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mercredi 25 février 2026

Sainte-Hélène, symbole de l’amitié anglo-française

Sainte-Hélène est l’une des dernières possessions héritées de l’Empire britannique. 

Confetti volcanique posé au milieu de l’Atlantique Sud, elle pourrait n’être qu’un point discret sur les cartes. Pourtant, pour le monde entier — et même pour les Anglo-Saxons eux-mêmes — son nom demeure indissociable de celui de l’empereur des Français.

Parloir, Longwood House

Ainsi, cette île lointaine est devenue un trait d’union paradoxal entre deux grandes et anciennes nations, longtemps rivales, souvent ennemies, mais toujours liées.

En 1815, lorsque Napoléon fut relégué à Sainte-Hélène, l’Europe sortait exsangue de plus de vingt années de bouleversements. Monarchies absolues et régimes libéraux coexistaient dans un équilibre fragile ; conservatisme et libéralisme s’observaient, s’opposaient ; les mouvements nationaux commençaient à s’affirmer.

Comme l’écrivait Gilbert Martineau :

« En 1815, Napoléon mis sous clé à Sainte-Hélène, l'Angleterre et la France s'étaient retrouvées comme après Picquigny mais dans une Europe en ébullition, où monarchies absolues et régimes libéraux coexistaient, conservatisme et libéralisme allaient s'affronter et les mouvements de nationalités s'affirmer. Les deux nations, qui faisaient figure de directeurs de conscience, n'avaient d'autre choix que d'esquisser un rapprochement. »
Gilbert Martineau, L’Entente cordiale, Éditions France-Empire, 1984

L’épisode de Sainte-Hélène marque une césure.


Depuis l’installation de Napoléon sur le rocher atlantique, la France et la Grande-Bretagne ne se sont plus jamais affrontées directement sur un champ de bataille. Les rivalités ont subsisté, les divergences ont perduré, quelques esclandres ont ponctué l’histoire. Mais la guerre ouverte entre les deux nations s’est tue.

Sainte-Hélène est ainsi devenue, presque malgré elle, un monument naturel que l’histoire s’est approprié. Lieu d’exil, lieu de captivité, elle s’est transformée en symbole discret d’une réconciliation progressive.


Entre mémoire française et souveraineté britannique, l’île incarne aujourd’hui cette entente devenue structurelle.

Sur ce plateau battu par les vents, l’histoire des conflits s’est muée en mémoire partagée.
Et lorsque le soir descend sur Longwood, il ne distingue plus les anciennes frontières : il enveloppe simplement un lieu où deux nations ont appris, lentement, à se reconnaître autrement.


dimanche 22 février 2026

Reflections on A Journey to St Helena: Journey's End: - Le dernier Napoléon

Je découvre avec gratitude la recension que John Tyrell consacre à mon dernier ouvrage.
Lecture attentive, précise, exigeante — comme toujours.



Je la partage ici pour ceux qui souhaiteraient en prendre connaissance :

Reflections on A Journey to St Helena: Journey's End: - Le dernier Napoléon : "This last Napoleon is multifaceted. He is the one we like to imagine". When I first heard of the title I thought...

Stamford Raffles à Longwood, mai 1816

 

Portrait par George Francis Joseph, 1817.
National Portrait Gallery, Londres.

Sir Thomas Stamford Bingley Raffles (1781-1826)

En mai 1816, un navire venu de Batavia jeta l’ancre au large de Sainte-Hélène. Parmi ses passagers se trouvait Stamford Raffles, administrateur britannique au service de la Compagnie des Indes orientales, déjà marqué par l’expérience coloniale et promis à d’autres entreprises lointaines. Il regagnait l’Angleterre. L’île ne devait être qu’une escale. Elle devint une rencontre.

Le 19 mai, Raffles obtint l’autorisation de se rendre à Longwood.

Il faut imaginer ce moment : la route qui monte, les brumes, l’herbe battue par le vent, et cette maison posée comme une halte au bout du monde. Depuis des mois, des années, Sainte-Hélène voyait défiler des silhouettes venues de l’Inde ou du Cap, toutes animées du même désir : voir Napoléon. Souvent, l’espoir s’éteignait aux portes de Longwood. On raconte qu’une comtesse, arrivée avec une flotte d’Inde, quitta l’île sans avoir obtenu audience. L’Empereur avait refusé l’invitation que lui adressait le gouverneur.

