Celui qui était du côté de la porte était moins grand long que celui qui était du côté opposé. Il fut fait à Sainte-Hélène par des soldats menuisiers. Les autres avaient été apportés d'Angleterre.

Les parties inférieures étaient pour les in-folio et les in-quartos, les parties supérieures contenaient les in-douze et les in-8.

En face de la porte et près de la 3ème fenêtre était une petite table, avec un pupitre ayant le jour à gauche. C'est là que j'écrivais. Dans le milieu de la pièce était une grande table quarrée en acajou ordinaire à pieds tournés. Cette table était couverte d'une étoffe blanche (les deux derniers mots rayés et remplacés en marge par « une toile peinte à petits dessins deux mots indéchiffrables ») et destinée pour les cartes. Deux chaises en bois noir et un fauteuil à dossier rond étaient les seuls sièges qui existassent dans cette pièce. Une chaise était couverte d'une forte étoffe de soie bleu-ciel. Le fauteuil était placé en arrière de la table et avait en face les fenêtres. L'Empereur s'y asseyait quelquefois.

Les murs de la bibliothèque sont couverts d'un papier fond gris à petits dessins bleus. »


[1] Description de la pièce-bibliothèque de Longwood. Manuscrit autographe (brouillon). Feuillet 13,5 x 21, recto-verso. Papiers Saint-Denis (fonds Jacques Jourquin) :

 




Travaux proposés

Pour la restituer, il nous faudrait pouvoir :

1-     Faire faire par une ébéniste des répliques des trois corps de bibliothèque en acajou qui furent fabriqués durant les années d’exil à Sainte-Hélène par des soldats menuisiers avec tablette en marbre noir. [Une réplique d’entre-elles existe déjà et est présentée actuellement à Longwood House mais sans son marbre.]

2-     Refaire imprimer en France un papier peint à petits dessins bleus sur fond gris identique à celui qui recouvre déjà aujourd’hui la salle de bain de l’Empereur.

3-     Restaurer les deux bibliothèques « apportées d'Angleterre ». [Présentées actuellement à Plantation House pour l’exposition Sir Hudson Lowe car elles furent emportées par le Gouverneur[1]]

4-     Replacer dans le milieu de la pièce la « grande table quarrée en acajou ordinaire à pieds tournés. Cette table était couverte d'une étoffe blanche. [Ali]», le pupitre,  les deux chaises en bois noir et un fauteuil à dossier rond couverte d'une forte étoffe de soie bleu. 

5-     Refaire la porte donnant sur les jardins en y ajoutant des fenêtres (comme pour la salle-à-manger de Napoléon.  – Ali mentionne que cette porte actuelle était alors troisième fenêtre.

6-     Refaire les rideaux conformes à ceux des autres pièces.



[1] Collection du Napoleonmuseum Thurgau Schloss und Park Arenenberg





[1] L’expression est de Thierry Lentz