Raffles, lui, fut reçu.

William Warden, chirurgien du Northumberland, évoque la scène. La curiosité de Raffles était ardente, presque impatiente. Malgré la fatigue et les indispositions que l’on prêtait à Napoléon, une heure fut fixée. L’entretien eut lieu. Le visiteur se déclara honoré de l’accueil.

Et pourtant, ce qu’il emporta ne fut pas admiration, mais trouble.

Dans ses notes, Raffles décrit un homme d’une intelligence redoutable, tendu vers la domination, entièrement voué à lui-même. Il y voit moins le héros déchu qu’une volonté capturée, intacte dans son énergie mais privée d’horizon. « Tout esprit et point de cœur », écrit-il en substance. Une force contenue, comme un animal pris au piège, non apprivoisé.

Un autre témoignage rapporte une scène brève et presque sèche. Napoléon, se retournant vivement, ôtant son chapeau pour le placer sous son bras. Les questions posées avec rapidité : nom, pays, années en Inde, campagne de Java. À peine une réponse esquissée qu’une autre interrogation suivait. Puis un léger signe de tête. L’audience était close. L’Empereur reprenait sa marche. Les visiteurs s’éloignaient.

Il reste de cette rencontre quelque chose d’inachevé.

Deux empires s’y frôlent sans se comprendre : l’un continental, désormais réduit à une île ; l’autre maritime, en pleine expansion vers l’Orient. L’Empereur déchu et le futur fondateur de Singapour se croisent dans le vent de Longwood, à l’heure où le soleil décline sur les bruyères.

Sainte-Hélène, une fois encore, n’est ni centre ni périphérie.
Elle est ce lieu suspendu où les destinées passent, se toisent, et s’éloignent.

Au crépuscule, il ne reste que la lumière basse sur les collines et le souvenir d’un dialogue trop bref pour être décisif, trop chargé d’histoire pour être insignifiant.

dimanche 15 février 2026

✈️ L’aéroport de Sainte-Hélène retrouve la catégorie 6 – Reprise des vols le 17 février





✈️ L’aéroport de Sainte-Hélène retrouve la catégorie 6 – Reprise des vols le 17 février

Le St Helena Government (SHG) a annoncé aujourd’hui, 15 février 2026, que l’St Helena Airport a retrouvé son accréditation Catégorie 6 pour ses capacités de lutte contre l’incendie aéronautique.

Cette décision permet la reprise complète des opérations commerciales.

La restauration de cette accréditation est le fruit d’un travail intensif mené par les mécaniciens de l’aéroport, appuyés par des ingénieurs spécialisés, ainsi que par les équipes locales de secours incendie. Les tests complets réalisés sur le véhicule R1, soutenu par R3 et le service hélénien des pompiers, ont été validés par le régulateur indépendant Airport Safety Support International (ASSI).

Les réparations du véhicule R2 se poursuivent mais n’affectent plus la certification.


🛫 Reprise des vols Airlink

La compagnie Airlink prévoit la reprise des vols dès mardi 17 février, sous réserve de conditions météorologiques favorables.

⚠️ Important :

  • Aucun billet ne sera vendu pour le vol du 17 février ni pour celui du samedi 21 février.

  • Les passagers déjà munis de billets pour ces dates voyageront normalement.

  • Les sièges restants seront attribués aux passagers en attente de rapatriement, selon la durée de leur retard.

  • Il est demandé de ne pas contacter Airlink ni l’aéroport : Solomons Travel prendra directement contact avec les personnes concernées.

Les réservations rouvriront ultérieurement pour les vols à partir du 24 février.


Perspective

Après plusieurs jours d’incertitude, cette annonce marque un retour à la normale attendu par de nombreux résidents et voyageurs.

Le Gouvernement souligne que des solutions de remplacement à plus long terme sont également étudiées, avec le soutien du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO), afin de renforcer la résilience future de l’aéroport.


Nous remercions tous ceux qui ont fait preuve de patience et de sang-froid durant cette période.

 

 

 

Note personnelle

Coincé au Cap ces derniers jours, à quelques heures seulement de l’île et pourtant à distance forcée, j’aurai une fois encore mesuré ce que signifie dépendre d’une unique ligne aérienne.

Ironie discrète du calendrier : trente ans après cette chaîne humaine organisée à Prosperous Bay pour réclamer la construction d’un aéroport, me voilà à attendre sa réouverture. L’histoire ne se répète pas, mais elle aime les clins d’œil.

Cette fois-ci, cependant, l’issue aura été rapide. Les équipes locales ont travaillé sans relâche, et l’île retrouve son lien aérien.

À Sainte-Hélène, l’isolement n’est jamais loin. Mais la résilience non plus.

 

 

 

St Helena Airport is pleased to announce that full air operations can now resume. The first scheduled flights will commence on 17 February

SHG is pleased to announce that today, 15 February, St Helena Airport has regained Category 6 accreditation for its firefighting capabilities and full operations can resume. This is down to the incredible hard work and long hours put in by the mechanics at the airport, supported by specialist engineers from Marc?.

Full commissioning tests have been undertaken with tender R1, which will be supported by R3 and St Helena Fire and Rescue Service. The results have been accepted by the independent regulator, ASSI.

Repairs to R2 will continue, but do not affect accreditation. We continue to look at longer term replacement options, with the support of FCDO, to ensure better resilience.

The first Airlink flight will be on Tuesday, 17 February, subject to favourable weather.

Tickets will NOT be sold for this flight, or for Saturday, 21 February. Those with pre-booked tickets specifically for these flights should travel as normal. The remaining seats will be used for repatriation and allocated based on length of delay. Please do not contact Airlink or the Airport, Solomons will contact you with an update.

Bookings will reopen for Tuesday, 24 February and beyond in due course.

We would like to thank everyone for their patience, support and resilience through this challenging period.

 

#StHelena #AirAccess

 

www.facebook.com/StHelenaGovt/

 

SHG
15 February 2026

 

 


samedi 14 février 2026

1997 – Une chaîne humaine à Prosperous Bay

Cette photographie date de 1997.



 À l’occasion de la venue sur l’île d’une équipe de tournage de TF1, sous la direction de Dorothée Poivre d'Arvor, nous avions organisé, avec le soutien de la Compagnie Solomon et de son directeur général de l’époque, Rodney Buckley, une chaîne humaine sur le site de Prosperous Bay.

Le geste était simple : aligner des habitants face au vent, face à l’horizon, face à cette mer qui nous reliait au monde autant qu’elle nous en séparait. Il s’agissait d’adresser un message clair au gouvernement britannique : Sainte-Hélène avait besoin d’un aéroport.

À l’époque, cela paraissait presque irréel. L’île vivait encore au rythme exclusif du navire. L’isolement faisait partie de notre condition, mais nous savions déjà qu’il deviendrait un frein.

Trente ans ont passé.

L’aéroport a été construit. Il a ouvert. Il a changé notre rapport au monde. Et pourtant, me voilà aujourd’hui coincé au Cap en attendant sa réouverture temporairement suspendue. L’histoire, parfois, aime les cercles.

En regardant cette image, je ne vois pas seulement une revendication. Je vois une communauté debout, soudée, déterminée. Des visages jeunes, d’autres plus âgés. Une île consciente de sa fragilité mais décidée à ne pas se résigner.

C’était exactement il y a trente ans.

Et l’isolement, décidément, reste un maître exigeant.

The St. Helena Waltz (Londres, 1815)

 The St. Helena Waltz (Londres, 1815)



Cette partition publiée à Londres en 1815 porte un titre singulier : The St. Helena Waltz. Elle est dédiée « to Miss Balcombe » — Betsy Balcombe — jeune fille de quatorze ans dont le destin devait, quelques mois plus tard, se lier intimement à celui de Napoléon.

Avant son installation définitive à Longwood, l’Empereur séjourna en effet au Pavillon des Briars, propriété de la famille Balcombe. C’est là, dans cette maison aujourd’hui intégrée aux Domaines nationaux français à Sainte-Hélène, que naquit cette relation singulière entre le souverain déchu et la jeune Betsy. Leur complicité, souvent évoquée dans les mémoires, contribua à humaniser les premières semaines d’exil.




Que cette valse londonienne de 1815 lui soit dédiée n’est pas anodin. Sainte-Hélène était déjà, dans l’imaginaire européen, devenue un lieu symbolique. La musique s’en empare à son tour. Avant même que l’exil ne soit pleinement raconté, il était déjà chanté, joué, dansé.

Le célèbre chef d’orchestre et musicien Peter Hicks nous a offert un enregistrement au piano de cette partition. Par ce geste, la musique imprimée retrouve son souffle et quitte la page pour revenir à la vie. cliquez ici pour l'écouter.

Ainsi se répondent aujourd’hui les supports : la partition conservée, le lieu — les Briars — toujours debout, et l’interprétation contemporaine qui prolonge la mémoire.


À Sainte-Hélène, même une valse porte l’empreinte de l’exil.

Deux vitrines pour une même mémoire

 Depuis plusieurs années, ce blog constitue le fil continu des actualités des Domaines nationaux français à Sainte-Hélène : recherches historiques, conservation, archives, événements et réflexions autour de l’exil napoléonien. Il demeure l’espace du temps long, de l’explication et de la mise en perspective.



Nous avons récemment décidé d’ouvrir, en complément, une page Instagram dédiée principalement aux images et aux vidéos courtes. L’objectif n’est pas de multiplier les supports, ni de disperser la parole, mais au contraire de mieux la structurer :
Instagram pour le regard immédiat, le mouvement, la lumière des lieux ;
le blog pour l’analyse, la mémoire, le contexte et la durée.



Ces deux vitrines formeront désormais notre présence numérique cohérente et maîtrisée. Elles constitueront également un vivier de contenus mobilisables par nos partenaires institutionnels — Ambassade de France, Consulat général, Fondation Napoléon, autorités héléniennes et acteurs du tourisme.

Le site institutionnel officiel demeure, quant à lui, la référence administrative.

Cette organisation répond à une nécessité simple : concentrer l’énergie là où elle est la plus utile. Les Domaines nationaux à Sainte-Hélène ne disposent ni d’un service de communication dédié ni d’une équipe numérique. Leur voix reste celle d’une administration patrimoniale éloignée, assumée avec constance, mais portée par des moyens limités.

Il ne s’agit donc pas d’une expansion, mais d’un ajustement.
Deux supports, clairement identifiés, pour éviter la dispersion et préserver l’essentiel : les lieux, leur mémoire et le temps long.

Décollage depuis St Helena Airport

On me demande comment se déroule les décollages depuis Sainte-Hélène. 


Voici une petite vidéo que j'ai prise l'année dernière depuis la fameuse forêt de gommiers chère à Las Cases et que je viens de poster sur mon compte Instagram; - lien direct, cliquez ici.  

mercredi 11 février 2026

Aéroport de Sainte-Hélène : point complet du Gouvernement (9 février 2026)


 

✈️ Aéroport de Sainte-Hélène : point complet du Gouvernement (9 février 2026)

Le St Helena Government (SHG) reconnaît l’ampleur des perturbations causées par la suspension actuelle des vols commerciaux vers Sainte-Hélène.

Afin d’apporter des réponses aux nombreuses interrogations de la population, un document officiel de type Questions & Réponses a été publié et sera régulièrement mis à jour :
👉 https://www.sainthelena.gov.sh/documents/airport-closure-qa/


Situation actuelle et mesures de sécurité

À la suite d’un travail intensif mené par les équipes de l’aéroport et le service hélénien des pompiers et secours, l’autorité de régulation a autorisé l’exploitation de l’aéroport en catégorie 4.

Cela permet :

  • Les vols d’évacuation médicale (Medevac)

  • L’atterrissage de petits jets exécutifs

  • L’acheminement de pièces détachées spécialisées

  • L’arrivée d’experts techniques

  • Les évacuations médicales urgentes vers l’étranger

Un vol Medevac est d’ailleurs prévu prochainement, démontrant que les services médicaux essentiels demeurent pleinement opérationnels.

⚠️ Il est important de souligner que la catégorie 4 ne permet pas la reprise des vols commerciaux réguliers.

La compagnie Airlink a suspendu les nouvelles réservations vers Sainte-Hélène. Toutefois, cela ne signifie pas une fermeture prolongée automatique : les annulations sont décidées vol par vol.

Au 10 février 2026, seuls les vols des 7, 10, 14 et 15 février ont été annulés.

Le retour à la catégorie 6, indispensable aux opérations commerciales d’Airlink, demeure la priorité absolue.


Le plan de rétablissement

Plusieurs solutions sont poursuivies en parallèle :

🔧 Réparations immédiates

Des pièces spécialisées sont actuellement acheminées depuis l’Allemagne.
Leur installation, remontage et phase de test nécessiteront plusieurs jours.
Le succès de l’opération ne pourra être confirmé qu’après validation complète des essais.

🚒 Remplacement du matériel incendie

Avec un possible soutien du gouvernement britannique, deux nouveaux véhicules incendie spécialisés sont recherchés.
Ces équipements étant fabriqués sur commande, toutes les solutions temporaires et permanentes sont étudiées.

Les échanges avec le régulateur se poursuivent afin de permettre un retour sécurisé à la catégorie 6 dans les meilleurs délais.


Résidents bloqués à l’étranger

Les résidents actuellement en Afrique du Sud sont progressivement relocalisés du Cap vers Johannesburg pour faciliter leur rapatriement dès la reprise des vols.

Le Gouvernement recommande aux personnes concernées de vérifier la validité de leur assurance voyage et, si nécessaire, d’en prolonger la couverture via Solomons Travel.


Coordination et gestion de crise

Le Gold Command se réunit quotidiennement.
Le plan de réponse aux incidents majeurs est activé et fonctionne selon les procédures établies.


Appel au calme et au respect

Le Gouvernement s’est engagé à mener un examen transparent de ces événements lorsque la situation opérationnelle le permettra.

Il rappelle également que :

  • Les critiques constructives sont légitimes.

  • Les propos discriminatoires ou racistes ne sont pas tolérés.

  • Les abus envers le personnel de l’aéroport ou du SHG sont inacceptables.

Les équipes travaillent sans relâche et méritent un environnement sûr et respectueux.


Contacts utiles

Solomons Travel Agency
📞 22523
✉️ flights@solomons.co.sh

Immigration :
✉️ cienquiries@sainthelena.gov.sh

Santé / pharmacie :
📞 Jamestown Hospital – 22500 (heures ouvrables)


La situation ne se résoudra pas du jour au lendemain, mais les efforts se poursuivent pour rétablir une exploitation normale de l’aéroport aussi rapidement et sûrement que possible.

mardi 10 février 2026

Le cottage de l'esclave Toby - Journal d'une restauration #12

En 2025, alors que l’on célébrait le bicentenaire du Mémorial de Sainte-Hélène, j’ai été invité à l’Institut, en France, à revenir sur une figure souvent reléguée à la marge du récit : Toby. À cette occasion, et non sans un léger sourire, il fut francisé en Tobbie, comme pour mieux l’inscrire, le temps d’une conférence, dans notre langue et notre mémoire.

À travers lui, il s’agissait moins de retracer une biographie que d’interroger un lien : celui, discret mais profondément humain, qui se tisse entre les lieux de l’exil, ceux qui les habitent, et ceux qui, deux siècles plus tard, continuent d’en porter la mémoire.

Cette présentation, donnée à Paris mais nourrie par Sainte-Hélène, peut aujourd’hui être écoutée dans son intégralité sur YouTube.



Napoleonica® la chaîne, de la Fondation Napoléon 

 https://youtu.be/H6eOO9GSuaU?si=hJOOhFhtjVMo0Us-


Les Héléniens dans l’héritage métis du Cap

Coincé au Cap, une fois encore, en attendant la réouverture de l’aéroport, je me retrouve en Afrique du Sud face à ce que Sainte-Hélène a toujours su m’enseigner : l’isolement n’est jamais seulement une contrainte logistique, il est aussi une invitation à la mémoire.

1634, Guerard.  from Carte universelle hydrographique Bibliotheque Nationale de France

 

L’île de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, fut occupée par la Compagnie anglaise des Indes orientales à partir de 1659, avant de devenir officiellement colonie britannique en 1836. 

Dès la seconde décennie du XVIIIᵉ siècle, la population de Sainte-Hélène comptait 542 Blancs et 411 esclaves, principalement originaires d’Afrique et des Indes orientales. Dans les années 1820, on dénombrait 821 colons blancs, une garnison militaire de 820 hommes, environ 1 500 esclaves, plus de 600 travailleurs chinois sous contrat et quelque 500 Noirs libres.

Lithographie « Sandy Bay Valley in the island of St.Helena » de Henry Salt – 1809 


Après l’abolition de l’esclavage, nombre d’anciens esclaves restèrent sur l’île et s’unirent aux colons blancs ainsi qu’aux autres communautés qui formaient la société hélénienne. À cette époque, Sainte-Hélène était administrée comme une colonie de la Couronne britannique depuis le Cap, ce qui explique les liens étroits, durables et humains entre l’île et l’Afrique du Sud.

Dans la période qui suivit immédiatement l’abolition de la traite, jusque dans les années 1850, la Royal Navy captura de nombreux navires négriers en haute mer. Le Cap et Sainte-Hélène furent les deux principaux ports où débarquaient les esclaves ainsi « libérés ». Ces captifs, appelés Prize Negroes, étaient contraints à un engagement de quatorze années comme ouvriers au Cap avant de pouvoir accéder à la liberté. Ils furent connus sous le nom de Cape Prize Boys.

On estime à environ 8 000 le nombre de ces Prize Negroes débarqués au Cap, les derniers arrivant en 1856. Pour ces esclaves sous contrat, la servitude ne prit réellement fin qu’en 1870. Plus largement, on estime qu’environ 63 000 esclaves furent amenés au Cap entre 1653 et 1807. L’ajout des 8 000 Prize Negroes africains porte la proportion d’esclaves africains et malgaches à 57,2 % de l’ensemble des esclaves arrivés au Cap (24 % venant d’Inde et 18,7 % des îles indonésiennes). À cela s’ajoutèrent, très probablement, de nombreux apports illégaux.

Esclaves de confession musulmane sur le pont d'un bâtiment
 après leur libération (Collection Melliss)


À Sainte-Hélène, des Prize Slaves devinrent également des travailleurs sous contrat sur l’île, ou reçurent la possibilité de rejoindre les Antilles comme hommes libres — option de loin la plus attractive.

De nombreux insulaires de Sainte-Hélène gagnèrent aussi le Cap en tant que travailleurs engagés. Ces quelque 2 000 "Saints", comme on appelait déjà les habitants de l’île, étaient issus d’un métissage complexe mêlant Britanniques, Chinois, esclaves africains, esclaves orientaux et Noirs libres. Au Cap, ils s’intégrèrent largement à la communauté dite Coloured. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles du Cap conservent des liens vivants avec Sainte-Hélène.

Les Saints, les Manillas, les Kroomen, les Mosbiekers, les Prize Boys, ainsi que les créoles chinois Peranakan (huan-na), constituent autant de strates méconnues de la mosaïque identitaire Coloured. Elles viennent compléter l’héritage khoï, san, xhosa, européen et afro-indo-esclave qui façonne l’histoire humaine du Cap.

dimanche 8 février 2026

Fermeture de l'aéroport de Sainte-Hélène suite à un incident majeur #2

 




Sainte-Hélène : l’aéroport obtient la certification Catégorie 4

L’St Helena Airport a annoncé avoir obtenu l’agrément réglementaire de Airport Safety Support International (ASSI) lui permettant désormais d’opérer en catégorie 4.

Cette certification autorise l’utilisation de l’aéroport par des aéronefs légers, notamment pour des évacuations médicales, offrant ainsi une garantie supplémentaire à la population en cas d’urgence sanitaire. Elle ouvre également une voie aérienne alternative pour l’acheminement de pièces détachées essentielles et de personnels techniques spécialisés, jusqu’ici fortement dépendants du transport maritime.

Pour rappel, la catégorie de sauvetage et de lutte contre l’incendie aéronautique détermine les types d’appareils qu’un aéroport peut accueillir en toute sécurité, en fonction de ses moyens opérationnels. L’accession à la catégorie 4 a été rendue possible grâce au soutien du service hélénien des pompiers et du secours et à un programme de formation complémentaire dispensé au personnel aéroportuaire.

⚠️ Important : cette évolution ne permet pas la reprise des vols commerciaux réguliers d’Airlink, lesquels nécessitent une catégorie 6.


🛫 Situation opérationnelle et informations pratiques

Le Gold Command continue de se réunir quotidiennement et travaille activement, en lien avec les agences locales et les partenaires internationaux, au retour progressif à une exploitation normale de l’aéroport (catégorie 6), dans les meilleures conditions de sécurité.


Fermeture de l'aéroport de Sainte-Hélène suite à un incident majeur #1



 L’aéroport de Sainte‑Hélène est actuellement partiellement fermé aux vols commerciaux en raison d’un problème de sécurité lié aux véhicules de lutte contre l’incendie, ce qui a conduit à l’annulation de tous les vols Airlink au moins jusqu’au 20 février 2026.

Nature du problème

  • Les autorités ont constaté un manque de fiabilité des véhicules de secours incendie (« fire tenders »), essentiels pour la sécurité des opérations aériennes.

  • Le régulateur aérien doit donc rétrograder l’aéroport en‑dessous de la catégorie 6, le niveau requis pour les vols réguliers d’Airlink.

Conséquences sur les vols

  • Airlink a suspendu tous ses vols vers et depuis Sainte‑Hélène « avec effet immédiat », en parlant de « difficultés opérationnelles » à l’aéroport.

  • Le gouvernement de Sainte‑Hélène indique que ces annulations devraient concerner tous les vols au moins jusqu’au 20 février 2026, avec une réévaluation ensuite.

Situation locale et gestion de crise

  • Le « St Helena Resilience Forum » a déclaré un « Major Incident » (incident majeur), ce qui donne la conduite des opérations au Chief Secretary avec une cellule de crise dédiée.

  • Les autorités étudient si les évacuations médicales (medevacs) pourront continuer et affirment que aucun avion ne volera tant que les normes de sécurité ne seront pas pleinement respectées.

Si vous avez un vol réservé

  • Les passagers sont invités à contacter Solomons (l’agent local) ou Airlink pour les modifications de réservation et l’assistance.

  • Airlink redirige les clients vers son service de réservation téléphonique ou leurs agences de voyage habituelles.

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    The St Helena Government regrets to inform the public that St Helena Airport is currently unable to operate as normal. Following technical assessments, the aviation regulator is expected to confirm that the airport must be downgraded from Category 6. This decision is based on fixed international safety requirements and a lack of confidence in the operational readiness of the fire tenders, meaning the airport cannot safely support standard flight operations at this time.

    A downgrading from Category 6 means Airlink will not operate. As such Airlink flights will be cancelled until the issue can be resolved. We believe at this stage that this will affect all flights until at least 20 February. We will keep future flights under review until we can give certainty around the resumption of business as usual. We are working to confirm whether medical evacuation flights will be affected.

    We recognise that this will affect many people, including those with upcoming travel plans, those expecting visitors and individuals with urgent medical needs that require travel off-Island. We know this will cause concern and we are deeply aware of the disruption this situation creates for families, businesses and the wider community.

    We are working urgently with all stakeholders to understand the full impact. This includes close cooperation with Airlink, Solomons and other partners so that we can address questions, provide clarity where possible and ensure that advice and updates are consistent and timely.

    Our priority is to restore normal operations as quickly and safely as possible. We are assessing all available options. No aircraft will operate until we are fully confident that the airport meets the safety standards required to keep passengers, crew and staff safe.

    In response to this situation, a Major Incident has been declared. This means that the Chief Secretary has assumed control as Gold Commander and is directing the response to this incident through a Gold Command group comprising key stakeholders. The Chief Secretary will keep Executive Council informed and ensure public messaging is updated. Operational contact points will be shared as soon as possible.

    As we receive further information we will share it with the public and will continue to work with partners to explore all possible solutions for those affected.

    We thank everyone for their patience and understanding while we work to resolve this situation.

    For those with flight bookings, please contact Solomons or Airlink:

    Solomons phone: 22523

    Solomons email: flights@solomons.co.sh